Après une première incursion au coeur du Drakensberg, nous poursuivons nos tentatives de randonnées dans un massif difficile à apprivoiser du fait du terrain sauvage et des aménagements rudimentaires. Pour ceux qui persistent, les beautés qu’il cache n’en sont que plus grandement appréciés !
Jeudi 25 juillet : Chemin de traverse à Cathedral Peak
Ce matin nous partons tôt pour être à l’ouverture du parc d’Ukhahlamba car nous avons l’objectif de réaliser l’ascension du principal sommet des environs Cathedral Peak : 10 km de montée pour culminer à plus de 3000 m. Mais avant toute chose il nous faut gratter notre pare-brise gelé ! Petit rappel que nous sommes en hiver… Pour ne pas rallonger notre randonnée nous ne retournons pas dans la voie de garage cabossée qui sert de parking public mais payons l’accès au Resort installé au pied des sentiers. En chemin nous retrouvons les antilopes du Cap croisées la veille.
Et c’est parti, nous passons la réception, la chapelle, surprenons deux biches au passage et nous nous engouffrons sur le sentier signalé en son point de départ : Cathedral Peak. C’est la dernière indication que nous verrons ! Ainsi malgré les magnifiques reflets du lac que nous longeons, nous avons manifestement pris une bifurcation non signalée et passons à côté de la randonnée phare du parc.
Lorsque nous le comprenons nous sommes déjà profondément enfoncés au cœur d’autres massifs géants et devant l’organisation désastreuse du parc et la beauté des paysages autour de nous, nous nous faisons une raison et décidons de suivre le sentier entamé en nous laissant surprendre par les lieux où il nous mènera.
Tandis que les petits oiseaux rient de nous, le sentier commence à s’élever sérieusement en même temps que nous approchons de la cordillère du Drakensberg qui balafre le centre de l’Afrique du sud du nord au sud.
Etant en plein hiver, de l’air frais nous rafraichis dans les montées et les paysages sont marqués par la rareté des précipitations comme dans tout le pays zoulou qui pour l’occasion se pare des couleurs des herbes sèches orangées du bush.
Nous suivons le cours d’une rivière qui nous sert de point de repère car notre sentier est de plus en plus masqué par la végétation dont la hauteur des herbes en arrive à cacher Julie quelques mètres en arrière de moi.
Le cadre, heureusement, reste lui sauvage et splendide avec une végétation aux couleurs variées du fait de la proximité d’une source d’eau et un mur rocheux vertigineux qui nous fait face.
Marchant à flanc de massif nous avons de très belles vues en levant les yeux vers les sommets et au-delà avec la lune qui trône fièrement en milieu de matinée et les rapaces qui ne cessent de nous accompagner depuis le début de notre séjour sud-africain.
Et au milieu coule une rivière.
Malheureusement après deux heures de marche sportive, une fois de plus, nous sommes contraints de faire demi-tour car le sentier prend fin abruptement devant un mur de pierre de deux-trois mètres et à moins de s’encorder nous ne voyons pas trop comment descendre sans risquer de se rompre les os.
Nous retrouvons les mêmes paysages majestueux sur notre route et au surprise un scorpion qui n’était pas là à l’aller !
Revenus à notre point de départ en début d’après midi donc spoliés d’une partie de notre journée de randonnée, nous décidons d’essayer un autre itinéraire court avec pour objectif d’aller cette fois ci jusqu’à son terminus.
Ainsi, nous nous enfonçons sous le regard médusé d’une jeune antilope dans un nouveau fond de vallée, entourés comme à chaque fois de magnifiques reliefs. Il est vrai qu’en deux jours nous n’avons croisé que deux autres groupes de marcheurs !
Malgré un nouvel obstacle imprévu, nous atteignons cette fois-ci notre objectif en étant aux pieds des Doreen falls pour qui la période faste est loin.
Nous n’avons plus qu’à rebrousser chemin pour achever une journée pleines de surprises mais qui malgré tous ses beaux panoramas offerts n’aura pas tenue toutes ses promesses puisque nous n’avons pu gravir le sommet du parc à cause du flou artistique qui règne partout. Frustrant.

Vendredi 26 juillet : Premiers pas au Royal Natal National Park
Ce matin nous poursuivons notre remontée vers le nord du Drakensberg pour atteindre un nouvel et dernier arc alpin qui accueille le plus célèbre des parcs de ces montagnes : le Royal Natal National Park ou Maloti en langue zoulou. Comme partout dans la région le trajet est haché par les nids de poule et les nombreux troupeaux de vaches qui errent à leur guise sur la route.
Nous sommes agréablement surpris de trouver un centre d’information ! Renseignement pris nous partons pour rejoindre « les chutes du tigre » que ne semble pas craindre les antilopes que nous croisons à l’orée du sentier.
Une fois de plus nous marchons avec de très abrupts massifs en arrière plan qui constituent une muraille infranchissable. Les montagnes du dragon constituent ainsi une frontière naturelle mais aussi officielle puisque de l’autre côté se trouve le royaume dans les nuages de son vrai nom : le Lesotho. Celui-ci est enclavé entièrement à l’intérieur de l’Afrique du sud et 80% de son territoire a une altitude supérieure à 1800 m.
