Episode 6 : Au pays des zoulous sur la trace des géants

Nous voilà arrivés au coeur du mythique royaume zoulou pour parcourir les terres qui accueillent la plus grande concentration de mammifères géants mais pour combien de temps encore tant les dangers et la pression foncière les menace ? Toutefois, cette prise de conscience nécessaire ne doit pas nous faire bouder notre plaisir car comme l’a dit Nicolas Hulot : « l’émerveillement est le premier pas vers le respect de la nature ». Alors d’Hluhluwe à Sainte-Lucie venez vous émerveillez avec nous !

Vendredi 19 juillet : Les rhinocéros, trésor d’Hluhluwe

Contrairement au parc national du Kruger, 80% des voies sont des pistes, ce qui limite notre accès aux différents sites de la réserve. Nous avons donc opté pour un safari en 4*4 au lever du soleil afin de découvrir plus en profondeur les richesses du lieu. Ainsi peu après le départ et alors que le soleil éclaire à peine la brousse, deux rhinocéros sont sortis par surprise des buissons pour traverser la route, l’air à peine réveillé comme nous.

Une centaine de mètres plus loin le même scénario se répéta tout à côté d’une girafe pris d’un torticoli entre la surveillance des rhino et du 4*4. Ils appartenaient comme les précédents au rhinocéros blancs sauvés de l’extinction dans les années 60 grâce à la protection fournie par ce parc qui a pérennisé l’espèce en lançant un programme suivi de reproduction en veillant à mélanger les origines génétiques. De ce fait aujourd’hui, on compte 50 fois plus de rhinocéros qu’il y a 60 ans mais tous ont un parent originaire de cette réserve.

Repartis de plus belle en laissant, les rhinocéros derrière nous, nous avons retrouvé notre lion de la veille, perché cette fois-ci sur une colline pour profiter de la beauté de l’illumination de la savane au petit matin. Avec le lion et les couleurs chaudes sur la savane, on se croirait dans le générique du Roi Lion.

Nous poursuivons notre route pour assister à un combat d’éléphants (en fait ils s’amusent) à bonne distance sur les lieux même où la veille, selon notre guide, un éléphant à tuer un rhinocéros d’un coup de défense. Il est vrai que l’affrontement même éloigné est impressionnant de puissance.

Beaucoup plus paisibles, les phacochères prennent leur petit déjeuner en famille et nous de même en faisant une pause pour essayer de nous réchauffer en plein soleil.

Repartis de plus belle, singe, vautour et impala viennent nous saluer à tour de rôle avant que nous tombions sur une carcasse de rhinocéros qui fit la joie des charognards.

Un dernier crochet pour avoir une vue sur la rivière et tenter de débusquer des hippopotames sans succès et nous rentrons à l’hôtel pour savourer un copieux petit déjeuner so british !

Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre notre prochain camp : Mpila plus reculé dans le parc. Nous découvrons deux rhinocéros vautrés sur le sol dont un à une corne impressionnante. Ce double appendice en kératine (matière de nos ongles) ne cesse de pousser et repousse si on la coupe (ce que certains parcs font pour éviter le braconnage).

Nous découvrons un peu plus d’animaux que la veille puisque girafes, zèbres, babouins et bien sûr impalas croisent notre route.

Le marché aux animaux de la réserve nous apporte des explications sur la naissance du parc créé dès la fin du XIXe siècle quand la raréfaction des grands mammifères alerta un propriétaire de la région. Il décida de créer le parc pour en faire un sanctuaire mais aussi une réserve capable d’alimenter les autres régions du pays où ces animaux avaient disparus. Ainsi, fort de son succès de conservation et de reproduction, le parc d’Hluhluwe-iMfolozi revend le surplus d’animaux aux autres réserves du pays mais aussi d’Afrique et aux parcs zoologiques du monde entier. Le parc explique aussi les différentes techniques utilisées pour capturer ces bébêtes de plusieurs tonnes avec succès.

Comme la veille nous décidons de faire une halte à notre tente pour récupérer et patienter jusqu’au crépuscule.

Toutefois, la ballade s’avéra peu prolifique puisque seul un troupeau de gnou, un coupe de buffles ainsi qu’un aigle et un éléphant solitaire posèrent devant notre appareil photo.

