Episode 12 : Au cœur du désert du Namib

Installés à la frontière Namibienne sur les rives de l’Orange River, il est temps de partir explorer ce pays marqué en profondeur par la présence du désert. Ceci explique que deux millions d’habitants seulement se partagent un pays de la taille de la France. Vérifiez donc comme nous votre approvisionnement en eau avant de vous plonger dans le désert du Namib.

Jeudi 8 août : Surplombés Fish River Canyon

Le lit de camp fut grandement apprécié après la nuit sur la plage, de même que la dizaine de degrés supplémentaires offerts par la toile de tente. De sorte qu’au petit matin, nous étions presque en forme pour reprendre la route, une ou deux heures de sommeil en plus nous auraient totalement comblés. Mais nous avons rendez-vous plus au nord pour admirer le lever du soleil au-dessus de Fish River Canyon.

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La plus grande gorge d’Afrique, seconde dans le monde après le Grand Canyon américain nous offre une vue spectaculaire sur le cours du fleuve creusé depuis des centaines de millions d’années dans la roche namibienne.

Le fond du canyon qui serpente 700 m en contrebas n’est parcouru que par un mince filet d’eau en cette saison sèche.

Nous longeons la ligne de crête pour découvrir d’autres points de vues et patienter jusqu’à l’ascension du soleil au-dessus de cette merveille naturelle.

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Oiseaux et buissons ardents nous accompagnent tandis que les rayons illuminent peu à peu les teintes marron tristes du canyon qui virent maintenant aux chaudes couleurs orange.

Ainsi, nous nous réchauffons en même temps que les profondeurs du canyon qui laissent entrevoir leurs splendeurs.

Nous découvrons le départ d’une piste qui descend dans les entrailles du canyon pour l’explorer mais elle est réservée aux aventuriers avertis puisque les éboulements sont un risque permanent et la boucle se fait en autonomie sur cinq jours.

Nous retournons donc au camion en immortalisant encore plusieurs fois ce majestueux canyon !

C’est donc devant ce décor de cinéma que nous allons prendre notre petit déjeuner préparé pendant notre exploration par nos deux guides. Que demander de plus ?

Un dernier coup d’œil jeté à l’horizon et nous reprenons la route pour remonter tout le sud de la Namibie à travers le désert du Namib.

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Nous y croisons en route des autruches, des renards du désert, un cimetière de voitures et des villages à l’architecture traditionnelle allemande, héritage des premiers colons à l’aube du XXe siècle.

C’est au milieu de nulle part que nous faisons une halte pour prendre notre déjeuner. Sous l’ombre des rares arbres, nous constatons que nous sommes les seuls à emprunter cette route caillouteuse bordée de sols orangés, parsemés de courts buissons grillés. Seule une barrière montagneuse casse l’horizon monotone du désert.

En milieu d’après-midi, nous pénétrons dans le désert du Namibrand, où après avoir montés le camp  nous partons explorer les environs.

Nous découvrons d’étranges collines de rochers mais aussi de magnifiques dunes de sable aux pieds desquelles déambulent des otocyons en chasse de petits rongeurs et autres insectes bien juteux.

Une sortie en jeep nous permet de parcourir sur une plus grande distance cet environnement si atypique où nous sommes surpris de tomber sur des zèbres du désert dont le pelage semble avoir adopté la « dress code » orange des lieux.

Nous savourons un délicieux barbecue pour parachever une savoureuse journée.

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Vendredi 9 août : Désert du Namibrand

Alors que le soleil se lève à l’horizon, nous pointons le bout du nez au-dehors de la toile de tente qui a retrouvé son calme après avoir été secouée toute la nuit par des bourrasques de vent.

Après cette nuit ressentie comme froide et agitée, le calme et la chaleur du désert de la réserve, que nous découvrons en expédition à pied, tranchent.

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Le paysage minéral nous offre toute la gamme des nuances orangées dans une ambiance surréaliste.

Durant notre exploration de cet univers désertique, nous découvrons quelques curiosités des formes de vies qui survivent en s’adaptant à la rareté de l’eau.

