Après les splendeurs des dunes de Sossusvlei, il est difficile de retrouver des paysages aussi spectaculaires. Cependant, les étapes confortables qui nous attendent dans la perle allemande de Swakopmund nous promettent un dépaysement autant qu’un repos bien mérité. Voici une nouvelle facette de la Namibie !
Dimanche 11 août : Les flamands de Walwis Bay
A l’aube nous reprenons la route vers le nord pour rejoindre la plus grande ville de la côte occidentale de Namibie : Swakopmund. A force de remonter le littoral, nous atteignons et franchissons le tropique du Capricorne, une seconde fois après sa découverte en Argentine trois ans auparavant.
Nous découvrons également un paysage de plus en plus minéral occupé par des zèbres de petites tailles et toujours des damans des rochers.
Bientôt les couleurs vives du désert s’estompent et se dégradent dans des teintes pastelles atténuées par la grisaille du ciel. Au bout d’une interminable route aussi large que déserte, nous atteignons Walwis bay, principale port(e) d’ouverture du pays sur la façade Atlantique. C’est une étrange sensation que de trouver une zone industrielle et logistique moderne en plein milieu de nulle part.
Nous observons ainsi un train long de plusieurs dizaines de wagons qui agit comme une des artères vitales du pays mais les véritables vedettes des lieux sont les flamands roses qui peuplent la baie.
Ainsi devant le front de mer du quartier le plus cossu de la ville, se joue un incessant balaie aérien de volatils gracieux.
Si une partie de la colonie profite d’un sommeil réparateur dans ces eaux tranquilles, beaucoup sont en pêche de leur met favoris : le plancton.
Les flamands envahissent littéralement le littoral au sein de colonies de plusieurs milliers d’individus dont le plumage rosé contraste avec la bleuté des eaux.
Quelques individus arpentent les plages à la recherche de petits mollusques mais ce qu’on y trouve le plus se sont de gigantesques méduses flasques de différentes couleurs.
Pas de quoi nous mettre en appétit pourtant c’est l’heure de passer à table car Chris et Duncan nous ont préparé des hot dog.
Nous reprenons la route pour rejoindre Swakopmund en découvrant d’autres types de quartiers dans la banlieue de Walwis bay. En effet au-delà des infrastructures industrialo-portuaires, se trouve un gigantesque quartier résidentiel réservé à la main d’œuvre ouvrière. Il s’agit de la version la plus confortable d’un township même si les équipements sont encore rudimentaires. Au-delà, des résidences luxueuses semblent isolées au milieu de plages privatisées au large duquel passe de gigantesques cargos.
Après avoir pris nos quartier dans notre hôtel et effectués une petite reconnaissance de la ville, nous dinons tous ensemble au restaurant pour conclure cette première semaine de voyage ensemble. Une chorale locale vient égayer le dessert avec un tonitruant et entrainant : ‘‘the lion king sleep tonight’’.
Lundi 12 août : Les richesses architecturale de Swakopmund, perle allemande de Namibie
N’ayant pas trouvé de place dans une excursion pour découvrir les minuscules « big five du désert », nous partons explorer l’architecture urbaine de Swakopmund qui est considérée comme la capitale touristique de la jeunesse du pays. Ancienne cité coloniale, créée ex-nihilo par les premiers colons germains à la fin du XIXe siècle, les bâtiments de la ville s’en ressentent encore aujourd’hui.
Il règne une délicieuse atmosphère surannée d’un petit bourg allemand.
Voyez plutôt les façades croisées tout au long des avenues du centre-ville.
Toutefois, la présence de palmiers et de murs colorés sont autant d’indices qui plongent cet urbanisme germanique dans un environnement africain.
Pour en savoir un peu plus sur le développement de cette communauté à partir de rien à l’aube du XXe siècle, nous allons visiter le musée d’histoire locale. La bâtisse est un véritable repère fourre-tout où l’on retrouve un inventaire de tous les équipements matériels depuis la naissance de Swakopmund.
Fondée en 1892 comme poste militaire et base de pêcherie, la cité s’est rapidement développée pour s’ériger en municipalité dès 1909. Plusieurs boutiques du début du XXe siècle ont ainsi été reconstitués à l’intérieur du musée nous plongeant dans l’ambiance de l’époque : apothicaire, dentiste, maison familiale, école, etc…
A l’étage, les collections présentent les différents peuples autochtones de Namibie avec leur culture matérielle et leurs œuvres d’art notamment sculptées et musicales.
On croise ainsi : les Nama du sud, les Hereros du centre et les célèbres Himbas prisés des ethnologues bien que les Owambos sont les plus nombreux et dominent la vie politique du pays.
Les chasseurs-cueilleurs Khoisans restent les véritables aborigènes des lieux puisque les tribus précédemment mentionnées sont des bantous dont l’installation en Namibie date de moins d’un millénaire.
Les Portugais au XVIe siècle puis les Allemands au XIXe siècle viendront compléter ce patchwork ethnique auquel s’ajoute aujourd’hui une petite minorité chinoise.
La richesse de la région autrefois assurée par la pêche, provient des diamants au sud de la province cloisonnée dans une zone interdite d’accès mais aussi des marais salants et de l’uranium découvert dans les environs. Enfin, Swakopmund est aujourd’hui une riche station balnéaire considérée comme une des villes les plus blanches du pays, repère de la communauté germanique qui contrôle l’industrie touristique.
Le musée présente enfin une riche collection naturaliste de la faune de la région.
Nous terminons notre ballade par un marché d’artisanat, l’ancien palais du gouverneur, le phare et du shopping pour une journée de coupure dans les explorations sauvage. La fin de journée sera donc consacrée à un repos bien mérité en attendant de replonger dans l’aventure.
Mardi 13 août : L’hospitalité de la côte des squelettes
Ce matin nous reprenons la route du littoral vers le nord pour longer la côte des squelettes. Son sinistre nom lui vient du nombre impressionnant de navires qui se sont échoués sur les plages du nord de la Namibie. En effet, les vents violents ont fracassé de nombreux cargos dans cette partie de l’Atlantique sud-est laissant peu de chance de survie aux marins dans un univers particulièrement inhospitalier.

