Après avoir vadrouillés plus d’un mois en couple à travers les paysages multicolores de l’Afrique du Sud, nous nous apprêtons à découvrir un nouvel univers du voyage : l’aventure en groupe pour pouvoir accéder aux mondes les plus reculés de l’Afrique Australe. Attachés vos ceintures avec nous pour cette nouvelle expérience de 7000 km à parcourir en 24 jours !
Samedi 3 août : Survoler Le Cap
Bien que nous ayons quartier libre pour débuter notre voyage organisé, nous courons après la montre ce matin car après avoir rendu notre voiture de location, rejoint notre charmant hôtel du Cap, nous cherchons un service de laverie faut de quoi il nous faudra poursuivre notre aventure sans un vêtement propre.

Finalement, nous sommes à l’heure au rendez-vous pour rencontrer nos compagnons d’aventure et les deux guides : Christopher et Duncan qui nous accompagnerons tout le mois d’août à travers l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana et le Zimbabwe. Nous découvrons par la même occasion le camion 4*4 aménagé à cet effet pour nous rendre à notre première activité : l’ascension de la Tête de Lion. Il s’agit d’un prolongement isolé du Massif de la Table qui culmine à 660 m à quelques encablures du littoral sur lequel il offre des vues panoramiques plongeantes.

Les débuts de l’ascension sont plutôt aisés avec un étroit chemin de randonnée qui nous offre pourtant déjà de très beaux points de vue sur les horizons à 360° autour du massif que nous escaladons en le contournant.
Le terme est d’ailleurs bien choisi puisque bientôt la piste s’élève, se remplit de roches qui nous barrent le passage tandis que la pente devient franchement raide nous forçant sur la deuxième partie du trajet à redoubler de vigilance. A mesure que la marche devient vertigineuse, les belvédères nous offrent des plongées saisissantes sur les environs.
Après avoir empruntés des échelles, collés les parois pour se rassurer quant au vide (pour ma part), il nous faut maintenant monter avec les mains en s’accrochant aux pierres et aux poignées de métal installées.
Nous parvenons ainsi au-dessus des nuages ! pour des vues toujours plus fantastiques.
Toutefois dans la dernière partie de l’ascension réellement vertigineuse, je me contente de regarder mes pieds avant de pouvoir savourer le panorama magnifique offert par le sommet.
Nous survolons littéralement la ville du Cap et prenons bien la mesure de sa position lovée au pied de la montagne de la Table qui l’enserre jusqu’à l’océan Atlantique qui se découpe en plusieurs petites plages aux couleurs d’îles paradisiaques.


Nous découvrons également la chaine de sommets surnommées les Douze Apôtres qui enferment le littoral de la péninsule du Cap dans une étroite bande côtière.

Les clichés se multiplient mais sans parvenir vraiment à capter la magie des lieux et les fantastiques paysages surplombés qui s’offrent à nous marient harmonieusement montagne, plage, océan et mégalopole.
Nous apercevons également le téléphérique qui hisse habituellement les touristes au sommet de la montagne de la Table bien qu’il soit en maintenance cet été pour plus d’un trimestre.


Après une heure à jouir de notre position surplombante privilégiée, nous entamons avec plus de prudence et de souffle la descente qui offre des passages réellement impressionnants.
Lors de notre parcours de 7km à travers les pierres, nous nous sentons observés par des damans des rochers, sorte de marmottes de la famille des éléphants (si, si !).
Quelques arrêts ponctuent le retour pour ralentir le rythme et toujours profiter des vues qui nous entourent. On ne s’en lasse pas !

Après l’effort, le réconfort car nos guides nous font découvrir un restaurant africain traditionnel qui nous fait déguster une dizaine de plats originaires de toute l’Afrique dans une ambiance chaleureuse ponctuées de danses, de chants et de masques.
Dimanche 4 août : Tour de table de la péninsule du Cap, bis
Ce matin nous partons à la redécouverte de la péninsule du Cap puisque nous redécouvrons la superbe route panoramique de Chapman’s Peak pour rejoindre le parc national du Cap.
Arrivés à l’extrémité de la côte, nous réalisons une deuxième fois l’ascension de la pointe du Cap sous un plus grand soleil que la fois précédente ce qui nous offre ainsi de plus belles couleurs.
Le sommet du Cap nous offre également de beaux points de vue sur le cap de Bonne Espérance réellement moins impressionnant que son voisin bien que beaucoup plus célèbre.
Nous randonnons au bord de cette côte abrupte et déchiquetée qui nous offre de belles vues face à la mer mais aussi face à la terre.

