Après avoir explorés la cité du Cap, nous allons élargir nos horizons aux alentours aussi riches que variés de la mère des villes sud-africaine. Au programme consistant de ces trois jours de ballades dont le thème commun est l’espérance : les vignobles et l’espoir des premiers colons de s’implanter dans ces riches terres, le nôtre de voir des baleines et des pingouins dans de stations balnéaire réputées, celle d’un Cap devenu mythique pour les navigateurs et enfin celle d’un Homme qui passa un quart de sa vie en prison dont la terrible Robben Island. En espérant que cela vous plaise…
Mercredi 31 juillet : Stellenbosch, vallée viticole prospère
Ce matin nous quittons la métropole du Cap pour nous mettre au vert dans les célèbres vignobles de la région. En chemin nous traversons des bidonvilles mais aussi les récentes maisons construites par l’ANC pour tenter de réduire ces habitats informels.
Nous faisons une première halte à Stellenbosch qui est le centre agricole du pays et possède de nombreux bâtiments qui témoignent de son riche passé colonial. En effet, nous sommes ici au cœur de la première et principale vallée agricole investie par les pionniers en provenance de Hollande au XVIIe siècle. On retrouve d’ailleurs, la trace de ce passé à travers la forme des toitures des plus anciennes bâtisses.
De même, on peut lire la suite de l’histoire de la région à travers les maisons de style géorgienne qui témoignent de la victoire de l’Empire britannique sur les colons hollandais forcés à migrer à l’intérieur des terres vers la région de Johannesburg.
Ces différentes étapes d’occupation de la région sont confirmées par la visite d’un musée qui propose l’exploration de quatre anciennes habitations de la ville restaurées dans leur intérieur d’origine. Nous commençons par la plus ancienne, hollandaise donc, qui date des années 1690. Nous y retrouvons une maison paysanne qui se distingue par les outils agricoles, la cuisine avec son cellier souterrain et son grenier ainsi qu’une belle chambre qui témoigne de la vocation agricole des premiers colons.
La deuxième date du milieu du XVIIe siècle et a été construite par un marchand allemand. Elle illustre l’arrivée de nouveaux colons en provenance de toute l’Europe du nord protestante car l’établissement hollandais du Cap dirigé par la compagnie des Indes orientales cherchait à développer et pérenniser sa présence notamment par une main d’œuvre suffisamment nombreuse pour les travaux des champs mais aussi le développement d’une petite société locale. En effet, la colonie devait être capable de s’imposer face aux peuples locaux et de fournir le ravitaillement nécessaire au commerce entre l’Europe et l’Asie. La maison montre d’ailleurs la constitution d’une classe plus aisée par un confort plus important et la taille des pièces.
Nous arrivons ainsi aux deux dernières habitations qui sont de style victorien et datent du milieu du XIXe siècle. Elle témoigne de la prise de contrôle des lieux par les Britanniques qui installent à demeure un gouverneur.
L’architecture d’ensemble, le raffinement de la décoration (le papier peint) et la richesse du mobilier montre le développement de la région, le niveau de développement des Anglais (une des premières douches inventées) tout autant que l’importance de la personne qui y logeait.
Suite à cette plongée dans l’histoire de la région, nous poursuivons notre virée temporelle en rejoignant Franschoek qui comme son nom l’indique en boer est le coin qui accueillit des colons en provenance de France il y a plus de 300 ans. De ce fait c’est aussi le cœur viticole de l’Afrique du Sud puisque les Français ne sont pas venus les mains vides, ils ont apporté leur savoir-faire traditionnel d’ailleurs recherché par le gouverneur du Cap pour approvisionner la ville.
Mais commençons par le début, la ville est étonnement sereine d’ailleurs nous n’avons vu aucune personne chargée de surveiller les voitures stationnées contre une obole ni de barbelés protégeant les riches demeures : une exception en Afrique du sud. La ville, quant à elle, est tournée vers ses origines françaises et le tourisme vinicole à travers les nombreux domaines qui l’entourent au nom français nostalgique : la Bourgogne, la belle Provence, la Cabrière, la Champagne etc…
Pour en apprendre davantage sur nos lointains ancêtres, nous parcourons le musée du village qui retrace l’odyssée de ses colons venus de France. Le premier bâtiment semble aussi ancien que l’histoire qu’il raconte et accueille un joyeux bric-à-brac d’objets témoins de ce qu’il raconte. C’est l’annulation de l’édit de Nantes par Louis XIV qui déclenche l’émigration de milliers de protestants Français dans les pays protestants Européens mais aussi outre-mer en Amérique et une toute petite minorité sur les côtes d’Afrique du Sud.
