Etape 6 : Le meilleur pour la fin ? Dubrovnik

Finis la vie de Robinson et retour à la civilisation pour découvrir une des plus brillantes de l’époque moderne : Dubrovnik qui fit de son port marchand fortifié, la base de son rayonnement commercial d’abord et touristique aujourd’hui. La dernière étape croate sera-t-elle à la hauteur de la réputation de la perle de l’Adriatique pour être la plus belle ?

Jeudi 22 juillet : La grande muraille de Ston

La traversée de l’île de Mjet réalisée à contrecœur, après le plaisir que nous avons eu à la découvrir, nous rejoignons le continent  via un nouveau ferry qui nous dépose à Prapratno.

Ce port se trouve à deux brasses d’un village ancien : Ston connu pour sa remarquable fortification. C’est un cas unique au monde de démesure entre la taille des fortifications au regard de des dimensions du site : un modeste bourg médiéval.

Pour en percer le mystère à défaut de sa formidable cuirasse, nous pénétrons dans l’enceinte de la ville pour parcourir son dispositif défensif de l’intérieur. En effet, le bourg est protégé par une forteresse reliée à plusieurs tours par d’épaisses murailles.

Mais ce n’est pas tout, les remparts enserrent également le port de la ville qui se trouve à plus de 7 km de l’autre côté de la montagne. Etant reliées aux précédentes, cela représente au total plus de 15 km de murailles d’une hauteur dépassant les 5 m.

Réaliser un tour de garde comme le faisait, les protecteurs de la ville sur le chemin de ronde n’est pas de tout repos car ces imposantes fortifications le sont d’autant plus qu’elles enjambent la montagne qui sépare les deux bourgs. C’est donc gravir la montagne que de parcourir les remparts !

Toutefois, les vues offertes sont spectaculaires tant sur la ville dont le plan en damier montre  qu’il s’agit une ancienne colonie romaine, que sur le fjord exploité à travers des marais salants.

Ce sont ces derniers, en activités depuis plus de 2000 ans, qui ont fait la richesse de Ston et explique cette muraille, la plus grande d’Europe. Il s’agissait de protéger l’or blanc de la région qui était exporté dans tout le bassin méditerranéen.

Il flotte dans l’air une petite atmosphère de muraille de Chine ! Voyez plutôt :

Le temps nous manque pour faire le tour des remparts et rejoindre la 2e forteresse à Mali Ston, le port spécialisé dans le transport du sel mais aussi l’ostréiculture. Nos mollets nous en remercient car ça grimpe sec.

Sur le retour nous pouvons également apercevoir les campagnes maraichères autour du village qui comme beaucoup d’autres en Dalmatie ont un joli visage provençal avec ses essences méditerranéennes caractéristiques.

Nous achevons la visite de la ville par un petit tour au marché qui s’installe tout juste et surtout le château particulièrement bien retranché dans ses bastions cernés de douves et équipés de canons.

En début d’après-midi nous rejoignons Dubrovnik, ville la plus renommée de Croatie par son riche passé médiéval inscrit dans ses vieux murs. Mais pour l’heure nous décidons de plonger dans l’histoire récente de la région en découvrant le Musée Rouge qui présente la période où la Croatie était une province de la Yougoslavie (1945-1991) à travers de nombreux objets. Rassemblés dans les pièces d’une maison d’époque ils retranscrivent de façon immersive le quotidien des habitants vivant de l’autre côté du rideau de fer sous la direction du leader charismatique : Tito.

Les incontournables succès de l’ère communiste sont en bonne place comme la célèbre Yugo qui fut exportée jusqu’aux Etats-Unis ou les kiosques emblématiques, recyclés sur tout le vieux continent dans les années 70.

Toutefois le musée ne masque pas, les heures sombres du régime avec la police politique, les camps de prisonniers et la guerre de Yougoslavie qui déchirent les communautés et fait imploser le pays de 1991 à 1999.

Il est temps pour nous de refaire surface à l’époque d’aujourd’hui pour se rafraichir dans la grande bleue sur une belle plage… de galets (Croatie oblige).   

Vendredi 23 juillet : Dubrovnik, perle marchande de l’Adriatique

                Il est encore tôt mais le soleil est déjà puissant lorsque nous partons à l’assaut de la citadelle de Dubrovnik gardée par plusieurs portes imposantes, parties d’un bastion qui est lui-même flanqué d’un puissant fort indépendant.

