Bien que notre séjour au Zimbabwe s’annonce court, que son nom puisse effrayer, notre exploration promet d’être riche avec quelques uns des sites les plus emblématiques d’Afrique à commencer par les mythiques chutes Victoria.
Jeudi 22 août : La fumée qui gronde des Victoria Falls
Ce matin nous avons rendez-vous avec un mythe : les chutes Victoria, légendaire source du Zambèze découverte en 1855 par l’explorateur anglais Livingstone qui disparu en même temps que sa trouvaille avant que le reporter américain Stanley ne le retrouve en s’adressant à lui de la célèbre formule : ‘‘Docteur, Livingston, je présume ?’’.

En réalité, les chutes sont déjà connues des populations locales qui les surnomment : Mosi-oa-tunya soit ‘‘la fumée qui gronde’’. Après avoir pénétrés dans le parc naturel qui les protège nous partons à leur rencontre pour voir de nos yeux si les 2e plus grandes chutes d’eau du monde méritent leur réputation.

La promenade s’organise avec 17 points de vue le long d’un rideau d’eau qui s’étend sur plus de 1700 m puisque les chutes tombe du plateau sur une ligne de faille située une centaine de mètres en contrebas dégageant des nuages de gouttelettes d’eau dans un vrombissement assourdissant.

En cette saison sèche, des portions des chutes sont asséchées par le plus faible débit du fleuve qui les approvisionne ce qui réduit la puissance qui se dégage des chutes Victoria.
Nous commençons notre parcours par la chute du diable, un peu moins haute que le reste de la chute mais avec un débit bien plus fort.
En chemin vers les autres belvédères nous croisons une riche faune au milieu de la forêt tropicale humide créé ex-nihilo dans une région sèche par les quantités d’eau rejetées en permanence par les chutes Victoria.
Callaos et singes frugivores nous entourent pour une chasse aux fruits juteux dans les sous-bois. Notre présence ne passe pas toujours inaperçu, excitant les plus jeunes babouins.
Nous captons aussi de superbes moments de tendresse familiale pour nous offrir une des plus belles photos du voyage :
Avec un arrière plan de cinéma.
Tandis que nous progressons dans la forêt en explorateurs en nous frayant un chemin parmi la luxuriante végétation les phacochères nous encerclent avant de nous conduire jusqu’au troisième point de vue au plus près de la ligne de faille.
Pumba en profite pour prendre la pause, avec une coupe de rockeur !
Les chutes Victoria commence à dévoiler leurs dimensions hors-normes dans leur partie principale.
Et en s’approchant c’est une parcelle de leur puissance, réduite en cette saison, qui se laisse appréhender.
Les volumes d’eau qui s’écoulent à chaque seconde sont impressionnants et créent des remous tumultueux avant de se déverser en contrebas.
De l’autre côté, c’est la Zambie car ces cataractes servent de frontière entre le Zimbabwe et cette autre ancienne colonie anglaise.