Un peu déçus, nous rentrons au camp, où je remarque une statue de rhinocéros devant l’entrée lorsque soudain le monument se met à bouger. Nom de dieu, l’animal de deux tonnes est à deux mètres de nous et nous regarde fixement puis tourne la tête en pointant sa corne vers le véhicule. C’est pas vrai, il va nous charger ! Enorme montée d’adrénaline mais l’animal s’immobilise sans nous lâcher du regarder. Nous en profitons pour franchir la dizaine de mètres qui nous sépare de la porte du camp. Puis nous retournons le voir à pied tout en restant dans l’enceinte. Quel face à face impressionnant !

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En fait la vraie menace est à venir puisque en arrivant à la tente, alors que je descends les sacs à dos, une bande de singes se jettent sur le coffre en l’espace d’un instant et s’enfuient avec nos paquets de chips. En deux secondes, ils sont éventrés et les macaques se les enfilent devant nos yeux ébahis !

La suite de la nuit ne sera pas non plus de tout repos car une tempête a soufflé si fort qu’on a cru qu’elle allait arracher la tente pourtant solidement amarrée !

Samedi 20 juillet : La réserve reculée d’iMfolozi

Une fois de plus nous débutons la journée par un safari 4*4 pour découvrir les profondeurs du parc d’iMfolozi du nom de la rivière qui traverse cette seconde réserve voisine de la première. A la différence d’Hluhluwe, la moitié de la surface du parc est totalement inaccessible à tout véhicule et donc recèle une faune plus abondante mais aussi plus difficile à observer. Toutefois, à peine avons-nous démarré notre chevauchée qu’un mastodonte à corne se présente sur le côté du véhicule puis ébloui par la lumière se met à traverser en courant devant nous avant qu’un spectacle identique se reproduise quelques kilomètres plus loin.

Nous profitons que le soleil ne soit pas encore levé pour observer une grande chouette africaine avant, qu’avec l’arrivée de l’aube, un magnifique aigle la remplace pour chasser les rongeurs.

Pour le reste de notre sortie, nous avons pu essentiellement observer des rhinocéros blanc, qu’il soit solitaire ou par binôme mère-petit. Tous étaient installés près de la rivière et pour la plupart faisait une bonne sieste. Malheureusement pour eux, comme dans tous les autres parcs du pays ils sont traqués pour leur corne au point que 1500 d’entre eux soit tués chaque année. De ce fait, dans aucun parc, des informations ne sont divulguées sur leurs effectifs et leur zone de répartition. Cela ne nous a pas aidé à voir le rhinocéros noir présent en quantité plus infime que son cousin blanc.

Des gnous et des phacochères nous ont tenu compagnie le reste du trajet tout de même relativement pauvre en rencontre par rapport aux expéditions précédentes réalisées. On devient peut-être trop exigeant à force de côtoyer au quotidien cette riche faune.

Nous décidons donc de retraverser l’ensemble des deux parcs sur la route principale pour dire au revoir à tout ce petit monde et aller découvrir de nouveaux horizons. Nous pouvons ainsi saluer une dernière fois zèbres et girafes qui composent un magnifique tableau et peu avant la sortie un imposant troupeau de buffles qui nous forcent à reculer.

Nous laissons le bush brûlé et les collines marronnées derrière nous en ralliant la sortie pour un retour à la civilisation.

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Nous traversons des villages zoulous tiraillés entre les cases traditionnellement rondes et les petites maisons modernes rectangulaires en partageant notre route avec les vaches mais aussi les ânes.

Une heure et demie de trajet plus tard et nous voilà au bord de l’Océan Indien à l’extrémité sud-est de l’Afrique du sud, non loin de la frontière du Mozambique, pour poser nos valises dans la localité de Sainte-Lucie. La végétation a changé du tout au tout pour présenter une grande exubérance.

Pour en profiter, nous partons donc faire une courte randonnée en forêt où on nous a dit de nous méfier des hippopotames ! Nous n’en croiserons pas, mais des singes oui, que nous regardons désormais avec méfiance depuis le racket de la veille. Enfin, la principale attraction était les arbres omniprésents autour du sentier parfois dévoré par eux et parfaite cachette pour les petites antilopes comme le « red duikers » que nous avons croisé l’espace d’un instance avant qu’il ne s’échappe dans les tréfonds des bois.

