Episode 7 : En randonnée dans le Drakensberg 1ère partie

Après la savane et les marais place aux montagnes ! Nous voici partis en direction du sommet de l’Afrique Australe : la chaine du Drakensberg pour randonner dans des paysages relevés… alors chaussez vos crampons et affutez vos jambes, ça va grimper !

Lundi 22 juillet : De l’océan à la montagne, en route vers le Drakensberg

Après plus de dix jours en compagnie d’animaux de tout poil, il est temps de changer radicalement d’environnement en quittant le bush pour rejoindre les principales montagnes d’Afrique du Sud : le Drakensberg qui constitue le château d’eau du pays. Pour faire cette transition, Julie va prendre le volant sur près de 500 km à travers le Kwazulu-Natal. Heureusement, l’essentiel du trajet se fait sur autoroute ce qui limite les nids de poule et les traversées de village. Nous pouvons tout de même découvrir les contrastes extrêmes entre la modernité des grandes villes comme Durban et les townships situés à leur périphérie.

Enfin, après 5h30 de route et une heure de sieste, nous sommes prêts à partir à l’assaut des montagnes du dragon à travers une première randonnée qui va nous dégourdir un peu les jambes après tous ces safaris motorisés.

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Nous rejoignons ainsi une première cascade au faible débit du fait de la période de sécheresse avant de poursuivre notre chemin en longeant la rivière. Une fois de plus les espaces aux couleurs jaune-orangée sont brûlés par le soleil et archi sec.

P1570375Sur un terrain à peu près plat jusqu’à présent, l’échauffement se termine lorsque le relief s’élève à mesure que nous nous dirigeons vers les montagnes du parc national de Monk’s Cowl.

Heureusement pour nous, il est quinze heure trente et le soleil décline déjà derrière les cimes septentrionales nous épargnant la forte chaleur du jour car en hiver le soleil se couche à 17h30 en Afrique du Sud.

Nous atteignons maintenant une forêt au pied des montagnes puis une cascade cachée en son sein tout près des parois rocheuses. Le débit est encore plus minime que sur la précédente en ne laissant s’écouler qu’un mince rideau d’eau.

Objectif atteint, nous pouvons rebrousser chemin dans une course avec l’obscurité descendante de la nuit pour retrouver la sortie du parc national et notre précieuse voiture. Nous reviendrons demain pour escalader davantage ces fabuleuses montagnes !

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Mardi 23 juillet : Randonnée dans le Monk’s Cowl national parc

Ce matin, nous retournons dans le parc Monk’s Cowl pour randonner dans un cadre vertigineux que nous voulons découvrir plus en profondeur. Pour cela, il n y a pas d’autres solutions il va falloir grimper !

Echauffés par la boucle de la veille (7 km), nous nous élançons sur les coteaux à la fraiche, mais le soleil africain brûle rapidement nos ardeurs.

Très vite nous sommes perdus au milieu des pentes de broussailles d’où surnagent quelques arbres curieux.

Dès les premières ascensions nous pouvons admirer les sommets majestueux qui nous entourent et relativiser les hauteurs déjà escaladées mais qui nous semblaient pourtant conséquentes.

Parvenus à la première étape, un rocher vaguement en forme de Sphinx, nous pouvons défier le vide (très prudemment pour moi) et admirer le dénivelé sous nos pieds en s’imaginant voler comme les rapaces au-dessus de nos têtes.

Les paysages que nous surplombons nous offrent ainsi un fabuleux panorama.

Après cette petite pause de poses, nous reprenons notre ascension avec l’impression de tutoyer de plus en plus ces pics qui nous encadrent.

Nous parvenons ainsi à un replat juste au pied des plus hauts sommets qui alignés comme à la parade forment un formidable amphithéâtre qui semble infranchissable.

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Auprès de ces géants, nous prenons aussi le temps d’apprécier les petits détails de la faune et de la flore qui nous entourent. Nous remarquons d’ailleurs les jeunes pousses bien vertes d’un espace récemment brûlé. La technique à l’air d’avoir fait ses preuves puisque la prairie est véritablement renaissante.

Nous parcourons ce décors de cinéma qui ne cesse de nous impressionner jusqu’à atteindre le pied de la passe qui permet de franchir la muraille de roche.

Un petit défi d’orgueil me pousse à vouloir atteindre la passe pour découvrir le point de vue sur le massif situé plus au nord mais après une demi-heure à marcher sur ces pentes, force est de constater que la ligne de crête se dérobe sous nos pas et est bien plus éloignée qu’elle n’y parait.

Nous rebroussons chemin et forcément dans ce sens avec la gravité passée de notre côté, la randonnée est bien plus facile ! Encore que le chemin pierreux nous amène à marcher sur la pointe des pieds en plusieurs endroits.

En achevant la boucle de Blindman’s corner (14 km) nous découvrons des arbres aux fruits singuliers ou aux localisations improbables.

Redescendus de 900 m nous retrouvons une chaleur ardente mais aussi une végétation bien plus fournie que la brousse des montagnes avec des dizaines de petites sauterelles jaunes et noires qui bondissent sous nos pieds.

