Episode 16 : Au Botswana, les éléphants sont rois !

Plongés au cœur du Botswana nous allons poursuivre notre exploration en découvrant différentes facettes de son environnement mais toujours en compagnie d’une faune incroyablement riche à commencer par les éléphants. Si le Botswana est réputé pour être leur repère, au point que leur nombre commence à poser problème, ce n’est pas un mythe tant nous en avons vus : marcher, boire, barrir et même plonger !

Lundi 19 août : Au revoir l’Okavango

Image5

Ce matin nous disons au revoir à notre île perdue dans le delta de l’Okavango pour revenir à terre. Nous remontons donc les mêmes bras du fleuve qu’à l’aller en admirant une dernière fois ces berges luxuriantes.

P1680428

Toutefois avec le vent de face et un soleil matinal encore peu vigoureux, l’ambiance est moins chaleureuse que deux jours plus tôt même si nous pouvons observer l’éveil des volatils au milieu des roseaux.

Nous retrouvons ainsi : anhinga, cormorans, pygarque, rollier, guépier mais aussi de nouveaux individus comme un beau marabout !

L’arrivée du bétail nous signale notre approche de la civilisation puisqu’après 3-4 méandres de plus nous atteignons le quai de débarquement qui conclue une magnifique immersion.

Malheureusement la suite de la journée sera bien moins palpitante avec pas mal de route et une fin d’après-midi dans une ville sans grand intérêt : Maun qui sert de base à l’organisation des safaris dans les nombreux et riches parcs de la région nord du Botswana mais aussi le survol en coucou du delta. L’occasion pour ceux qui l’ont réalisé dans notre groupe de se rendre compte de la sécheresse de l’embouchure de l’Okavango par rapport aux quantités d’eaux de la saison de pluies.

Toutefois nous posons nos bagages sur les rives de la Boteti river qui offre un cadre enchanteur avec vue sur la faune grouillante du fleuve. De plus nous faisons l’économie de monter nos tentes et profitons d’un diner en restaurant rompant avec nos chaleurs et traditionnels diner au feu de camp sans parler du réseau wifi qui l’espace de quelques instants nous recontacte avec le monde extérieur. Toujours étrange après avoir été coupés pendant plusieurs jours de nos sociétés modernes.

Mardi 20 août : La parade d’Elephant Sand

Eveil en douceur malgré les 6h affichés au réveil grâce à la tranquillité des eaux de la Boteti river sur laquelle se lève le soleil. Après un en cas nous partons à la découverte d’un village tswana typique accompagné par un membre du conseil municipal.

Les pourtours du village sont occupés par des pâturages de broussailles sur un sol recouvert de sable gris avant que les premières habitations en bois et en briques apparaissent entourées de clôtures.

Au cœur du petit bourg, nous trouvons des bâtisses plus élaborées pour quelques familles aisées dont le maire mais le plus souvent se sont des bâtiments collectifs : mairie, commissariat, salle communale. Au centre du village se trouve un immense baobab au pied duquel les châtiments sont rendus (coup de bâtons) et annoncées les grandes décisions du conseil municipal. L’arbre détient une grande valeur spirituelle pour la communauté.

En outre comme chaque village du Botswana, on trouve un dispensaire financé par le gouvernement et une école. Les fonctionnaires bénéficient de logements confortables (eau, électricité) commandité par l’Etat et à louer sur les lieux de leur travail afin qu’ils s’investissent réellement dans leur communauté d’implantation. Le pays figure ainsi parmi les bons élèves de l’Afrique australe en matière de bonne gouvernance et d’accès à l’éducation et aux soins de tous malgré des moyens limités. Il profite de sa population peu nombreuse 2 millions de Tswana mais souffre aussi de la taille de son territoire et du manque d’infrastructures.

Après avoir découverts l’organisation du dispensaire qui sert de centre de prévention, de premiers soins et met à disposition une ambulance nous partons visiter une école primaire. Les enfants sont enthousiastes à l’idée de faire la classe devant nous, alphabet, chanson avant de venir nous découvrir  mus par leur curiosité et leur affection.

De retour au camp, nous profitons d’un copieux petit déjeuner  et d’un peu de temps libre pour profiter du cadre.

Sieste pour Julie et observation de la vie du fleuve pour moi tandis que des pêcheurs viennent tenter leur chance.