Dimanche 21 juillet : Dans le nid des hippos à Sainte-Lucie

Ce matin, c’est la réserve littorale d’Isimangaliso que nous partons explorer tandis que les grivets se blottissent les uns contre les autres sur le muret de notre guest-house. Ils attendent impatiemment que les rayons du soleil gagnent en ardeur d’autant qu’il a du mal à passer à travers certains nuages.

Avertis rapidement que le big five est présent dans ce parc et que c’est à ses risques et périls que l’on sort de son véhicule, nous nous rendons tout de même aux deux observatoires dressés sur le trajet sans rencontrer de succès. En fait les animaux sont encore bien timides peut être refroidis par la fraicheur matinale. Seuls les zèbres n’ont pas froid aux yeux et broutent sur les prairies d’herbes hautes qui nous encadrent.

Nous profitons donc d’abord de la belle végétation verte au sol mais parfois rouge sur les branchages.

Arrivés à un premier belvédère, nous tentons notre chance pendant que les grosses bêtes dorment encore pour marcher jusqu’au point de vue à travers une forêt où nous sommes surpris/surprenons un couple de buffles qui semble nerveux avant de s’enfuir en courant. L’espace d’un instant on se prépare à se jeter dans les forêts sur le côté avant d’être soulager de constater que les bovins de 700 kg prennent leurs jambes à leur coup dans l’autre direction.

Remis de nos émotions, nous atteignons l’observatoire d’où nous surplombons une bonne partie du parc partagé entre forêt, prairie, lande et océans Indien. Nous profitons de notre position avantageuse pour faire des photos d’autant qu’un arc en ciel complet vient encadrer la vue. En effet, nous avons notre première pluie fine depuis notre arrivée en Afrique du Sud (5 min mais sur le peu de temps que nous avons été hors de notre voiture il fallait quand même le faire).

Nous poursuivons notre route où la vie animale s’égaye maintenant que le soleil est revenu : biche, buffle, singe et bien sûr des zèbres qui sont les plus nombreux dans cette réserve protégée. Aviez-vous remarqué la curiosité anatomique des singes grivets ? Surprenant non ?

En avançant de plus en plus à l’intérieur du parc nous remontons vers le nord-est et longeons de plus en plus près l’Océan Indien qui se dévoile par moment.

Mais c’est en arrivant à Cap Vidal à l’extrémité de la route que nous allons apprécier sa beauté. Toutefois un nouveau panneau nous met en garde sur la faune menaçante des environs. Hippopotame, crocodile et requin constituent un sacré comité d’accueil alors que des rangers patrouillent sur la rive. Cela ne gâche en rien notre magnifique mais prudente promenade sur la plage mais ne nous pousse pas à braver les vagues et la température fraiche des eaux pour un petit bain dans l’océan en cet hiver austral.

Après cette parenthèse assez courte, nous reprenons la route en sens inverse pour découvrir que la faune est maintenant plus nombreuse au rendez-vous. Nous retrouvons des visages devenus familiers cette dernière semaine : red duikers, grand koudou, phacochère, cobe et gnous.

Toutefois ce qui nous surprend reste la rencontre avec deux beaux rhinocéros blancs tombés amoureux d’un poteau électrique. Les deux bêtes tournent autour, se grattent la tête avec, s’assoient à côté puis s’allongent à ses pieds.

Nous tentons une petite incursion sur une piste car nous n’avons pas encore rencontrées les stars de la région à savoir les hippopotames très nombreux dans cet environnement semi-aquatique et les crocodiles aux goûts similaires. Nous débouchons ainsi sur une mare et nos amis sont au rendez-vous malgré leur tentative pour se cacher dans la boue où derrière les buissons. Leur grande et imposante corpulence ne les aide, il est vrai, pas beaucoup.

La croisière que nous rejoignons sur le fleuve iMfolozi durant l’après midi est la véritable attraction locale pour découvrir ces deux stars.

Et effectivement, il ne faut pas longtemps pour tomber sur un banc d’hippopotames se baignant à une faible profondeur. Il s’agit d’un mâle et de son harem d’une douzaine de femelles. Tout ce petit monde se tient collé-serré dans une ambiance paisible malgré quelques remue-ménage de temps en temps pour avoir une meilleure place.