Ces 300 Français s’installèrent ensemble dans une plaine encaissée entre des montagnes autrefois havre de paix privilégié des éléphants pour élever leur progéniture. Ils développèrent une agriculture de subsistance et plantèrent des vignes pour le commerce. Passées les premières années difficiles où la faune africaine abondante à pallier les maigres récoltes, ce fut un grand succès.
Pour conclure ce cours d’histoire en français dans le texte s’il vous plait, nous faisons un saut au mémorial huguenot et au petit musée du parfum, influence culturelle française oblige.
Nous apprécions le charme du lieu malgré la grisaille autour d’un muffin avant de prendre la route pour rejoindre le soleil resté sur le littoral méridional.
En effet, nous ressortons de la région viticole via une passe à travers le relief pour retrouver l’Océan Indien à Hermanus, charmante station balnéaire réputée comme étant la capitale de l’observation des baleines en Afrique.
Nous profitons du beau temps retrouvé et du splendide littoral rocheux pour nous dégourdir les jambes sur le sentier des douaniers d’où l’on peut espérer repérer quelques uns de ces cétacés. D’ailleurs, la ville possède son crieur de baleine officiel, chargé d’arpenter le littoral à la recherche d’une baleine pour prévenir les touristes, autrefois les pêcheurs.
Faute de mieux, nous y admirons une mer assez agitée dominée par une colonie de cormorans mais également de drôles d’animaux encore inconnus jusqu’à présents qui gambadent de rochers en rochers et presque sous nos pieds.
Ces étranges boules de poils qui semblent particulièrement affectionner les capots de voiture sont des damans (cousins africains de nos marmottes). Ils sont très curieux et lestes bien qu’ils aient l’air pataud avec leurs pattes très courtes.
Cherchant les derniers rayons du soleil pour se réchauffer, ils n’hésitent pas à partager l’affiche avec nous en escaladant les murets.
La ballade est très pittoresque tandis que le soleil couchant donne de magnifiques reflets bleutés à l’océan.
Jeudi 1er août : Hermanus, capitale des baleines franches australes
N’ayant pas eu de chance à terre, nous décidons de tenter notre fortune en mer pour tenter d’observer quelques baleines, les plus nombreuses étant les baleines franches australes. A bord d’un navire touristique, nous longeons le littoral où les cétacés migrent durant l’hiver et le printemps austral pour se reproduire ou mettre bas le bébé conçu l’année précédente.
Justement après une demi-heure de navigation, nous apercevons un premier spécimen au loin mais qui ne semble pas intéresser le capitaine à la recherche d’un groupe de 8 animaux repérer la veille. Finalement, quelques minutes plus tard, nous tombons sur un baleineau et sa maman côte à côte.
Nous pouvons davantage observer le petit qui doit prendre chaque minute sa respiration à la surface alors que l’adulte qui l’accompagne passe le plus souvent de longues minutes en plongée pour se nourrir de krill.
Il s’agit d’une baleine franche australe sans nul doute car elle possède des callosités sur la tête qui sont occupées par des crustacés sans que l’on sache aujourd’hui quel est leur rôle pour le cétacé. Le petit en possède lui aussi mais elles se développent avec l’âge sachant qu’il peut espérer vivre plus d’un siècle.





Ainsi en grandissant le petit baleineau atteindra plus de 18 m de long pour 80 tonnes et possèdera le plus grand pénis du règne animal (1 tonne tout de même). Sur ces considérations anatomiques données par notre guide, nous ne cessons d’observer le balais aquatique formé par le petit et sa mère qui ne cesse de plonger à un rythme décalé.
Il nous faut attendre la mère pour mesurer les dimensions impressionnantes d’une des plus grosses baleines des océans et pouvoir observer sa queue lors de ses efforts pour plonger en profondeur.
Ouahhh !


Finalement après une heure à les observer nous les laissons à leur repas et regagnons le port d’Hermanus.
Nous reprenons ainsi notre ballade interrompue la veille pour profiter de paysage semblable sous un soleil éclatant qui donne des couleurs vives à un magnifique bord de mer découpé.
Nous pouvons y retrouver les vagues qui nous ont tant fait tanguer en mer et le cœur de Julie avec…
Les damans sont également fidèles à leur poste surtout qu’un petit groupe de grand-mère est venu les mains pleines de pommes et de carottes faisant sortir les petites bêtes de derrière les rochers où elles ont l’habitude de gambader et d’escalader.
En réalité, ces étranges marmottes joufflues ont pour plus proches parents les éléphants !!! bien que leur taille soit quelque peu réduite… par rapport à leurs grands cousins.