Pour conclure la journée, une chasse au lézard nous attend au rondavel. En effet, le reptile a bien compris que dans notre hutte ronde, la température est supérieure de 20° C à celle de l’extérieur la nuit. De fait, si le thermomètre approche les 30°C le jour, il frôle le gel dès que le soleil est caché. Et tandis qu’une violente tempête s’abat sur nos têtes, nous devons par deux fois reconduire à la porte le petit animal tenace.

Mercredi 24 juillet : Le spectacle de Cathedral Peak

Après avoir roulés une soixantaine de kilomètres, nous rejoignons les massifs que nous aurions pu atteindre en une poignée de kilomètres si nous avions franchi à pied la passe de la veille. Nous voici en effet dans un nouveau parc national celui dUkhahlamba plus connu sous le nom de Cathedral Peak. Pourtant le nom zoulou reflète bien ce que nous avons face à nous « un mur de lances ».

Après des explications peu claires et le don d’une carte de l’hôtel de luxe situé au pied des randonnées plutôt qu’une carte des sentiers, nous partons à la recherche de l’un d’entre eux. C’est un véritable jeu de piste car aucun n’est indiqué correctement et les sentiers ont tendance à disparaître sous la végétation. A tâtons au milieu de la brousse, nous rencontrons une nouvelle espèce d’antilope, celle du cap qui possède des cornes aux formes étrangement vrillées.

Nous montons et redescendons à travers une multitude de collines tirant alternativement sur le vert ou l’orangé tout en contournant un massif. Bientôt, nous nous engouffrons entre deux piémonts qui s’élèvent peu à peu, en suivant le chemin qui serpente au cœur d’une vallée.

Cet étroit chemin menant sous un couvert boisé devient rapidement une gorge à force de d’encaisser le cours d’eau qui constitue notre fil rouge.

La végétation arborée nous est d’abord salutaire en nous protégeant des rayons du soleil mais devient rapidement un obstacle par la densité de ses branches qu’il faut éviter et de ses racines qu’il faut enjamber.

Nous franchissons également plusieurs bras du cours d’eau avant de nous perdre dans la forêt, le sentier ayant fini par disparaître totalement à force de rétrécir. N’étant pas des coureurs des bois, ni des sioux, nous rebroussons chemin pour ressortir des Rainbow Gorges sans jamais avoir trouvé la vue sur celle-ci qui justifiait que la randonnée porte son nom.

P1570755Un peu frustrés nous réempruntons le même chemin en profitant des vues plus panoramique sur la vallée offertes dans ce sens.

Finalement c’est le cadre général du parc qui donne son intérêt à la randonnée puisque les sentiers en eux-mêmes sont difficiles et sans objectif apparent. Quant aux informations fournies sur les sentiers ou à l’entrée : elles sont inexistantes.

P1570780Tandis que nous discutons de cet incroyable potentiel inexploité, une biche démarre au quart de tour devant nous, marque un arrêt, se retourne et nous regarde avant de s’enfuir en quatrième vitesse par la colline à notre gauche. Pas de doute, elle est bien plus leste que nous !

Quelques arpents en contrebas c’est toute une colonie de babouins qui est passée à table en cueillant les pousses vertes. Eux aussi se méfient de nous mais les singes ne s’écartent que de quelques mètres pour poursuivre leur repas vegan.

Enfin pas tous car les plus téméraires ont bien compris que c’était aussi l’heure du repas pour les étranges bipèdes qui passaient devant eux. Nous avons ainsi pique-niqué encerclés par des babouins à l’affut d’une opportunité gustative nouvelle !

Après cette randonnée de 11 km, nous reprenons la route tortueuse au milieu des villages zoulous pour rejoindre la ferme où nous sommes attendus. En chemin nous sommes déjà un peu dans la ferme car une succession de vaches, cochons et chèvres squattent l’asphalte sans se soucier des voitures qui essaient de les éviter tout en contournant les nids de poules et les enfants qui rentrent de l’école. C’est une grande exploitation typique de la région avec d’immenses champs arrosés, des troupeaux de vaches généreuses, des ouvriers agricoles noirs et un fermier blanc qui nous accueille dans son auberge de jeunesse. A contrario, les fermiers noirs ont souvent un troupeau très réduit qui pâture au milieu des villages éparpillés dans les collines. On a ainsi pu constater que si l’apartheid a pris fin, les inégalités économiques restent très présentes : 73% des espaces agricoles sont contrôlés par les blancs qui représentent seulement 9% de la population.

4 commentaires sur « Episode 7 : En randonnée dans le Drakensberg 1ère partie »

  1. Changement de décors, mais toujours très intéressante l’autre facette africaine : la chaîne de montagne du Drakensberd.
    Bon courage pour la grimpette et surtout ne pas oublier de semer les petits cailloux pour le retour!!!😰
    Bisous

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  2. Je suis fatigué pour vous, ces heures de marche m’ont épuisé.
    En effet changement radical de paysages .

    Pour nous les vacances commence ce soir, mais je pense plus reposantes que les votres 😜😜😜.

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