Nous parvenons ainsi presque jusqu’à la pointe de ce finistère qui vient plonger dans deux océans qu’il sépare : l’Atlantique de l’Indien.
Si autruches et babouins reste bien cachés derrière les pierres, une souris à bande se fraye un chemin devant nous en essayant de ne pas se faire repérer. Raté.
Nous rejoignons maintenant le Cap de Bonne Espérance en longeant les criques qui semblent nous donner à voir des otaries joueuses. Mais à bien y regarder de plus près, il s’agit en réalité de surfeurs peu frileux car avec nos manteaux nous n’avons pas chaud alors dans ces eaux qui atteignent à peine 14°c la motivation doit primer.
Bientôt c’est une autruche qui attire notre regard, marchant sur la lande légèrement fleurie en quête de petits lézards à ronger.
Arrivés sur les falaises du deuxième Cap, nous plongeons nos regards dans ces eaux aux magnifiques camaïeux de bleus qui invitent à la baignade.
Toutefois les rafales de vents nous ramènent bien les pieds sur terre surtout lors de la descente jusqu’aux plages des galets en contrebas.
Alors que nous parcourons la côte est, nous tombons sur une clique de babouins en train de pouponner tranquillement en bordure du littoral mais à l’abri du vent.
Un arrêt à Simon’s Town sur la route du retour nous permet de revoir une petite colonie de manchots du Cap installés confortablement sur des rochers battus par les flots.
Les palmipèdes paraissent particulièrement maladroits le pied à terre alors que quelques secondes auparavant ils semblaient si à l’aise dans l’eau. Ainsi ceux qui ont atterrit en bas des rochers peinent à trouver leur chemin pour se faire une place au soleil sous l’œil rieur des mouettes qui ne semblent pas gouter ni les méduses luminescentes ni les chenilles fluorescentes.
Pour conclure une journée bien remplie nous réalisons une halte dans le temple de la viticulture sud-africaine à savoir la plus grosse exploitation commerciale de la région du Cap : Groot Constantia dont les vignes sont tricentenaires malgré une histoire mouvementée.
La dégustation de 6 bouteilles du cru est une agréable occasion de nouer davantage connaissances entre les 17 participants au voyage qui s’élanceront demain dans la véritable aventure.
Lundi 5 août : En route à travers le désert du Namaqualand
C’est sous un ciel chargé et pluvieux que nous entamons véritablement notre périple en prenant la route direction plein nord pour rejoindre le Namaqualand (région frontalière de la Namibie).
Très rapidement deux arrêts l’un programmé, l’autre non, nous stoppent au début des 450 km à parcourir aujourd’hui. Si le premier nous donne l’occasion de dire adieu à la Cité mère de l’Afrique du Sud sous un épais brouillard depuis une plage, le deuxième est contraint par une panne, vite réparée par nos deux chauffeurs après avoir renversés la gueule du camion. Impressionnant mais efficace !
Au fur et à mesure que nous roulons vers le nord pour rejoindre des régions semi-désertique, le ciel s’assèche et les zigzag nous conduisent à travers un paysage de garrigue de plus en plus dénudé.
Enfoncés au cœur du Namaqualand, la région d’une minorité (les Nama) qui ont donné leur nom au pays voisin (la Namibie), nous atteignons en soirée un gigantesque hôtel de béton glacial mais confortable non loin de la ville de Springbok où nous ferons nos courses le lendemain matin.
Mardi 6 août : En canoë sur l’Orange River, 1ère partie
La journée commence par du shopping afin de faire le plein de provision pour les jours suivants et il faut prévoir pour nourrir 17 personnes dans une région très peu peuplée et reculée où nous nous rendons. Ainsi après 1h d’approvisionnement et deux heures de route, nous atteignons la frontière namibienne dans un paysage rocheux.
Après un passage sans encombre du poste de douane, notre itinéraire nous offre la vision d’un pays beaucoup plus déshérité que l’Afrique du Sud. Au milieu d’un environnement devenu vraiment désertique, les couleurs vives d’une voiture américaine des années 30 abandonnée non loin d’une station service nous plonge dans une atmosphère surannée de vieux film de l’ouest américain.
De temps en temps, des vignes et des cabanes jalonnent les bords des routes qui s’alignent à l’infini jusqu’au camping où nous devons démarrer notre excursion en canoë.
Ainsi après avoir découvert le mode de vie communautaire du séjour en camping avec des groupes pour cuisiner à tour de rôle, nous rejoignons l’Orange River qui s’écoule en contrebas. Ce fleuve est l’artère vitale de la province puisqu’il représente la seule source d’eau des environs créant une oasis de verdure sur tout son cours long de 2200 km au milieu de paysages désertiques.
Il n’est donc pas étonnant que la vie grouille sur ses berges à commencer par les cormorans et les hérons qui vont nous accompagner durant les deux prochains jours.
En effet, il est temps d’embarquer à bord de nos canoës car 12 km nous séparent de notre campement du soir. La balade se déroule sur des eaux tranquilles, sous un soleil chaleureux, entre des berges tantôt rocheuses tantôt marécageuses en compagnie d’une foule de volatils qui nous précède à tire d’aile.
Tandis que le soleil commence à décliner derrière les falaises qui se font de plus en plus hautes, les bras commencent à être lourds. Une plage de sable nous accueille alors comme un havre de repos bienvenus.
Ce soir nous campons à la belle étoile ! Alors rapidement après s’être changés, nous installons nos duvets sur notre couverture de survie et nous nous rassemblons autour du feu de camp pour profiter d’un moment chaleureux dans tous les sens du terme.
Autour de nous un paysage particulièrement paisible nous offre ses charmes discrets. Si loin de l’agitation du monde et si proche des beautés de la nature…
Nous échangeons autour de la popote dans un mélange de français et d’anglais avant de déguster des spaghettis bolognaises et de profiter d’une belle veillée.
Il suffit de s’éloigner de quelques mètres du foyer pour profiter de la profondeur de la nuit et du magnifique ciel étoilé qui nous offre la splendeur de l’éclat de la voie lactée.
Seule angoisse du moment aurons-nous assez chaud cette nuit car si le soleil tape en journée dès qu’il se cache le fond de l’air est frais, très frais. 2°C au cœur de la nuit ! Heureusement, polaire et bonnet nous tiendront au chaud.
Mercredi 7 août : En canoë sur l’Orange River, 2e partie
Couchés tôt, levés tôt au rythme du soleil, ses premiers rayons nous offrent de magnifiques couleurs chaudes sur la paroi qui nous fait face.
Une véritable carte postale de l’été indien canadien.

