Après le vert, place au bleu, après les lacs, la mer, après la nature, la culture. Nous sommes sur le point de découvrir le littoral de la Dalmatie, la partie sud du croissant que forme la Croatie et qui égrène un littoral parsemé d’îles sur plus de 400 km de long.


Lundi 12 juillet : L’orgue maritime de Zadar
Pour rejoindre Zadar qui constitue notre première étape, nous empruntons un magnifique viaduc, enjeux précieux de la guerre de Yougoslavie comme en témoigne les stigmates sur l’ancienne guérite du pont. Aussi impressionnant que la vue.



Arrivés dans la ville, nous traversons un jardin pour pénétrer dans la cité fortifiée qui est riche de son histoire plurimillénaire.





Ainsi, se mélange dès la place, derrière l’entrée du bastion un anachronique patchwork d’architecture : colonne romaine, église byzantine et palais vénitien agrémentée de chaudes couleurs méditerranéennes qui donnent un beau cachet à l’ensemble.





Le cœur du petit centre-ville s’est construit autour de l’ancien forum romain en ruine qu’a tenté de suppléer la cathédrale catholique et sa basilique monacale.


S’il est encore tôt, le soleil darde puissamment ses rayons au-dessus de la ville qui est restée italienne jusqu’en 1945, récompense pour les Transalpins de leur alliance avec les vainqueurs de la Première Guerre mondiale au dépend de l’Autriche-Hongrie qui l’avait elle-même récupérée sur les décombres de l’empire Napoléonien.



En conséquence, nous rejoignons les quais pour profiter de l’air marin. Le littoral paisible offre des vues classiques sur un port de plaisance et plus bigarrées sur le sous-marin des Beatles, un magnifique yacht qui semble égaré où encore un chalutier escorté par une patrouille de mouettes.





La plus grande curiosité reste l’orgue maritime de Zadar puisque des cavités ont été creusées près du rivage avec un large escalier pour que l’eau et le vent en s’engouffrant jouent différentes notes de musique. Ce n’est pas particulièrement mélodieux mais très étonnant !




Nous poursuivons notre découverte de la ville en retournant nous perdre dans ses ruelles médiévales chargées d’histoire et de victuailles plus ou moins commerciales. La pizza passe très bien mais la glace quelle déception à côté du régal des parfums dégustés en Italie.




Après un peu de repos pris au frais de notre hôtel, nous longeons la côte jusqu’à Nin, minuscule village qui a pourtant vu sacrer 6 rois croates dans une église qui ne paie pas de mine. Les vielles pierres du site resté très intime sont pleines de charme.





Mardi 13 juillet : Les cascades du parc de Krka
Ce matin retour au vert pour découvrir un autre parc national croate qui comme son prestigieux grand frère de Plitvice doit sa réputation et sa beauté à son réseau hydrographique turquoise qui dégringole sur une multitude d’étages.





Attribué d’un nom hermétique, difficile à prononcer pour un non initié au croate, le début du sentier bien que peu impressionnant nous immerge lui tout de suite dans une ambiance paisible.





Sur une passerelle de bois, à côté de couples de canards en maraude, nous survolons des dizaines de bassins envahis par une végétation luxuriante.





atteignons une ancienne ferme croate conservée dans son jus pour illustrer la vie paysanne traditionnelle au XIXe siècle. Enfin pas si anodine que cela, puisque c’est dans ce lieu que Nicolas Tesla inventa le courant alternatif qui s’imposa en très peu de temps face au courant continu d’Edison.



Quoi de mieux pour expérimenter que toutes ces cascades qui alimentent sans peine des moulins à eau et produisent du jus !




Après cette mise au point, nous replongeons au milieu des lacs grâce aux petits ponts qui nous perdent au milieu des centaines de libellules. Ces demoiselles virevoltent en tout sens aimantées par ces eaux translucides tandis que les poissons attendent que l’une d’elles vienne raser la surface de l’eau d’un peu trop près pour la gober dans un bruit de clapotis.





Les lacs se suivent et se ressemblent mais nous ne nous lassons pas de ces camaïeux de bleu illuminés par le soleil.



Le terrain s’accidentant du fait des dénivelés qui augmentent, nous nous approchons des plus grandes cascades. Les photos deviennent ainsi plus acrobatiques entre la foule des arbres et celle des touristes.




Heureusement nous pouvons prendre un peu de hauteur pour saisir la beauté de ce qui nous attend.




Nous voici maintenant au pied des chutes de Skradinski Buk qui comme celles des lacs de Plitvice sont dues à un relief karstique et caractérisé par l’omniprésence de la mousse.



