Episode 15 : Au cœur du delta de l’Okavango

Après le parc national d’Etosha marqué par la présence de nombreux grands mammifères dans un milieu très aride, nous partons explorer un autre sanctuaire animalier caractérisé lui par l’abondance de l’eau qui en fait un eden pour la faune au nom mythique : l’Okavango !

Samedi 17 août : En croisière sur les méandres (Okavango côté fleuve)

Réveil en douceur ce matin sur les rives du fleuve Okavango qui constitue la frontière nord entre la Namibie et l’Angola dans la bande de Caprivi. Nous profitons d’un chaleureux lever de soleil sur les eaux de la rivière infestée de crocodiles et d’hippopotames qui sont les seuls baigneurs à ne pas craindre les premiers.

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Toutefois, nous prenons la direction d’un autre pays puisque nous mettons le cap au sud pour suivre  le cours de l’Okavango qui pénètre au Botswana, royaume des animaux et dernier paradis des amoureux de la faune africaine encore vierge. La route qui y mène annonce le programme : rusticité et monde sauvage !

Après un passage sans encombre au poste frontière, nous rejoignons un embarcadère sur les rives du fleuve mythique car pour l’explorer plus en avant, seul le bateau devient possible. En effet, l’Okavango se jette au milieu d’une vaste plaine semi-désertique en créant un écosystème unique et riche d’une grande faune du fait de l’abondance de l’eau dans une région qui en est avare. Cette région forme donc un delta au milieu des terres créant d’innombrables bras d’eau qui se rejoignent en vaste étendue d’eau parsemée d’îles.

Nous partons donc en barque à moteur nous enfoncer dans cet univers si particulier. Les rives ne semblent pas toujours fermes avec la multitude de roseaux mais elles accueillent une foule d’oiseaux de toutes les couleurs qui ne cessent de voltiger pour pêcher ou chasser : rolliers, guépiers et autres martin-pêcheur.

Un peu plus bas, sous la ligne de flottaison, les crocodiles tentent de se faire oublier pour bondir sur les imprudents qui tenteraient une mise à l’eau.

On découvre également que le delta est une région habitée par des communautés Tswanas à travers un bateau-ambulance où notre guide qui y habite à l’année.

D’ailleurs, au détour d’un méandre nous découvrons de véritables îles permanentes occupées par des troupeaux qui paissent sous le regard acéré des aigles pêcheurs en attente d’un signal pour se jeter à l’eau.

Appelés par notre guide, ces derniers ce décident à nous faire une petite démonstration de leur talent. Plutôt convaincant.

Nous poursuivons notre odyssée dans ce paysage envoutant avec la sensation d’être de plus en plus seul au monde dans une région préservée qui nous donne à voir ses richesses naturelles.

Enfin presque, puisque nous tombons sur une barge hôtel qui fait découvrir le delta en croisière de plusieurs jours… peu importe pour les oiseaux qui sont toujours aussi nombreux autour de nous.

Toutefois le moment le plus intense de la journée est à venir, lorsque nous découvrons après un virage de plus, cinq éléphants en train de brouter à quelques mètres sur la rive.

Notre guide décide de mettre pied à terre et offre la possibilité à ceux qui le veulent de voir ces pachydermes sauvages à quelques mètres en le suivant comme son ombre.

Séquence émotion garantie tant la rencontre est intense d’autant que les éléphants finissent par se rendre compte de nos présence et nous le font savoir en nous fixant.

On se sent bien petit à côté d’eux… mais quel moment !

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Nous rembarquons pour finir notre traversée qui s’écoule maintenant depuis plus de 3h vers l’intérieur du Delta qui est en fait encore bien plus vaste puisque nous nous rendons sur une des îles les plus proche de l’entrée du cœur de l’Okavango.

Ainsi, après que notre voie d’eau se soit rétrécit dangereusement et nous ait ensevelis sous les plantes aquacoles, nous finissons par déboucher sur une vaste étendue d’eau non sans avoir eu des échanges musclés avec les roseaux les plus envahissants.

Quelle quiétude, au milieu de rien mais cœur du monde naturel !

Nous débarquons finalement sur la berge qui nous fait face dans une petite île au cadre enchanteur si ce n’étaient les moustiques qui visiblement ont été mis dans la confidence de notre arrivée et se joignent à nos hôtesses pour nous faire une cérémonie d’accueil piquante…

Tout à un prix même ce havre naturel !

