Nous poursuivons notre séjour costa-ricain immergés dans les zones naturelles en parcourant le pays d’une forêt à l’autre: de celles humides perchés dans les nuages à plus de 1300 m aux étendues boisées tropicales qui bordent le pacifique. Une nouvelle fois c’est une épopée sylvestre qui nous attend en très nombreuse compagnie.
Lundi 17 février : Suspendus à la beauté de la forêt
Ce matin nous partons dès l’aube pour éviter la mésaventure de la veille et de ce fait c’est le contraire qui survient : nous sommes absolument seuls à l’ouverture de la réserve ornithologique de Curicancha, hormis un agouti qui broute sur la pelouse du parking de l’entrée.
Nous pénétrons sur le premier chemin de randonnée et profitons de magnifiques paysages à l’ambiance poétique. On se croirait dans les collines du perche s’il n’y avait pas ces oiseaux quelques peu exotiques.
Les hauteurs sont dominées par des arbres centenaires majestueux sur lesquels dardent les premiers faisceaux du soleil qui créent une atmosphère intimiste.
Les seuls à prodiguer une activité intensive sont comme de coutume les colibris qui volent en tout sens avec des signes d’hyperactivité en forme de zigzag.
Nous poursuivons la ballade en croisant de plus en plus d’oiseaux en éveil à mesure que les gazouillis deviennent plus sonores.
Nous identifions des arbres connus comme les orangers mais aussi des espèces bien plus curieuses et mystérieuses.
Certains sont colonisés par les écureuils d’autres par les coatis qui n’en ont pas l’air mais sont particulièrement agiles.
Un peu plus loin des bouteilles d’eau sucrée entraînent un véritable ballet aérien des dizaines d’espèces de colibris qui vivent au Costa Rica.
C’est un festival de couleurs à travers ses petites fusées qui s’immobilisent quelques secondes le temps de lécher ce péché mignon.
Après une heure de contemplation, nous poursuivons notre chemin en pénétrant dans un couvert boisé qui devient bientôt fouillis et démesuré. Nous avons l’impression d’être des lilliputiens égarés dans une forêt.
Pourtant nous sommes nous-mêmes des géants devant la minuscule faune qui rampe à nos pieds ou sur les arbres.
Nous avons arpenté la réserve pendant plus de 5h avec un enchantement de tous les instants. Pas de paysage spectaculaire ou grandiose mais de belles images dans un cadre d’une douceur reposante.
Alors que le temps fait grise mine nous poursuivons la journée dans un autre parc pour réaliser un parcours un peu plus aérien puisque le circuit de marche propose de franchir neuf ponts à la hauteur de la canopée pour découvrir la forêt humide de cette région sous un autre angle.
Malgré les 50m donnés par ses ponts suspendus nous sommes à peine à la hauteur de tous les arbres. Toutefois, ces ponts suspendus nous offrent des panoramas sur l’envers du décors.
Si les vues sont à couper le souffle, au milieu de la traversée, elles sont vertigineuses…
Dommage que trop peu de rayons de soleil ne soient venus éclairés le tableau.


Quelques oiseaux nous ont bien tenus compagnie au contact de qui donne tout son sens à l’expression : poumon de la planète. Quand on voit cette belle forêt, cela donne de l’espoir dans le futur avec le folle envie de protéger toujours davantage ces espaces si menacés.
Ce sont les crapauds et tortues qui gardent le mot de la fin même s’ils ont l’aide de sortir tout droit sortis de la préhistoire.
Mardi 18 février : Détente au bord de la piscine
Un programme beaucoup plus calme nous attend aujourd’hui puisque nous passons la matinée à redescendre des reliefs du nord du Costa Rica vers le littoral pacifique.

Nous retrouvons ainsi un grand soleil éblouissant sur la côte ouest du pays et nous posons nos valises à Quepos porte d’entrée du plus petit mais néanmoins plus célèbre parc protégé du pays.