Après un contrôle sanitaire qui nous oblige à désinfecter toutes nos paires de chaussures, oui, oui, nous prenons la route vers le Makgadikgadi pan un immense désert de sel de 16 000 km2 (deux fois la taille de l’Eure-et-Loir).

P1680583

En fait il s’agit de plusieurs déserts de sel situé au nord-est du désert du Kalahari dont le plus grand représente un tiers de la superficie de l’ensemble. Ils se sont formés lors du retrait du lac il y a plusieurs milliers d’années après évaporation des eaux.

Aujourd’hui, il n’en reste qu’une gigantesque croute de sel qui se fractionne en éclat lorsque l’on marche dessus. Impressionnant même si les impuretés gâchent un peu la beauté du site car la  blancheur y est atténuée. Reste la ligne d’horizon à l’infini.

IMG_2281

Nous reprenons la route pour rejoindre Elephant Sand dont le nom se comprend instantanément en arrivant sur place. En effet, le camping est installé autour d’un point d’eau où les éléphants se relaient 24h sur 24 pour s’abreuver.

Nous pouvons ainsi observer à loisir ses immenses pachydermes à quelques mètres de nous.

P1680617

C’est un balai incessant qui se joue puisque au bout de quelques minutes, ceux en placent repartent tandis qu’une nouvelle harde est déjà en train de parvenir sur les lieux en traversant les campements.

Certains sont d’ailleurs tout prêts de venir nous rendre visite dans nos tentes même si des branches de mois morts sont placées pour leur indiquer la présence humaine et des petits blocs de bétons pour fermer certains emplacements stratégiques.

Cela n’a pas empêché un immense mâle de me bloquer la sortie du bloc sanitaire pendant près d’un quart d’heure.

P1680635

Après avoir montés notre tente nous retournons observer les éléphants dont nous pouvons admirer une galerie de portraits des plus jeunes aux plus âgés, des plus paisibles aux plus baroudeurs. Les tailles, les défenses cassées, les plis de la peau et les démarches révèlent ainsi le parcours de ces majestueux animaux.

P1680637

Arrivant au pas de charge, certains semblent assoiffés ! Et les barrissement s’accroissent lorsque certains trouvent le temps d’attente trop long.

Quel spectacle !

P1680744

Plus le temps passe, plus les pachydermes se font nombreux autour du point d’eau. Celui ressemble bientôt à un vert géant rempli de paille-trompe…

La nuit tombée n’interrompt pas la procession au contraire avec la foule et la pénombre la nervosité s’accroit et des bousculades ont lieu entraînant même la chute d’un plus petit. Ouf, plus de peur que de mal.

Mercredi 21 août : Un safari miraculeux à Chobe

Levés avant le soleil avec le remue ménage des éléphants, nous retournons observer ces bêtes matinales en attendant la préparation du petit déjeuner. Les pachydermes se sont relayés toute la nuit jusqu’au point d’eau dans une ronde interminable lors de leur migration d’autant plus qu’en cette saison les points d’eaux se font rares.

Nous en profitons pour leur voler la vedette en prenant la pose avec eux !

Autour de nous un magnifique callao et des choucas collectent les miettes laissés par les clients du snack. Nous faisons de même en retournant grignoter au bivouac.

Cap au nord du pays maintenant pour rejoindre la ville de Kasane qui se trouve en bordure du parc national de Chobe. Les espaces traversés sont particulièrement sauvages et nous font découvrir une faune abondante en dehors de tout parc nature. Nous croisons ainsi des grands koudous, un immense troupeau de buffle, des zèbres et des colonies de singes en pleine cueillette de fruits.

Arriver à bon port nous prenons le large sur une barge afin de naviguer sur la Chobe river qui nous permet ainsi de pénétrer rapidement à l’intérieur du parc sans effrayer les animaux. Le temps de s’éloigner de la Kasane nous découvrons des oies au-dessus de nos têtes et des crocodiles à quelques brasses de nos pieds.

Certains spécimens sont réellement impressionnants ! et nous dissuade de nous rafraichir malgré la température agréable.

Les aigrettes sont à pied d’œuvre pour pêcher sur les rives du fleuve tout comme les aigles pêcheur dans les cieux.

Les premiers mammifères croisés sont des cobes à croissant qui passent leur journée au bord des points d’eau car ils doivent s’abreuver régulièrement à la différence des impalas qui ne sont là que pour nous faire plaisir.