Les gros mammifères présents sont insaisissables car le terrain découvert nous rend repérable à des lieux à la ronde nous laissant hors de portée des oryx notamment.

Nous rejoignons bientôt un terrain rocheux où d’autres sont passés avant nous avant de réaliser une chute fatale.

Au milieu des broussailles nous croisons un étrange animal peu farouche !

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Finalement, c’est en retournant sur le camp que nous pourrons approcher au plus près d’un oryx, les gazelles les mieux adaptées au désert.

Le temps libre avant le repas nous permet de remarquer la présence d’autres habitants du désert comme ces scarabées ultra rapides et des termites herculéennes surveillées de près par des oiseaux en quête d’un snack rafraichissant.

Après un déjeuner copieux et une petite sieste, nous repartons arpenter les environs.

Nous parvenons à débusquer les sentinelles du désert qui à travers un réseau de terriers et de galeries souterraines peuvent parcourir des centaines de mètres à l’abri.

Le plus souvent les écureuils du désert se déplacent ainsi d’arbres en arbres pour glaner fruits et feuilles en compagnie d’étranges gallinacés à la tête dégarnie.

La dernière sortie de la journée sera la moins fatigante, car c’est en véhicule tout-terrain que nous embarquons pour une ultime virée dans le désert.

Cela présente également l’avantage de pouvoir approcher plus près des gazelles qui ont moins de temps pour détaler lorsqu’elles nous voient arriver.

Nous admirons également des zèbres du Namib aux étroites rayures noires pour limiter l’exposition au soleil avant d’aller s’installer pour admirer le coucher du soleil.

Nous gravissons donc un monticule de roches pour profiter des derniers rayons de soleil sur cet univers si singulier.

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Les derniers feux du soleil semblent particulièrement à leur place dans cet environnement désertique à l’ambiance chaleureuse. Pourtant le retour au camp sera frais car sans les rayons de la journée, la chaleur du mercure tombe très vite au niveau du zéro. Sec toute l’année, chaud la journée et froid la nuit telles sont les conditions infernales du désert.

Samedi 10 août : L’ascension de  »Big Daddy » au milieu des dunes de Sossusvlei

Après avoir admirés une dernière fois le lever du soleil sur la réserve du Namibrand, nous reprenons la route (ou plutôt la piste) en direction du nord.

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La traversée de la partie sud et désertique de la Namibie est une épreuve du fait du climat mais surtout de l’état des routes (ou de l’absence de route). Ainsi, non seulement, seuls des véhicules tout terrain peuvent s’aventurer dans la région mais nous avons successivement croisé un 4×4 qui avait crevé de ses deux pneus mais quelques kilomètres plus loin, c’est la dépanneuse que nous avons doublé en panne sur le bord de la piste ! Nous n’y avons pas échappé puisque nous avons dû changer un de nos 6 énormes pneus.

Arrivés dans la zone protégée du parc national, le paysage change brusquement avec l’apparition de gigantesques dunes de sable qui culminent toutes au-dessus de plusieurs centaines de mètres.

Derrières ces géantes se trouvent l’océan Atlantiques mais ces masses d’eau sont masquées par des masses de sables.

Non loin du parking, nous avons la chance d’observer un petit troupeau d’oryx attirés par l’odeur de l’eau des touristes.

Nous embarquons dans un 4×4 pour nous enfoncer au milieu des dunes le long d’un circuit qui s’apparente à une étape du Paris-Dakar. Secousses garanties.

Nous sommes cernés par le sable qui de tout côtés dresse des murailles orange qui apparaissent infranchissables et semblent nous enfermer dans un piège de sable.

Approvisionnés en eau mais impressionnés par ces montagnes de sable, nous partons à l’assaut de la plus grande dune des environs surnommée « Big Daddy ».

La première partie bien que en pente légère annonce les difficultés qui nous attendent à randonner car le sable se dérobe sous nos pieds lorsque nous prenons appuis pour avancer.

Heureusement le paysage est enchanteur et les premiers membres du groupe nous servent de lièvres pour nous encourager à avancer.