En toile de fond, nous profitons des magnifiques paysages marins qui donnent un air balnéaire à notre tournée sud-africaine.
Après ce bol d’air iodé, nous reprenons la route pour rejoindre Simon’s town une autre station balnéaire prisée, hier par les tuniques rouges anglaises, aujourd’hui par les touristes aisés d’Afrique du Sud. En effet, l’ancienne ville à la riche architecture coloniale est aussi réputée pour ses résidents palmipèdes.
Ainsi, on trouve juste après le port militaire une énorme colonie de pingouins africains aujourd’hui menacés puisqu’on compte aujourd’hui 25000 couples en tout et pour tout sur la côte ouest de l’Afrique Australe.
10% d’entre eux ont élu domicile sur ces quelques centaines de mètres de plage que nous arpentons sur des pontons de bois pour limiter la gène occasionnée par les touristes qui viennent voir ces curieuses créatures.
La majorité d’entre eux est échouée sur le sable où elle bronze et dort en même temps. Toutefois certains déambulent maladroitement, de façon comique, pour aller « plumicher » leur petit présentement presque plus gros qu’eux à force d’être nourri sans effort.
Les plus rigolos restent ceux qui sortent de l’océan Atlantique pour aller se sécher sur la plage tant le contraste est grand entre leur aisance sous les flots et le moment où ils posent pied à terre et marchent de leurs courtes pattes palmées sur l’estran jusqu’au rocher.
Nous prenons un peu de recul par rapport à ces eaux sublimes pleines de pingouins et de mouettes pour faire le tour de la colonie de pingouins située entre les rochers de Boulder’s.
Un magnifique moment partagé avec ces créatures attachantes mais malheureusement elles aussi menacées de disparition par le réchauffement climatique qui en augmentant la température de l’eau raréfie leur source de nourriture : les petits poissons.

Finalement nous posons nos valises sur les collines de la ville en profitant d’une magnifique vue sur l’océan dans lequel le soleil vient s’échouer.
Vendredi 2 août : Robben Island sous l’étoile du Cap de Bonne Espérance
Bien qu’il soit 7h passé lorsque nous démarrons la journée, le soleil n’est pas encore sorti des eaux dans lesquelles il a plongé la veille. Et tandis que nous sortons tout doucement de la pénombre lors de notre trajet vers le sud, nous arrivons ainsi pour assister au lever du soleil sur la pointe du Cap qui jouxte son voisin célèbre de Bonne Espérance.

En chemin dans le parc national protégé de la péninsule du Cap nous sommes observés par le plus grand oiseau terrestre : une autruche qui comme ses congénères se plait le long de la côté méridionale de l’Afrique du Sud. Nous ne nous risquons pas à sortir de la voiture car la bête de 130 km peut courir jusqu’à 60 km/h et arracher un rétroviseur d’un coup de bec bien senti. Il y a quelques décennies, les locaux organisaient d’ailleurs une course montée sur ces oiseaux.
Nous laissons ces drôles de montures occasionnelles pour aller nous balader jusqu’à l’extrémité de la pointe du Cap. Si la pente est raide, elle est courte et nous conduit jusqu’au phare installé au début du XVIIIe siècle par les britanniques quand ils prirent possessions de la colonie hollandaise du Cap à l’occasion des guerres napoléoniennes.
Ainsi perchés au pied de l’avertisseur lumineux, nous y découvrons des points de vue exceptionnels sur la côte doublée pour la première fois par un Européen en 1598. Vasco de Gama fut l’explorateur qui découvrit cette pointe qui n’est pas la véritable extrémité sud du continent africain mais le signal que le passage existe.
Nous profitons des vues spectaculaires sur les falaises à travers un labyrinthe de belvédères qui ne cesse de nous faire découvrir de nouvelles perspectives sur ce cap mythique. Nous avons l’impression d’être au bout du monde d’autant plus que nous sommes absolument seuls !!! dans ce lieux pourtant réputé.
Nous débusquons un petit sentier qui relie le 2e phare situé sur les tous derniers rochers de la pointe du Cap. Nous sommes maintenant les pieds entre deux océans puisque à notre gauche, donc à l’est s’étend l’océan Indien et à notre droite en direction de l’ouest l’océan Atlantique.
C’est la conjonction de ces deux océans où se rencontre deux courants océaniques majeurs qui a créé l’ensemble floristique unique du Cap que nous avions découvert au jardin Kirstenbosch.