En fait à partir de maintenant, la croisière nous plonge au milieu d’une multitude d’animaux à poil, à plumes et à écailles. Jamais encore nous n’en n’avions vu autant rassemblés sur des espaces aussi proches. C’est maintenant au tour des hippopotames de faire leur entrée en scène sous le regard d’un bec en ciseau accompagné d’une aigrette et d’un héron.

A quelques encablures de là nous attends un troupeau de plusieurs milliers de têtes de buffles africains. Beaucoup de petits accompagnent leur mère qui broute en nous regardant d’un air suspicieux.

Nous ne sommes pas les seuls à profiter des buffles d’eau, une kyrielle de piqueboeuf à bec rouge envahit leur dos ou montent carrément sur leur museau pour les débarrasser de leurs parasites.

Parfois nous croisons de téméraires canards traversant des zones dangereuses…car les sauriens ont également envahit la terre ferme pour profiter d’un bain de soleil rassérénant. Mais a y regarder de près : ils ne dorment que d’un œil !

Toutefois notre expérience la plus mémorable nous est offerte par une famille d’éléphant en ballade sur la plage. Jusque là rien d’époustouflant si ce n’est qu’on a retrouvé les daltons avec devant nous un étalonnage de toutes les tailles d’éléphants de petit de moins d’un an au grand mâle dominant.

P1690465

Nous apercevant les adultes se mettent de front et protègent leur petit qui ne semble nous considérer comme une menace en nous saluant de la trompe. Mignon n’est ce pas ?

Finalement la petite troupe s’arrête pour se rafraichir tout en tout nous laissant passer. Nous filons ainsi sur la Chobe River en observant maintenant du coin de l’œil les pachydermes qui d’un coup se mette à nous surprendre.

La matriarche lance la troupe à l’assaut du fleuve et décide de le traverser. Mais comment vont-ils faire ? Le fleuve est large et profond en son centre. Nous faisons demi-tour pour observer ces pachydermes dans leur épopée.

P1690581

Marchant toujours d’un bon pas, les éléphants s’enfoncent dans l’eau qui comment à monter eau surtout pour les petits qui commencent à perdre pied…Petite angoisse…

Qui grandit lorsque nous voyons disparaitre tous les jeunes éléphants sous l’eau avant de s’apercevoir que ceux-ci malgré leur poids de plusieurs tonnes sont d’excellents nageurs.

Respirant par moment avec leur trompe utilisée comme un tuba, ils franchissent la Chobe river sans tambour ni trompette mais sans accroc malgré les crocodiles qui rodent non loin de là.

Finalement, nous voyons ressortir toute la famille des plus gros au plus petits qui se découvrent tout près de la rive du fait de leur taille modeste. Moment surréel et fascinant !

Maintenant qu’ils sont au sec, les éléphants se recouvrent de poussière pour protéger de nouveau leur peau contre le soleil et les insectes. Si les plus grands usent de leur trompe, le plus petit à plus vite fait de se rouler par terre pour se retrouver de nouveau marron. Vraiment un petit rigolo !

Bref, nous retournons les pieds sur terre en terminant par le coin des hippos qui malgré leur gueule énorme s’amuse à manger de petits brins d’herbe pour tondre la pelouse encore plus rase qu’elle ne l’est déjà.

P1690681

Encore quelques brasses et nous voilà de retour à Kasane d’où nous remontons dans le camion 4*4 pour effectuer les quelques kilomètres qui nous séparent de la frontière du Zimbabwe. Après les formalités d’usage et l’achat de visa entouré de singes et de phacochères nous reprenons la route pour rejoindre notre destination.

C’est alors que nous faisons connaissance avec la police Zimbabwéenne qui nous intime l’ordre de faire demi-tour car nous ne sommes pas en règle. 30 minutes plus tard et ???? $ et nous voilà arriver à Victoria Fall où le gérant nous apprend qu’il n y a pas d’eau et peu d’électricité en raison de coupures régulières. Julie est à la limite de craquer car elle compter bien se délasser mais le succulent repas du soir nous requinque d’autant que le lendemain une visite exceptionnelle nous attend !

Un commentaire sur « Episode 16 : Au Botswana, les éléphants sont rois ! »

Laisser un commentaire