En attendant de le découvrir le lendemain, nous nous abandonnons au bord de la piscine sur un transat avant d’y faire de rafraichissantes brasses sous l’œil malicieux de superbes aras macau.
Mercredi 19 février : Manuel Antonio, un zoo à ciel ouvert
La cantine de notre auberge annonce la programme de la journée avec une belle balade entourée d’une riche faune dans le parc côtier tout proche. Ainsi en trente minutes de bus, nous sommes aux portes du parc Manuel Antonio célèbre pour sa biodiversité et sa facilité d’accès pour les touristes. En attendant son ouverture nous profitons de la plage où les vautours sont alignés aux pieds des palmiers.
Après une petite file d’attente? nous pénétrons à l’intérieur du sanctuaire de 16 km2 sur une passerelle surélevée au-dessus d’un milieu marécageux asséché en cette saison. Ainsi, c’est un faon qui occupe les lieux en compagnie d’un agouti et d’une multitude de crabes corail qui jouent à cache-cache avec les appareils photos des touristes.
Au bout du chemin, nous atteignons une belle plage abandonnée…
…enfin pas tout à fait, les varans et les pélicans ont pris possession des lieux qui donnent sur un parc marin lui aussi protégé.
Nous longeons la magnifique baie sous le regard malicieux des capucins qui se chamaillent.
Arrivés à la pointe occidentale de la presqu’île, le chemin s’élève en bordure d’une forêt dense occupée par des agoutis sur le qui-vive et des paresseux beaucoup moins stressés.
La descente sur l’autre rive nous laisse découvrir une côte rocheuse ensoleillée. La haie de palmiers à l’arrière plan achève d’en faire un paysage de carte postale particulièrement attractif.
Les bandes de raton-laveurs et de capucins l’ont bien compris car tandis que les premiers arpentent les plages en guise de pique-nique abandonné, les capucins amusent la galerie pour obtenir des oboles en nature.
C’est l’affluence sur la plage puisque les varans prennent eux aussi la pose.

Nous cherchons à nous isoler en nous enfonçant dans la forêt mais là encore nous ne sommes pas seuls. Les fourmis besognent sur leur chantier végétal, les agoutis festoient tandis que les ratons-laveurs sont sur nos traces pour admirer le panorama promis en ressortant de la forêt.
Nous revenons sur nos pattes pour rejoindre l’aire de pique-nique à côté duquel un serpent se sert un snack en attrapant au vol une sauterelle. Le serpent retourne se faufiler dans les fourrés pour finir sa digestion.
Les papillons et varans qui se dorent au soleil nous donnent l’idée d’en faire autant.
Malgré la beauté de la crique trouvée, le monde déjà présent et la chaleur qui s’abat maintenant sur le parc telle une chape de plomb nous en dissuade.
Nous préférons donc continuer à randonner dans une autre partie du parc un peu moins riche en faune même si un gang de singes tente de prendre le sac de nourriture de Julie qui ne s’en laisse pas compter. Nous les regardons toutefois différemment depuis cette tentative de vol à l’arraché.
Les animaux étant plus rares en dehors des ouistitis nous faisons plus attention à la flore qui cache parfois des animaux experts en mimétisme.
De même certains arbres accueillent de drôles de fruits !
De retour sur la passerelle du matin nous concluons cette journée de randonnée magnifique, ravis de toutes ces rencontres animalières ! Manuel Antonio a tenu toutes ses promesses.
Notre regard se tourne déjà vers notre prochaine et dernière étape, car elle est difficile d’accès. Ainsi pour gagner du temps, nous prenons un bus de nuit pour nous avancer en atteignant Uvita, une station balnéaire sûrement animée de jour mais morte à 23h. Pour notre chance nous y logeons dans une cage métallique recouverte d’une moustiquaire dans un jardin avec un confort plus que spartiate. La seule bonne nouvelle est que nous repartons le lendemain matin dès 5h pour le mythique parc du Corcovado.