Episode 9 : Cap à l’ouest

Nous voici à la croisée des chemins entre les deux principales métropoles sud-africaines puisqu’après avoir achevés notre road trip dans l’est sauvage sud-africain nous comptons mettre Le Cap à l’ouest avec de bonnes espérances pour la suite du voyage…

Dimanche 28 juillet : Le zoo de Johannesburg

Après un nouveau petit déjeuner so british très copieux et une toilette pour la voiture qui a bourlingué plus de 3500 km à travers l’est de l’Afrique du Sud, nous prenons la route pour boucler la boucle en rejoignant Johannesburg.  Si les trois cent cinquante premiers kilomètres se passent sans encombre, on a quelques frissons dans l’échine lorsque nous traversons le downtown de Joburg dans un sinistre état avec une circulation anarchique et des mendiants agressifs à tous les carrefours.

Finalement plus de peur que de mal et nous voici arrivés au zoo pour patienter jusqu’à notre vol du lendemain matin. Les primates sont particulièrement beaux mais ce sont les paons qui nous accompagnent à travers toutes les allées du parc.

On croise également une flopée de chats et d’écureuils qui vadrouillent d’un enclos à l’autre en quête de pitance. Les échassiers n’y prêtent pas attention et discutent entre eux d’un enclos à l’autre mais d’autres sont beaucoup plus méfiants.

Enfin ce qui semble principalement piquer leur curiosité c’est nous : tant ils nous observent passer d’un enclos à l’autre : ours, ouistiti et lémurien.

P1580850Principalement dédié à la faune africaine, le parc zoologique nous permet d’observer les spécimens qui se sont fait trop discrets à nos yeux dans la nature. Et les suricates sont beaucoup moins timides devant nos objectifs que dans le Kruger.

Nous retrouvons aussi le big five : lion, éléphant, léopard, buffle et rhinocéros blanc avec en prime le rhinocéros noir.

Les bêtes sont vraiment belles comme le Tigre de Sibérie qui est magnifique, ainsi que l’anaconda jaune. Par contre, les infrastructures du site sont plutôt vieillissantes.

P1580789Au rayon des animaux que nous n’avons pas pu voir dans la nature, on se venge en photographiant l’octocyon, un petit cousin du renard à l’ouïe fine, un chat à pied noir très difficile à observer car il vit dans les grottes et n’en sort que pour chasser la nuit mais aussi le caracal et trois espèces d’antilope : deux sortes d’oryx et le springbok.

Nous avons également pu mieux admirer des animaux rencontrés furtivement ou lors des safaris de nuit comme le ratel, la genette, l’outarde kori et la hyène rayée cousine de celle tachetée que nous avions vu.

Bref ce fut un bel après-midi en compagnie du monde sauvage même si nous l’avons préféré sans barreau durant les trois semaines précédentes.

Lundi 29 juillet : Le Cap sous la pluie

Levés et partis de l’hôtel avant le soleil, nous rejoignons l’aéroport O.R. Tambo de Johannesburg à travers les embouteillages quotidiens de la plus grande métropole sud-africaine dans un itinéraire plus rassurant que la veille. Voiture rendue et bagages dument enregistrés, nous nous envolons à l’autre extrémité du pays pour atterrir au Cap sous un déluge. Changement de climat après le soleil et la sécheresse nous voici dans le froid et sous la pluie. Nous endurons très bien les polaires que nous portions pour gagner de la place dans nos  sacs à dos.

Malgré la météo maussade, nous récupérons une nouvelle Renault, Sandero, cette fois-ci pour filer vers le réputé jardin botanique de Kirstenbosh. Sous une purée de pois, nous commençons à longer un magnifique green agrémenté d’ibis brouteur avec en arrière plan la montagne de la table noyée dans le brouillard.

La saison hivernale et le climat humide n’ont pas aidé à apprécier la splendeur reconnue du jardin botanique à l’anglaise mais nous avons tout de même pu découvrir plusieurs plantes typiques de la région du Cap de formes, de couleurs et de senteurs différentes.

En effet, la région du Cap est une des 5 grandes zones  floristiques mondiales. A titre de comparaison l’Europe, la Russie et l’Amérique du Nord en forme une seule à eux trois. Ainsi la région du Cap de climat méditérannéen comprend à elle seule 20% des espèces de plantes africaines !

Nous observons également avec curiosité une fleur à différents moment de sa floraison ! pour passer d’une boule verte à une belle fleur colorée.

Faisant fi de la pluie, de minuscules colibris viennent butiner les fleurs téméraires qui ont bravé l’hiver pour éclore même si d’autre préfèrent ne pas braver la tempête en restant à l’abri du couvert forestier.

En effet, nous arrivons à la passerelle montée à la cime des arbres qui offre par temps claire un beau panorama sur la célèbre montagne de la ville du Cap et son agglomération. L’ambiance est un peu différente pour nous et il est vrai que nous sommes peu habitués à rencontré la pluie en voyage ! C’est chose faite et c’est d’autant plus un comble que cela à lieu dans une région réputée comme étant dans une situation de grave pénurie en eau !

Nous poursuivons nos déambulations sur les petites allées qui nous transportent au milieu des cactacées puis au pied d’arbres centenaires et enfin sur des gazons impeccables : l’influence britannique pour sûr.

Le petit cours d’eau transformé en torrent d’eaux vives traversé, nous courrons nous mettre à l’abri dans la serre des plantes du désert. A défaut d’être au chaud nous y sommes au sec !

Des plantes rampantes, aux épines des cactus, en passant par les racines allongées et les troncs biscornus toutes les stratégies pour capter et économiser l’eau sont orchestrées par la nature et présentées devant nous !