L’embarcation poursuit sa route au fil de l’eau jusqu’à l’estuaire et nous tombons sur un nouveau groupe d’hippo, tandis qu’un peu plus loin une autre bande s’ébat dans la boue.

D’une longévité d’une trentaine d’années, les hippopotames sont responsables de la mort de 500 africains lors de rencontre impromptues près des cours d’eau. Il est vrai que l’animal a une sacrée corpulence et si ses pattes sont courtes, sa gueule est d’une grande dimension.

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D’ailleurs, lorsqu’il l’ouvre nous pouvons apercevoir les longues canines qu’il possède bien qu’il ne se nourrisse que d’herbe. Il impressionne ainsi ses congénères pour la conquête d’un harem ou tout simplement baille. Cela reste rare à la différence des nombreux grognements poussés qui se répondent les uns aux autres.

Nous rencontrons également quelques rares individus au milieu du cours d’eau qui plongent à l’approche du bateau tels des crocodiles qui se font plutôt rares.

Les quatre croisés se tenaient tous à la limite de la rive, un dormait à terre, un autre chassait dans l’eau en ondulant sa queue comme une puissante nageoire caudale alors que deux bébés se trouvaient posés sur des branchages. Ils essaient de se camoufler au maximum car ils sont moins d’un sur dix à atteindre l’âge adulte au milieu des nombreux prédateurs qui les entourent : oiseaux de proie et autres crocodiles.

Après avoir rebroussés chemin, nous atteignons l’embarcadère au coucher du soleil près des roseaux pour une chouette ballade qui nous aura approchés au plus près d’un animal à l’air bonhomme mais au caractère grognon et à la taille réellement impressionnante.

Finalement, nous retournons chez notre hôte sous l’œil rieur d’un magnifique callao où nous allons manger sur un réchaud de camping et nous coucher à 20h30, du fait d’une panne de courant général dans la ville. Entre les restrictions d’eau et les pannes de courant c’est ça aussi l’aventure en Afrique.

7 commentaires sur « Episode 6 : Au pays des zoulous sur la trace des géants »

  1. Formidable ces photos avec toutes ces adorables petites bestioles 😜😜😜

    J’aime beaucoup la couleur très tendance du singe.
    D’ailleurs ça me rappelle quelque chose : tu connais l’histoire du petit singe qui se trempe les C dans le whisky ? 🤣🤣🤣

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  2. En fait c’est un gars qui va au bar et qui commande un whisky, le serveur lui sert son verre et s’en va.
    A ce moment la un petit singe monte sur le bar, se trempe les C dans le verre du mec et se sauve.
    Le gars interpelle le serveur  » Hé, votre petit singe vient de se tremper les C dans mon Whisky !  »
    le serveur  » non il n’y a pas de singe dans notre établissement monsieur, vous avez du rêver  »
    –  » Si si je vous assure un petit singe est monté sur le bar se tremper les C dans mon whisky  »

    S’en suit une négociation houleuse, le serveur accepte finalement de lui servir un autre verre.
    A peine le serveur a t il tourné le dos, que le petit singe remonte sur le bar et recommence son manège .
    Le gars s’énerve, interpelle une nouvelle fois le serveur, celui ci s’énerve à son tour et dis
     » il n’y a pas de petit singe ici, tenez allez demander au pianiste, lui ça fait 20 ans qu’il est la, il vous le dira bien qu’il n’y a pas de petit singe chez nous ! »
    Le gars va voir le pianiste :
     » vous connaissez le petit singe qui se trempe les C dans le Whisky ?  »

    Et le pianiste répond :
     » Non mais chantez moi le début, je vais essayer de retrouver la mélodie  » ….

    Bonne route

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  3. Je viens de passer un agréable moment c’est super j’en arrive même à répondre au joli sourire de Julie. Bonne continuation bisous à tous les deux

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  4. Quelques sueurs froides assurées, avec le rhinocéros😂😨😂😈 et les singes voleurs de chips!😉😯😤mais toujours de magnifiques photos animalières et de supers couchers de soleil sur l’Afrique.
    Bises

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  5. Pas toujours rassurantes vos balades, à la rencontre de tous ses animaux.

    Beau coucher de soleil. Mais pas grand luxe.

    Bisous.

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