Nous poursuivons notre progression en longeant toujours les chutes qui sont quasiment asséchée sur cette portion.
Nous atteignons bientôt la troisième partie surnommée le fer à cheval du fait de la forme de la gorge creusée par le Zambèze.
Il nous offre des points de vues vertigineux sur les chutes et de belles prises de vues.
En regardant dans le rétroviseur, nous avons la ligne de faille dans toute sa longueur ce qui montre sa taille démesurée.
Sur le retour nous prolongeons notre plaisir à regarder s’écouler ses eaux tantôt en trombe d’eau tantôt en une pluie de gouttelettes.
Les chutes Victoria montrent ainsi un visage de puissance sans limite qui alterne avec la grâce des éclaboussures.
A l’arrivée une bande de petits singes vervet nous accueille par une démonstration de galipettes et de pitrerie avant d’aller se rafraichir en ouvrant le robinet extérieur des sanitaires !
Pour le reste de la journée, nous parcourons la ville qui offre d’innombrables échoppes touristiques et atelier d’artisans. Les plus intéressants étant les sculpteurs sur bois, de quoi nous donner l’occasion de s’essayer à la négociation. En soirée nous rentrons à l’auberge pour nous reposer de la chaleur écrasante et nous préparer à la suite du voyage.
Vendredi 23 août : Chez le roi lion au parc national de Hwange
Sous un ciel bleu sans nuage nous entamons notre traversée du Zimbabwe en quittant Victoria Falls vers l’intérieur des terres. Nous y découvrons un pays extrêmement pauvre mais à la nature riche.
Nous prenons nos quartiers dans le parc national de Hwange, l’une des réserves animalières les plus réputées du pays. Après le déjeuner, un ranger, nous emmène dans une grosse jeep explorer l’environnement du parc.
Un paysage de savane aux hautes herbes défile sous nos yeux. Il semble cacher efficacement la faune du parc puisque dans la première demi-heure hormis les callaos qui colonisent les arbres secs, aucun animal ne passe à porter de notre objectif.
Nous finissons par débusquer des impalas, un cobe et un magnifique aigle martial.
Un peu plus loin nous tombons sur un gigantesque troupeau d’éléphants de plusieurs centaines d’individus.
Nous nous arrêtons à bonne distance pour l’observer quand soudain un serpentaire sort des fourrés pour patrouiller à quelques mètres de nous. Quel magnifique oiseau.
En poursuivant notre route nous arrivons à un plan d’eau grouillant de vie. Tandis que les crocodiles montent la garde en bordure de l’étang, un clan de babouin a pris position à l’ombre bienveillante des arbres.
Surtout des troupeaux d’herbivores s’avancent successivement vers cette source si précieuse : zèbres, gnous, koudou, girafes sont au rendez-vous.
Soudain, un rugissement surgis, provoquant la course effrénée d’une antilope grand koudou prise de panique bien que les lions eux soient difficile à percevoir, camoufler au loin à l’orée de la végétation contribuant à accroître l’affolement.
L’évènement à le mérite de laisser la place aux girafes qui ont besoin d’espace et de temps pour s’abreuver même si les multiples précautions prises par la géante montre qu’elle n’est pas tout à fait sereine. En effet, penchée vers l’avant, elle est particulièrement vulnérable à l’attaque d’un gros prédateur.
Malgré cela, le seul qui se manifeste dans les environs est un gigantesque crocodile. Et donc avec le temps les zèbres reviennent à pas feutrés. Enfin pas tous, puisque un énergumène est pris d’une irrésistible envie de se rouler par terre sans doute démanger par un parasite. La scène est aussi comique que frénétique.
Après trois quart d’heure d’observation auprès de ce point d’eau, nous reprenons la piste pour tenter d’apercevoir de près un lion. Sans succès, puisque malgré un magnifique rollier, une cheminée de termitière géante, seuls des éléphants imposent leur massive présence.
Une nouvelle fois c’est la présence de l’eau qui a attiré cette troupe. En se désaltérant, elle trouble la tranquillité d’un autre groupe de pachyderme : puisque une famille d’hippopotames émerge lentement de la mare dans laquelle il se baignait paisiblement pour laisser la place à un étrange face à face.
De retour au premier point d’eau pour un ultime arrêt nous donne à voir la chute du soleil dans une ambiance rougeoyante tandis que beaucoup d’animaux se sont mis à l’abri. En effet, le crépuscule marque le début de nombreuses parties de chasse pour les prédateurs beaucoup plus actifs dans l’obscurité.
Ainsi après avoir captés les derniers instants de lumière sur les arbres qui trouent la savane nous rebroussons chemin dans une atmosphère chaleureuse envoutante. Bienvenue au ‘‘pays du roi lion’’.
Nous sommes arrêtés une première fois lorsque la caisse des rafraichissements chute de l’arrière de la jeep avant qu’un troupeau d’éléphant vienne nous barrer la route une seconde fois retardant notre retour au camp.
Finalement après toutes ses péripéties, nous n’arrivons qu’à la nuit tombée derrière les barrières protectrice du bivouac, ayant enfreint la première règle de prudence qui est de ne pas se trouver au milieu des animaux sauvages dans l’obscurité !
Qu’importe nous sommes parés pour une nouvelle veillée à la lueur du feu de camp.

Samedi 24 août : Le royaume du rhinocéros dans l’enceinte du Matopo
La nuit fut très fraiche malgré la chaleur de la journée nous rappelant que dans l’hémisphère sud, l’Afrique vit sa saison hivernale. Réchauffés par un copieux petit déjeuner à base de céréales et de yaourt agrémenté de thé et de fruit comme chaque matin, nous repartons sur les routes du Zimbabwe pour découvrir un autre de ses trésors naturels.
Sur notre parcours, nous traversons Bulawayo, la deuxième agglomération du pays qui subit les scansions de la vie chaotique du pays depuis le durcissement du régime de Mugabe au tournant des années 2000. Ainsi la riche minorité blanche issue de la colonisation a été dépossédée de ses riches fermes entraînant la ruine de l’agriculture d’un des greniers africain. Ainsi, l’agrobusiness autrefois fleuron du pays ne parvient plus aujourd’hui à nourrir sa propre population, sapant les bases de l’économie et faisant s’écrouler le début de l’industrialisation. C’est donc une cité partiellement développée mais dont les bâtiments accusent le poids de leur âge et la faiblesse des infrastructures qui caractérise la ville. La ville pourtant grouille de population à la recherche d’un petit job puisque aujourd’hui 90% des zimbabwéen sont au chômage. Aucune famille en dehors du cercle restreint des plus hauts cadres du pouvoir ne parvient ainsi à survenir à ses besoins sans l’apport de migrants partis tentés leur chance à l’étranger notamment en Afrique du Sud.