Nous faisons une halte pour observer l’une de ses épaves continuellement battue par les vagues. L’atmosphère est particulièrement glauque du fait de la rouille du navire, du ciel gris, de la bruine et de la mousse omniprésente dans les ressacs de l’océan.
Toutefois l’ancien cargo n’est pas perdu pour tout le monde car les oiseaux marins l’ont adopté pour en faire un providentiel nichoir.
A quelques encablures, nous découvrons une autre célébrité du coin : les salines, l’une des richesses de la région sous l’œil avisé d’un coyote aux aguets.
L’attraction de la journée reste à venir car nous nous rendons désormais au Cap Cross célèbre pour sa colonie d’otaries qui compte 100 000 d’individus.
Et effectivement à peine l’ouverture de la porte du camion que nous sentons à plein nez la présence de mammifères marins avant que des dizaines de cris assourdissant confirment qu’il s’agit d’animaux vivants. Finalement nos yeux nous dévoilent une foule innombrable de pinnipèdes.
Nous sommes envahis d’otaries qui se prélassent au plus près du littoral.
Tout ce petit monde vaque à ses occupations plus ou moins pacifiques : certaines individus dorment, des petits tètent leur mère, d’autres vadrouillent enfin, les plus énergiques s’affrontent dans de violent tête à tête chorégraphié.
Nous avançons pas à pas au milieu des otaries qui nous ignorent magistralement pour la plupart même si certaines sont nerveuses du fait de notre proximité à quelques cm de leur progéniture.
Les aboiements qui surgissent alors avec les dents visibles ne nous rassurent pas et nous pressons le pas. Nous rejoignons donc une passerelle en bois protégée pour pouvoir mieux les observer en toute sécurité et sans trop les déranger.
Les plus petits qui ressemblent à des peluches sont craquants même si l’odeur reste une barrière puissante pour ne pas avoir envie de leur faire un câlin !
Le plus détonnant dans tout cela c’est la présence d’une poignée de chacals qui déambulent au milieu de la colonie à la recherche d’un casse croûte, petit abandonné mais aussi nid d’oiseaux marins. Les otaries les laissent faire leur petit tour dans une relative indifférence mais de temps en temps certaines montrent leurs crocs pour signifier au canidé de circuler. Ceux-ci prennent alors la fuite conscients de leur infériorité (numérique).
Ayant rejoint le bord de mer, nous pouvons observer que l’océan accueille également une partie de la colonie qui plonge et replonge dans une mer déchaînée pour pêcher son repas.
Les vagues sont gigantesques, fidèles à la réputation de la côte des squelettes.
Les 6 millions d’ »otaries à fourrure d’Afrique du Sud » vivent le long des côtes sud du continent noir mais 100 000 ont élu domicile au Cap Cross. Elles pèsent en moyenne plus de 300 kg mais sont des proies faciles lorsque la période de chasse est ouverte en Namibie du fait de leur concentration en certains lieux. Chaque bête tuée rapporte 5$ à son chasseur. Une triste hécatombe…
Nous disons bientôt au revoir à ces charmantes mais odorantes otaries avant de découvrir les croix érigées par les Portugais lors de leur découverte du sud en 1486 dans le cadre de leur tentative pour contourner l’Afrique par les mers du sud.
Nous changeons bientôt d’univers en retrouvant les paysages pastel du désert où nous faisons une halte pour déjeuner et respirer à nouveau de l’air pur.
Nous poursuivons notre route dans la région du Spitzkoppe marquée par ses montagnes qui surgissent pour rompre la monotonie du désert.
La région est une des plus pauvres de Namibie et tente de s’appuyer sur les rares touristes pour aider les communautés locales à se développer. Notre campement du soir, géré par un village, est ainsi particulièrement rudimentaire mais jouit d’un cadre naturel époustouflant.

Nous explorons les environs pour nous rendre aux sanitaires situés à 2 km de notre camp. Nous en profitons pour débusquer des écureuils du désert qui gambadent autour de nous aux pieds des géants de pierre.
Après une douche chaude grâce à l’énergie du soleil, nous rebroussons chemin pour escalader quelques unes des formations rocheuses les plus accessibles.
Dans un paysage à l’aspect lunaire nous profitons du charme des lieux… en crapahutant sur d’énormes monolithes avant de profiter….
…d’un majestueux panorama !

Sur le chemin du retour nous tombons nez à nez avec des damans avant d’observer la lune qui dans cet univers nous est apparue si proche !
Et c’est sous un radieux coucher de soleil qui répondait à l’ascension de la lune que nous avons pu profiter d’un diner, une nouvelle fois délicieux, grâce aux talents de nos guides. Reprendre des forces avant de poursuivre l’aventure vers une terre d’oasis puisque le célèbre parc naturel d’Etosha constitue notre prochaine étape…