Place maintenant au cap le plus célèbre, Bonne Espérance, bien que sur place il se révèle bien moins impressionnant que la pointe du Cap. Pour l’atteindre, nous rebroussons chemin jusqu’au parking puis bifurquons sur le littoral atlantique en longeant les falaises qui s’ouvrent sur de merveilles criques malheureusement encore dans l’ombre à cette heure matinale.
Pour ne pas détériorer la fragile végétation littorale, sans cesse, comme nous, battue par les vents, nous parcourons ce sentier sur une passerelle de bois d’où nous pouvons repérer quelques élans du Cap et des damalisques à front blanc qui comme nous profitent du calme régnant.
Après une petite grimpette sous le vent sur les rochers, nous atteignons le fameux Cap de Bonne Espérance. Face à nous se dresse le dernier continent l’Antarctique et derrière nous à 9200 km : Paris.
Allez il est temps de faire demi-tour car nous avons rendez-vous à 13h au Cap et nous voulons profiter de la route panoramique pour nous y rendre. En effet après avoir retraversés Simon’s Town et ses pingouins, nous retrouvons Hout Bay pour emprunter la Chapman’s Peak, une route littorale réputée comme une des plus belle du monde.
Effectivement, les premiers belvédères donnent à voir des eaux d’une couleur enivrante qui donne une irrépressible envie de se baigner alors même que la température de l’eau ne dépasse les 15°C du fait des courants marins en provenance de l’Antarctique.
Nous continuons à nous élever pour serpenter à flanc de falaise coincés entre des pics abrupts et l’océan à la manière d’un rallye corse.
Après avoir atteint Chapman’s Peak, nous entrons dans la baie de Hout bay qui dévoile son magnifique écrin bleu marine encadré par le massif de la Table.
Nous poursuivons notre chemin en suivant le littoral d’un beau bleu jusqu’au port du Cap afin de prendre le bateau. Après nous avoir un peu perdu dans les quai du Victoria et Albert Waterfront, nous embarquons à bord d’un navire pour rejoindre le site historique emblématique de la ville.
En effet, après avoir profités du cadre offert par les différents ports du Cap : touristique, halieutique, commercial, nous mettons le cap sur Robben Island.
Située à quelques encablures de la métropole sud-africaine, l’île qui à l’apparence d’un village insulaire de l’extérieure à en effet longtemps abrité une colonie pénitentiaire où depuis le début de la colonisation on y a déporté tous les indésirables : prisonniers hollandais (XVIIe s.), rebelles africains mais aussi des autres colonies hollandaises (XVIIIe s.), lépreux (XIXe s.), handicapés (première moitié du XXe s.) jusqu’aux opposants politiques de l’Apartheid à partir de la deuxième moitié du XXe siècle.
Un bus nous conduit à travers l’île pour nous montrer les vestiges de cette histoire tragique à travers le cimetière des lépreux, l’église du village des gardiens, la maison du gouverneur, la carrière du travail forcé des bagnards et évidemment les bâtiments de la prison.
Le plus émouvant reste ainsi la visite intra-muros des baraquements où furent emprisonnés les chefs de l’A.N.C. et des autres organisations luttant contre l’Apartheid par un ancien détenu. Les conditions et restrictions vécues pendant la détention font froid dans le dos d’autant plus que l’île est balayée constamment par le vent du large. Malheureusement, la partie la plus intéressante est très rapide et ne nous laisse pas le temps de lire l’exposition.
Nous terminons par l’iconique cellule de Nelson Mandela qui passa 18 ans de son existence dans ces 6m2 dépouillé de tout bien matériel mais y conserva ses convictions grâce à la force de son esprit. Aujourd’hui la carrière de pierre est un symbole du triomphe de la conscience humaine sur les injustices qu’on peut retrouver sur les billets de 100 R sud-africain tandis que l’île a été classée au patrimoine mondial de l’Humanité.
La traversée des quais colorés pour retrouver notre voiture nous permet de revenir dans le XXIe siècle dans lequel il est bon de se rappeler de cette leçon de résistance et de justice.

Trop bien la région du cap, nous on n’avait pas vu les baleines, elle étaient déjà reparties.
Par contre je ne connaissais pas le poids d’un penis de baleine ….
Impressionnant😜😜😜
Bonne route
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Quelle chance d’avoir fait la rencontre d’une baleine avec son petit.
C’est marrant toute cette bande de pingouins qui font leur petite vie sous le regard des touristes.
A plus. Gros bisous.
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Je viens comme d’habitude en vous lisant de passer un agréable moment. Toujours magnifique reportage on se laisse transporter par ces belles images continuer de nous faire voyager. Bisous à tous les deux .
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