Et tandis que les cormorans se réchauffent au soleil, nous faisons de même pour désengourdir bras et jambes avant de reprendre nos embarcations pour glisser sur l’Orange river.
Les paysages offerts par les reflets immaculés du fleuve sont magnifiques mais bientôt le courant s’accélère et les rochers jalonnent le cours d’eau pour former de petits rapides dont tout le monde ne sortira pas indemne avec de mémorables ploufs et des bleus marquants.
Heureusement plus de peur que de mal mais cela nous laisse le temps de nous dégourdir les jambes et de nous reposer les bras qui commencent à chauffer pendant que tous les plongeurs reprennent leurs esprits.
Nous reprenons notre parcours au fil de l’eau pour encore une dizaine de kilomètres toujours aussi enchanteurs.
Finalement nous accostons sur une berge sablonneuse abritée pour faire une halte et déjeuner en compagnie de chevreaux curieux et dans un cadre bucolique que je pars explorer un peu à pied.
Quel décor !
Après avoir repris des forces mais aussi le ventre lourd nous entamons la dernière partie des 38 km pour conclure une magnifique balade en canoë. Toutefois les derniers kilomètres se sont fait sentir d’autant qu’on a cru être arrivés plusieurs fois avant de débarquer définitivement. C’est le prix des lieux peu touristiques.
C’est dans un bus centenaire que nous avons fait la route du retour dont les paysages arides contrastaient avec la luxuriance des berges parcourues depuis deux jours.
Après avoir montés le camp et profités d’une douche chaude (pas pour les filles) salvatrice, chacun a vaqué à ses occupations pour profiter du quartier libre avant le repas du soir. J’en ai profité pour aller admirer le coucher de soleil sur l’Orange River qui nous a offert notre première véritable expérience d’immersion au cœur de la vie sauvage du séjour.
PS: merci à Mathias Schulze et Davide Samore pour les photos de groupe.
Ahhh
C’est toujours passionnant ces histoires et ces magnifiques photos…
Par contre lors de ces safaris de groupes est ce que c’est comme koh Lanta et il faut en éliminer 1 tous les soirs ??😜😜😜
Les membres de la tribu ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable !
Et donc
Le perdant doit être abandonné dans la jungle 😜😜😜
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Même pas, heureusement car l’étape d’après c’était le désert !!!
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