Le charme du site est entamé par le nombre des touristes (dont beaucoup parle notre langue) et les cahutes commerciales au pied des trombes d’eau. De l’autre côté du ponton, le fleuve poursuit son cours pour se jeter dans la baie de Sibenik. Si aucun objectif ou presque n’y fait attention, le cadre est pourtant superbe.




Nous terminons la boucle au-dessus de ces lacs par de belles vues en cascades.




Difficile de se résoudre à quitter les lieux envahis par les eaux dans les moindres recoins.




Toutefois, toute cette eau nous a donné des idées et nous partons pour terminer la journée nous jeter à la mer à quelques encablures.




Mercredi 14 juillet : La riviera de Sibenik jusqu’à Trogir
Sous un ciel chargé, nous descendons vers le port de Sibenik. En effet, la ville est lovée et protégée au fond d’une double anse entourée de collines. Rejoindre les quais c’est donc littéralement plonger dans la mer à l’image du relief naturel.



Nous longeons les quais fleuris pleins de charme pour rejoindre le cœur historique de la cité déjà entraperçue après s’être perdus dans un lacis de ruelles où les rétroviseurs de la voiture frôlaient les murs adjacents.


Edifiée au Moyen Age, par les Avars et les Croates sur ce site naturel avantageux, Sibenik ne bénéficie pas du plan en damier des cités antiques autour de deux grandes avenues centrales et cela s’en ressent lorsqu’on s’enfonce dans le labyrinthe des rues du centre : étroites, sombres, sans véritable plan d’ensemble, elles sont bordées de maisons de pierres de plusieurs étages.







Pour se protéger des attaques vénitiennes et surtout ottomanes (16 tout de même), un collier de forts entourait la ville sur les collines environnantes dont le plus important reste encore le mieux conservé : la forteresse Saint Michel, archange protecteur de la ville.
Le château croate du Xe siècle fut renforcé par un bastion vénitien du XVIe siècle qui se visite aujourd’hui même s’il n’en reste que la superstructure principale. De quoi offrir de belles vues sur les environs et de comprendre instantanément l’avantage de contrôler ces hauteurs. La ville grise vue d’en bas, devient la ville aux toits rouges dont seule la magnifique cathédrale se détache.





Après quelques portraits bien cadrés, nous reprenons la route pour rallier l’étape suivante de notre pérégrination sur la riviera : Primosten.




Du croate « relié par un pont » cela fait référence aux deux presqu’îles du village rattachées à la terre ferme par un ouvrage d’art. Ainsi, vue du ciel, les lieux forment des oreilles de lapin emblématiques.


Nous profitons de ce cadre exceptionnel pour déguster avec les yeux notre déjeuner avant de pénétrer dans l’ancien village protégé par des remparts. Le petit bourg a le charme des vielles pierres colorées par quelques superbes fleurs.





Juchée à son sommet, l’église de Primosten nous offre des vues sur l’autre presqu’île dédiée par l’ancien régime yougoslave aux hôtels de luxe pour les apparatchiks communistes. Elle est aujourd’hui prise d’assaut par les vacanciers d’Europe centrale.





Loin de cette foule, nous redescendons de l’autre côté de Primosten pour nous offrir un bain de mer en petit comité sur une belle plage de galets. Seul point d’ombre, son absence, car en ce début d’après midi, on est mieux dans l’eau qu’à faire la crêpe.


De ce fait, nous repartons sans nous endormir sur la serviette vers l’ultime découverte : Trogir dont le succès a fait sortir de son enceinte médiévale, une ville touristique encadrée d’une belle marina.




Toutefois, c’est bien sur le minuscule îlot originel que se situe les monuments les plus remarquables avec un très bel hôtel de ville vénitien, une cathédrale majestueuse, le tout protégé par un fort franc plus impressionnant que charmant et dont l’architecture brute et massive contraste avec les sculptures et détails des précédents monuments.






Une nouvelle fois, les styles architecturaux se côtoient d’une ruelle à l’autre, d’un bâtiment à son voisin sans transition mais le contraste le plus saisissant reste celui de la modernité des yachts avec ces monuments médiévaux.





Il faut donc s’enfoncer dans ses ruelles pour remonter le temps en effaçant les fils électriques et quelques vespas.



La promenade autour de l’île offre ainsi des vues aussi belles que surprenantes car tous les éléments du littoral y sont présents sur quelques mètres du palmier aux grues des chantiers navals sans oublier les paillotes.





Sibenik, Primosten, Trogir, trois sites touristiques historiques plein de charmes qui n’appellent qu’à se promener à l’ombre de leurs monuments et se baigner dans les eaux de la mer adriatique qui a fait la prospérité via le commerce entre Venise et l’Orient.



Encore et toujours de jolis clichés aux couleurs éclatantes qui nous font rêver 👍
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Très belles vues….
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