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Dimanche 18 août : Une île mystérieuse où nous ne sommes pas seuls (Okavango côté terre)

Après une agréable nuit marquée seulement par le débarquement d’un éléphant au milieu de notre campement, heureusement qu’il n’avait pas sommeil ! Nous partons explorer notre île. Nous remarquons quelques curiosités comme les longs fruits qui ont donné son nom à l’arbre à saucisse avant de rejoindre un nouvel embarcadère.

En effet, pour circuler dans cette région où l’eau est omniprésente, nous devons emprunter un mokoro, pirogue traditionnelle sculptée dans du plastique (protection de la flore oblige de nos jours) qui doit nous convoyer à travers le dédale de marécage jusqu’à la prochaine île.

Bien que nous sommes conduits par un rameur du village voisin, l’équilibre est précaire et à tout moment nous avons l’impression que le tronc creux va chavirer même si cela n’arrive jamais du fait de l’expérience du gondolier.

Nous en profitons pour découvrir le delta au ras de l’eau.

P1680061Le décor est sublime mais peut masquer des surprises derrières ses hautes herbes. Mieux vaut parfois ne pas trop y songer. Tous les grands animaux africains sont présents en grand nombre dans le delta de l’Okavango et même pour beaucoup d’excellents nageurs. Gloups.

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Finalement malgré le charme de l’expérience, pas fâché de poser le pied par terre dès fois qu’il faudrait prendre les jambes à son cou… même s’il est illusoire d’en réchapper ainsi. D’ailleurs nous tombons sur d’anciennes victimes impressionnantes sous l’œil scrutateur d’un bel aigle africain.

Quelques hectomètres plus loin nous découvrons des éléphants biens vivants en train de se régaler d’herbes hautes sans prêter attention aux bipèdes qui les approchent par derrière.

Arrivés à quelques mètres, le chenille que nous constituons en marchant à la queue leu leu bifurque pour ne pas risquer de les déranger et met le cap sur un nouveau bras d’eau.  En chemin nous croisons des nuées d’ibis sacrés et des tantales ibis qui vivent de façon grégaire à proximité des points d’eau. Ils sont donc particulièrement nombreux dans cette immense aire protégée baignée par le delta de l’Okavango qui s’étend sur 18000 km2 soit deux départements français.

Dans le bras du fleuve, nous pouvons observer un harem d’hippopotames et des crocodiles surveillés de près par des cormorans et leurs cousins encore plus gros, les anhinga d’Afrique surnommés oiseau-serpent à cause de la longueur de leur cou.

Entourés de tout ce petit monde nous en profitons pour faire une pause et prendre un encas afin d’apprécier la sérénité du spectacle de la vie sauvage.

Nous rebroussons ensuite chemin, à pied d’abord puis retrouvons nos mokoro pour rejoindre notre île d’origine.

P1680190Quel dédale de canaux qui, sans guide, se révèleraient inévitablement un labyrinthe au décor charmant mais piégeux.

Ainsi au-delà du bleu intense des eaux limpides, une des plus pures du monde du fait du peu d’activités humaines, nous naviguons au milieu de roseaux, des nénuphars et des lotus.

De retour au camp, nous avons le temps d’observer les nombreux volatils qui font du détroit de l’Okavango un paradis pour les ornithologistes : guépier, perruche, pygarque vocifère sont à quelques mètres au-dessus de nos têtes.

Mais ils ne sont pas les seuls puisqu’on trouve également une troupe de chauve-souris à tête de renard suspendu comme des grappes de fruit sur toutes les branches d’un énorme arbre qui fait de l’ombre au camp ! Impressionnant.

En parlant d’arbre et d’impressionnant, lors d’une balade en soirée, nous découvrons un beau baobab et des plantes coupantes comme des lames de rasoir avant de revenir par l’arrière de notre camp et de découvrir ainsi les installations de nos sanitaires.

Nous achevons la journée par une croisière pour apprécier le coucher du soleil.

En attendant son heure nous profitons des reflets des îles sur les eaux cristallines de l’Okavango qui forment de parfaites symétries.

La suite se passe de commentaires mais il y en pour tous les goûts.

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Les amateurs de couleurs froides :

Comme chaudes :

De retour au camp, après un repas au clair de lune, nous nous installons autour du feu de camp pour notre veillée quotidienne. Après une séance de jeux, nous discutons lorsque soudain, une ombre énorme semble se détacher au loin et se diriger vers le camp. Un éléphant de très grande taille vient nous rendre visite provoquant une petite panique même si le moment qui m’a le plus angoissé fut les rugissements du lion que nous avons entendu quelques instants auparavant. Ambiance garantie et immersion réussie au cœur d’un magnifique trésor naturel même si j’en attendais encore davantage notamment par rapport au nombre d’animaux visibles !

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