Nous arrivons bientôt sur une première ligne de crête d’un versant de la dune qui nous offre des vues encore plus belles des environs avec des panoramas stupéfiants.

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Quelques photos le temps de reprendre son souffle et nous repartons de l’avant en poursuivant cette ascension infernale : un pied après l’autre dans le sable brûlant.

A chaque fois que nous parvenons au sommet de notre arête une nouvelle crête se présente devant nous. La voie du sommet semble sans fin !

Alors pas le choix, nous faisons des haltes autant pour récupérer notre souffle que pour profiter des incroyables panoramas sur les croûtes de sel que les mers de sable qui nous entourent.

A nos pieds, des fourmis furtives et des scarabées agiles semblent glisser sur le sable qu’ils gravissent bien plus rapidement que nous alors que leur pattes sont minuscules comparées aux nôtres. A ne rien y comprendre.

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Enfin ça y est, non pas que nous soyons arrivés mais cette fois-ci le sommet est à portée de vue et après un nouvel effort de nous.

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Notre récompense nous attend, une vision à 360° sur un océan de dunes parcourues de vagues de sable et parfois entrecoupées d’îles de sels.

Les appareils crépitent car perchés à 800 m de haut sur la plus haute dune du monde, le panorama est fantastique au loin et vertigineux à nos pieds.

Quelques clichés supplémentaires pour vous immerger…en notre compagnie :

Mais passons aux choses sérieuses, il nous faut maintenant redescendre ce mur de sable de plusieurs centaines de mètres qui nous apparaît comme une piste de ski rouge.

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Oui nous sommes les petits points tout la haut !

C’est parti, en courant plus ou moins vite, car nous nous enfonçons plus ou moins profondément dans le sol mouvant, nous dévalons la dune bien plus vite que nous l’avons escaladé.

Nous pouvons ainsi apercevoir des lézards qui s’enfoncent instantanément dans le sable lorsqu’ils nous voient surgir vers eux.

Nous atterrissons sur une croûte de sel qui forme pour la première fois un sol dur sous nos pieds.

Après avoir fait un peu de ménage dans nos chaussures et nos chaussettes ensevelies sous les grains de sables nous partons traverser ce nouvel univers dépaysant.

La croûte de sel est totalement incongrue au milieu des dunes de sable qui encerclent cet ancien lac salé hérité de la proximité de l’océan.

Le plus curieux encore est le surgissement de dizaines de troncs d’arbres nus au milieu du pan de sel.

Nous voici dans l’univers singulier du deadvlei.

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Ces arbres morts il y a 900 ans ne pourrissent pas car ils sont trop secs pour cela.

En effet, la croûte de sel renvoie terriblement les rayons du soleil qui nous aveuglent alors que le paysage est incroyablement photogénique.

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Nous parcourons ainsi le « marais mort » dans une ambiance surréaliste où on se demande quelle est la prochaine bizarrerie que nous allons rencontrer.

En fait, il s’agit plutôt d’un petit compagnon qui nous suivra sur une partie du chemin du retour après être sorti du pan de sel : un lézard.

Après plus de 3h de randonnée, nous ressortons exténués mais émerveillés de l’immersion dans un univers si particulier.

Pour patienter jusqu’à l’arrivée de tous les membres de notre groupe nous admirons les croissants de dunes qui nous encadrent.

Après un repas pris en bonne compagnie tant la nourriture est un bien précieux dans cet univers de désolation envoûtant, nous reprenons la route au milieu du désert pour rejoindre notre prochain campement.

C’est donc sous un nouveau coucher de soleil magnifique que nous dressons notre tente avant de manger sous un ciel étoilé pour conclure notre expérience immergée dans l’univers si particulier du désert nambien.

 

2 commentaires sur « Episode 12 : Au cœur du désert du Namib »

    1. Big Daddy, pire ascension que votre treck sur l’Everest, pourtant que 800 mètres de dénivelé.
      Mais des photos surréalistes et éclatantes de couleurs.
      Magnifique.

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