Quand à la minorité blanche qui n’a pas encore fuit l’ancienne Rhodésie du sud, elle est massivement présente dans le secteur touristique comme tenancier d’hôtel ou rangers de parcs nationaux. Justement nous arrivons à notre campement situé tout près du Matopo National parc.
Après un peu de repos, un ranger blanc, vient nous récupérer en 4*4 pour parcourir les chemins antiques du Matopos. Nous sommes en effet dans une réserve protégée réputée pour sa population de rhinocéros qui se situe non loin d’un des plus grands royaumes africains du Moyen Age : le grand Zimbabwe édifia au Moyen Age plusieurs cités de pierre protégées par des remparts en basant sa richesse sur l’extraction et le commerce de l’or avec l’Asie.
Avant de nous emmener dans le cœur du parc, un rappel sur les ravages du braconnage de rhinocéros devant les crânes d’un individu blanc et un autre noir. Pour lutter contre ce fléau, les bêtes du parc sont décornées régulièrement (la corne constituée de kératine repousse de 1 cm par mois) et des gardes armés patrouillent 24h sur 24. Le ranger nous confie ainsi que chaque mois plusieurs braconniers sont abattus. L’extrême pauvreté du pays fait apparaître les rhinocéros comme une poule aux œufs d’or.
Peu de temps après notre incursion dans le parc au paysage si particulier de colline de roches nous tombons sur trois magnifiques individus.
Le guide sert le frein à main et nous invite à le suivre en silence pour s’approcher des mastodontes. Intense moment d’émotion lorsque nous ne sommes plus qu’à quelques mètres des rhinocéros qui bien qu’ayant une très mauvaise vue nous ont repérer à l’odeur.
Ceux-ci nous reniflent, nous regardent, hésitent puis s’éloignent de quelques mètres pour continuer leur sieste à l’abri des regards.


Nous remontons donc en selle pour continuer notre découverte de l’univers rocheux du Matopo.
Les formations de pierre aux formes incongrues se succèdent en révélant en se mélangeant avec la végétation des créations originales.
Nous voyons ainsi des arbres pousser entre les interstices des roches sur des parois verticales ! la nature est prodigieuse.
Bientôt notre guide croit débusquer un autre coin à rhino et nous entraîne vers une deuxième randonnée au milieu des herbes hautes qui rend l’affaire un petit peu angoissante. Et si l’un d’entre eux se mettait à nous charger, ou un fauve sortait brusquement pour nous sauter dessus ? Les idées viennent vite dans le monde sauvage.
Au lieu de cela le coucher du soleil nous offre une merveilleuse lumière lors de notre escapade où nous auront traqués en tout et pour tout un babouin et un jabiru.

Dimanche 25 août : Sur la route jusqu’à Stevensford Game Reserve
Aujourd’hui, une longue journée de transport sur les routes africaines nous attend puisque nous allons dire au revoir au Zimbabwe pour rejoindre le Botswana. En milieu de matinée nous atteignons le poste frontière qui nous oblige à sortir tous nos bagages pour passer les contrôles à pied tout en devant nettoyer une toutes nos paires de chaussures.

On ne plaisante avec l’importation de germes au Botswana même si les douaniers font peu de zèle pour réellement nous contrôler. Le camion semble lui avoir plus de difficultés à passer les contrôles ce qui nous fait patienter devant un ensemble de cabanes occupés par un improbable attelage comique : un âne et un chat.
Nous traversons tout l’après-midi le sud-ouest du pays pour atterrir à la Stevensford Game reserve malheureusement l’heure tardive ne nous permettra pas de profiter de la faune entraperçue pour se rendre à nos emplacements : girafe et grand koudou.
Pour conclure notre dernière nuit ensemble, un diner à la belle étoile sur une table de gala nous est servi avec paté d’autruche, velouté et viande d’impala au menu !
Notre odyssée africaine va s’achever le lendemain et donc aussi dans quelques jours notre périple en Afrique australe mais quelques sensations fortes nous attendent encore !
J’aime le rollier, le calao et le serpentaire ! Que de magnifiques oiseaux vous avez vu…
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