Si nous n’avons pas prévu de rejoindre ces sommets qui pointent autour de 3000m, notre propre randonnée commence à franchement s’élever. Au milieu de terres récemment calcinées nous apercevons un troupeau d’élans du Cap décidément très à l’aise dans le milieu montagnard.
Même les fleurs semblent avoir pris la couleur du feu, mais heureusement les terres que nous traversons reverdissent déjà. Un coup d’œil dans le rétroviseur nous donne de belles visions sur la vallée que nous venons de traverser.
En revanche pour la chute d’eau : il n y en a pas plus en cette saison que de tigre en Afrique du Sud à cause de l’absence de précipitations depuis plusieurs semaines.
Après un retour plus rapide grâce au sens de la pente et un pique-nique, nous repartons randonnée pour trouver « le casque du policier » niché dans les montagnes.
Ainsi, cette fois-ci nous nous dirigeons vers le château d’eau de l’Afrique puisque un des sommets de la chaine du Drakensberg, nommé le Mont-aux sources par un explorateur français du XIXe siècle, donne naissance à trois des principaux fleuves du pays.
Face à nous la cordillère est réellement impressionnante et photogénique.
Nous poursuivons notre ascension sur les coteaux en herbes qui peu à peu font disparaître notre sentier de randonnées tandis que nous réalisons des lacets pour peu à peu nous rapprocher de la formation rocheuse en forme de casque que nous devinons au-dessus de nos tête dans le massif qui nous fait face.
Après avoir changés de versant en franchissant un cours d’eau nous arrivons au milieu du bush ensoleillé qui se pare de couleurs brillantes.
Soudain des cris retentissent et une cavalcade dans les hautes herbes qui atteignent maintenant notre tête nous mettent en alerte : une bande de babouins s’est enfouie plus en hauteur à notre approche.
Avec tout cela nous sommes presque au pied du casque de policier mais l’heure tardive nous pousse à ne pas aller plus avant. En effet annoncé en 5 km par un guide, la randonnée complète fait en réalité 13 km d’après le GPS ! Merci le visitor center !
Nous n’avons plus qu’à rebrousser chemin au milieu des babouins et des hautes herbes.
Encore quelques obstacles à surmonter et nous disons au revoir aux majestueux sommets qui nous toisaient.
Samedi 27 juillet : Royal Natal National Park
De retour dans l’écrin alpin après un petit déjeuner délicieux préparer par nos hôtes zoulous, nous partons pour une nouvelle journée de marche avec pour objectif d’aller au pied de la muraille de pierre qui obstrue de belle façon notre champ de vision.
Comme la veille le sentier démarre bien au milieu du bush avant comme la veille d’être ensevelis peu à peu par les broussailles plus ou moins piquantes. Un détour vers une chute d’eau ne nous donne pas plus de succès que la veille pour les mêmes raisons : le niveau d’eau est à son étiage.
Nous nous enfonçons toujours plus vers l’est en longeant une rivière qui prend sa source dans la montagne en suivant le chemin qui réapparait par intermittence.
Les rochers sur notre passage nous permettent des pauses salutaires dans cette succession d’ascensions qui collines après collines nous approchent des principaux pics.
Et après 2h30 de marche nous voilà sur un petit plateau au pied de massif qui culmine à plus de 1000 m au dessus de nos têtes. L’un d’entre eux, un peu plus à l’ouest fait d’ailleurs jaillir les 2e plus hautes chutes du monde de 937 m. Enfin quand il y a de l’eau ! Inutile donc de les chercher aujourd’hui.
A la place c’est notre sentier que nous recherchons activement car sur le plat, le bush s’épanouit avec de hautes herbes qui ne laissent plus percevoir aucun chemin entretenu. Nous franchissons donc cette zone en ratissant le plus largement possible afin de retrouver le début d’une piste. A défaut d’indication au sol, nous longeons les falaises de pierres.
Finalement après trois quart d’heure à l’aveugle et une pause pour profiter du cadre majestueux, nous débusquons un début de sentier !!! Nous ne sommes donc pas perdus ! Enfin, plus.
Il ne nous reste plus qu’à redescendre dans la vallée qui s’étale à perte de vue devant nous.
Nous effectuons le dernier tronçon en compagnie de babouins qui comme la veille se repaissent des pousses vertes qu’ils trient soigneusement avant de déguster.
Ainsi nous en terminons avec les randonnées dans les massifs du Drakensberg qui nous laissent un sentiment partagé. Si les paysages valent assurément le coup d’œil et un écrin de choix pour découvrir des panoramas spectaculaires, les lacunes dans l’information et l’entretien des sentiers rendent laborieux les randonnées et cela est compliqué d’en profiter pleinement.

Des aventuriers qui se perdent, dans la brousse, franchement on a jamais vu ça 😜😜😜.
Docteur Jones il va falloir s’améliorer au deuxième trimestre…
Bonne route et encore bravo pour ces paysages sauvages …
J’aimeJ’aime
Belles vues panoramiques au pays zoulou.
Bises à vous deux.
J’aimeJ’aime