Voilà qui conclut à contrepied notre arrivée au Cap ! Peut-être le soleil sera-t-il de retour demain ?

Mardi 30 juillet : Le Cap

Alors que le temps est plus humide encore que la veille, les nuages s’accumulant en provenance de l’océan dans l’étroite bande côtière coincée entre le Cap et la montagne de la Table qui la surplombe, nous suivons la route littorale sous des trombes d’eau et des bourrasques de vent. Cela n’empêche pas de percevoir la beauté de ce littoral même si nous n’avons qu’un aperçu sans rayon de soleil pour l’éclairer… A nos pieds les vagues se déchaînent !

Pour passer l’orage, nous filons au musée de l’Afrique du Sud qui nous présente en premier lieu une collection de fresques contemporaines de la grotte de Lascaux. On y retrouve les mêmes techniques de peinture et le même symbolisme des représentations : les animaux dont les Hommes espéraient s’approprier les qualités : puissance, rapidité, etc…

Une autre section du musée remonte plus loin encore dans le temps en présentant l’Afrique du Sud comme étant l’origine de l’humanité avec des restes d’Australopithèque vieux de 4 millions d’années et plus récemment les premiers groupes d’homo sapiens, il y a près de 200 000. En réalité, les chercheurs cherchent encore dans quelle région d’Afrique le berceau de l’humanité se situe.

En continuant à voyager à travers les âges de la planète, le musée présente une belle collection de dinosaures africains aux dents souvent longues !

Pour le reste le musée possède surtout une impressionnante collection de spécimens naturalisés de la faune locale. Si certains sont très ressemblant, d’autres sont plus curieux et valent le coup d’œil même s’il faut parfois chercher leur nom pour les identifier.

Trouverez-vous le nom de ces deux là ?

On fait également connaissance avec le Quagga aujourd’hui disparu car ce zèbre miniature a été exterminé par les premiers colons sud-africains en provenance des Pays-Bas. Face çà lui au contraire un poisson qu’on croyait disparu depuis 200 millions d’années mais qu’on a retrouvé vivant au large de l’Afrique du Sud. Un vrai dinosaure marin !

Nous passons ensuite dans la galerie des océans où nous identifions certains gros spécimens rencontrés au Canada et d’autres que nous ne sommes pas pressés de croiser en pleine baignade. L’expression des dents de la mer prend tout son sens !

Comme la pluie ne s’arrête pas de tomber, sans transition, nous nous rendons à l’aquarium voir ces mêmes créatures dans leur milieu. Enfin les plus petites seulement.

Passés les couleurs des poissons tropicaux,  nous atteignons les couloirs des créatures les plus singuliers entre crevettes transparentes, poissons monstres, crabe poilu, individus bioluminescents. La nature est prodigieuse d’inventivité sous toutes ses formes !

Nous faisons également la rencontre de vrais trognes presque au face ou expression quasi humanoïde, voyez plutôt :

Arrive alors la salle des pingouins qui affamés ou bien peignés nous offre un bon moment tandis que les grenouilles s’essayent à la planche sans succès !

Un peu plus loin ce sont les grands requins qui nous guettent à travers leur vitre en compagnie de mérous d’une taille suffisante pour ne pas être menacé par les squales. A cette occasion nous en apprenons davantage sur le métier de guetteur de requin et les drapeaux signalétiques. Tout un système mis en place pour pouvoir profiter des radieuses plages sud-africaines situées dans une zone particulièrement riche en requins (plus de 300 espèces). Toutefois leur nombre à chuter de 90% en une trentaine d’années du fait de la pêche et de la chasse.

P1590539Alors que la pluie s’est arrêtée mais pas le vent, nous en terminons et décidons de faire un tour dans le célèbre quartier coloré de Bo-Kaap. Centre de la communauté d’origine indonésienne venue s’installer au temps où leur région était aussi une colonie hollandaise comme commerçant (XVII-XVIIIe siècles) ou simple manœuvre au temps de la colonisation anglaise (XIXe siècle), les façades colorées ont été un moyen de protestation contre le système binaire et injuste (noir, blanc) de l’apartheid.

Ces marchands contribuaient ainsi à faire le lien avec la compagnie commerciale des Indes Orientales (hollandaise puis anglaise) entre l’Asie et l’Europe via l’Afrique du Sud situé au milieu de cette riche route des épices et autres porcelaines.

Et tandis que le voile de nuages dans le ciel commence à se déchirer nous décidons de tenter notre chance en gravissant un des trois sommets qui entourent Le Cap en nous rendant à Signal Hill. En son sommet nous pouvons voir son petit frère surnommé la tête de Lion.

En revanche la montagne de la Table reste embrumée dans les nuages. Au contraire de la ville du Cap qui se découvre vue d’en haut !

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Nous pouvons ainsi faire une magnifique lecture de paysages entre les différents quartiers qui s’étalent sous nos pieds : le downtown (centre-ville) plein de gratte-ciel, la zone portuaire, les banlieues résidentielles aisées et le quartier de loisirs autour du stade bâtit pour la coupe du monde 2010 tandis que les quartiers plus pauvres sont relégués en périphérie.

Voici un magnifique panorama qui conclut une journée commencée sous de bien sombres auspices et qui éclaire notre changement de Cap sous un tout autre jour !

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2 commentaires sur « Episode 9 : Cap à l’ouest »

  1. Toujours passionnantes ces aventures estivales, et ces super photos.

    Au cap, il font aussi beaucoup de vin avec des cépages français. On avait fait des dégustations à stellenbosch,

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