Empreint du charme des lieux notamment de la fontaine Donofrio grâce à l’absence des flots de touristes qui vont bientôt débarqués, nous partons découvrir les remparts qui ceinturent la cité.

Quelques flopées de marches plus tard, nous survolons les toits de la ville à commencer par ceux de l’abbaye dominicaine.

Quelques pas plus loin, le fort Lovrijenac révèle toute sa puissance et son charme les pieds dans l’eau turquoise assiégée par les canoës.

Nous continuons sur le chemin de ronde jusqu’à atteindre le musée de la marine qui au milieu des ancres géantes et des maquettes des bateaux sortis des fameux chantiers naval de la ville, nous permit d’apprécier les remparts dans leur contexte.

Ils sont ainsi le témoignage du glorieux passé d’une cité marchande fondé par les Slaves avant d’être conquise par les rois de Hongrie et de Croatie puis de tomber dans l’escarcelle de Venise.

Luttant pour retrouver leur indépendance, la cité créa son propre état : Raguse, qui, à son apogée au XVIe  siècle se trouvait à la tête de plus de 200 ambassades installées sur le pourtour de la Méditerranée pour développer son commerce.

Perdant son indépendance sous les Ottomans puis son autonomie après la conquête napoléonienne, la ville retrouva son lustre avec son ouverture au tourisme dans la Yougoslavie Titiste.

Ravagée partiellement par la guerre serbo-croate, la cité renaît une nouvelle fois de ses cendres dans les années 2000 avant que sa notoriété n’explose grâce à la série Game Of Throne qui la prenant pour modèle révéla aux yeux du monde la beauté de ses murs.

Ce détour dans le passé en même temps que le tour des remparts nous conduit  jusqu’au port tourné vers la construction, la pêche et aujourd’hui ce qui fait vivre le reste de la ville : le tourisme.

Entretemps nous avons pu apprécier les milliers de tuiles traditionnelles couleur miel avec lesquelles tranchent celles plus récentes et roses caractéristiques de Toulouse car la métropole française en a livrée 300 000 à la fin de la guerre de Yougoslavie pour aider à la reconstruction de la ville.

Cette différence n’empêche pas la vue d’ensemble d’être pleine de charme.

Nous poursuivons notre pérégrination sur les remparts de « Port-Réal » en n’oubliant pas d’immortaliser notre présence sur les lieux avant de rejoindre la plus imposante tour ronde. Ayant terminés notre tour de garde, il ne nous reste plus qu’à visiter les quartiers survolés.

Le monastère franciscain est notre première destination et nous offre dans un cadre apaisé un peu de répit par rapport au soleil.

Nous parcourons ensuite l’avenue principale bordée d’innombrables échoppes touristiques avant d’aller déjeuner au port.

Une nouvelle halte pour retrouver de la fraicheur dans une église et nous explorons le palais du recteur (principal dirigeant de la République marchande de Raguse). L’édifice bâtit sur trois étages d’arcades abrite de nombreux objets témoignant des fonctions politiques du lieu.

Joli mais bien moins luxueux que celui de son concurrent direct : le palais des Doges à Venise à part peut être la prison.

Nous poursuivons notre découverte de la cité au hasard des ruelles qui nous conduisent au musée d’histoire naturelle et dans une nouvelle église. Elle se démarque de ses concurrentes par une reconstitution de la grotte de Lourdes et de magnifiques fresques italo-allemandes.

La prochaine visite nous immerge dans le quotidien ancestral des Dalmates à travers la reconstitution de leurs activités, habitations et costumes au musée ethnographique Rupe.

Déjà bien épuisés, il nous reste à gravir le fort Lovrijenac (ou Laurent pour les francophones) pour découvrir de nouvelles vues remarquables sur Dubrovnik.

Décidément, la cité a du caractère et mérite bien son nom de perle de l’Adriatique même si elle souffre de son succès avec l’omniprésence du tourisme et de ses effets négatifs de marchandisation.

Un commentaire sur « Etape 6 : Le meilleur pour la fin ? Dubrovnik »

  1. Comme d’habitude les photos sont superbes et en plus vous avez de la chance il fait super beau, en france cest le déluge.😜

    Bonnes vacances

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