Episode 3 : Du volcan Arenal au Quetzal, d’un mythe à l’autre

Après un début de voyage côtier, nous voici partis vers les hauteurs du centre du Costa Rica. Au programme, pentes noires des volcans à peine assoupis et pentes vertes des forêts dans les nuages costaricaine. Suivez nos ascensions des versants abrupts mais toujours riches en biodiversité du Costa Rica.

Jeudi 14 février : A l’assaut du Volcan Arenal

En attendant notre excursion aux deux volcans, nous partons faire un petit tour dans la ville de La Fortuna qui en dehors de son église et sa boutique de cacao traditionnel offre peu de réels attraits.

Nous retournons donc patienter dans le jardin de notre hôtel qui nous offre un condensé de la diversité des oiseaux de la région. Attirés par les fruits déposés sur un perchoir, les canaris de toutes les couleurs succèdent aux toucans qui règnent en maître pour profiter du festin.

Mais revenons les pieds sur terre car notre minibus vient nous récupérer pour partir gravir les pentes du volcan Arenal. Au pied du géant assoupi, nous trouvons de nombreux vallons colonisés par des colonies de coatis curieux et gourmands. Leur groin semble commander tout leur déplacement et indubitablement les encas emportés dans nos sacs ont été identifiés. Heureusement, ils restent circonspects quant à la façon de s’en emparer.

De notre côté, nous commençons l’ascension en file indienne au milieu de la forêt avant de surgir sur les pentes arbustives du volcan qui culmine tout de même à 1720 m.

L’obstacle de la pente est bientôt remplacé par un nouveau plus redoutable : le sol est constitué de blocs de lave qui sont maintenant partout sous nos pieds bien que partiellement masqués par des arbustes. Le volcan fut en éruption de 1968 à 2010 constituant ainsi une couche de lave qui atteint par endroit plus de 300 m d’épaisseur !

En effet, la dernière éruption violente, celle de 1968, a englouti une partie des communautés installées sur les versants de l’Arenal sous une imposante couche de lave repoussant la civilisation à plusieurs kilomètres. Les Hommes n’étant jamais revenus s’installer aussi près, si ce n’est pour des activités pastorales.

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Nous faisons halte lorsque les blocs de lave rendent le terrain trop accidenté pour progresser sans risque et profitons des magnifiques paysages. Nous croisons les doigts pour que la couverture nuageuse accrochée au sommet parvienne à s’éclipser. C’est le cas durant quelques instants qui nous laisse admirer le dôme qui trône comme un roi ténébreux et craint dans la vallée de la Fortuna.

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Nous pouvons redescendre tranquillement en prenant le temps d’observer la micro-faune sur la méga-flore environnante.

Nous rejoignons ainsi un lac d’une couleur verdâtre qui fait radieuse au soleil mais curieuse à l’ombre. Certains de nos compagnons en profitent pour se jeter à l’eau mais nous préférons rester les pieds au sec.

D’autant que les estomacs sur pattes qui nous entourent, sonnent l’heure du repas et nous escortent sous bonne garde jusqu’à la cantine installée sous une maison sur pilotis.

En ressortant du parc, nous admirons de belles vues sur le sommet mais aussi une tarentule égarée entre nos pieds. Frissons garantis pour Julie.

Nous regagnons notre minibus pour accéder à un deuxième parc situé sur un dôme voisin du premier. Le volcan Arenal comprend au total plus de 5 cratères formés successivement au cours de sa jeune carrière puisqu’il est apparu en explosant il y a 7000 ans seulement. De nôtre côté, nous sommes accueillis par de magnifiques toucans et de nouveaux panoramas dantesques sur la bête capricieuse.

Un très grand pont de singe nous permet de nous enfoncer plus avant dans le parc en compagnie de compagnons à plume ou à écaille plus ou moins colorés, plus ou moins effrayants.

Au milieu d’une végétation une nouvelle fois luxuriante, nous aboutissons à une cascade plus que fraiche.

La suite du parcours nous ramène vers des prairies qui font ressortir la hauteur de certaines essences d’arbres et plus encore la majesté du volcan.

La biodiversité est toujours aussi belle : que se soit les fourmis à fourrure, les arbres au tronc multicolore mais aussi familière avec des chevaux ou encore un lapin de garenne égaré dans ce milieu sauvage !

Finalement, la nuit nous rattrape et bien que nous n’y voyions plus goutte, c’est l’occasion de chercher à débusquer des animaux noctambules comme ces magnifiques grenouilles aux yeux rouge ! Waouh !

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Toutefois il est temps d’imiter les plus raisonnables d’entres-elles en regagnant nos pénates…

Vendredi 15 février : Un jardin au Costa Rica

Ce matin point de folles chevauchées à travers la jungle puisque nous avons rendez-vous dans une exploitation agricole pour découvrir les produits locaux et leurs saveurs.

Nous commençons par le verger qui recèle une impressionnante diversité de fruits plus ou moins excentriques mais tous exotiques. Des cosses géantes aux fruits appréciés pour leur opportunité décoratrice, tous sont succulent par les sucres accumulés en leur cœur.

La visite se fait sous l’œil sourcilleux d’un colibri de surveillance de nid et d’un iguane dérangé dans sa propre collecte de victuailles à la cime d’un arbre. D’après le propriétaire sa venue annonce la saison de la cueillette.

D’autres animaux envahissent le jardin : lézards variés mais aussi des chauves-souris qui adoptent les longues feuilles de bananiers pour y faire leur nid.

Pendant ce temps, nous arrivons aux rayons des arômes (vanilles) puis des épices avec le poivre et enfin le café et le cacao roi du jardin.

Ainsi après une dégustation de sucre de canne plus ou moins alcoolisé, nous rejoignons les cacaoyers pour en apprendre davantage sur le chocolat.

Devant les cacaoyers aux fruits impressionnants, nous apprenons ses origines mexicaines, son succès fulgurants dans toutes les Amériques pré-colombienne et son importance sociale dans ses cultures comme produit de fêtes, rite initiatique ou boisson aux pouvoirs magiques.

Les différentes couleurs des fruits dépendent de sa maturité qui donne le signal de la collecte. Elles sont ensuite ouverte, la pulpe en est extraite et exploitée pour le beurre de cacao avec l’huile. Mais le produit le plus qualitatif, les fèves sont récupérées et faites séchées de longues heures avant d’être réduites en poudre.

La dégustation tant attendue nous permet de tester le cacao à ses différentes étapes. Nous sommes surpris par sa pureté, sa force mais aussi son goût très amer car aucun additif n’est présent. Nous concluons donc la matinée par une virée shopping à La Fortuna pour rapporter un souvenir culinaire de cette expérience.

En début d’après-midi, nous profitons de la quiétude du jardin de l’hôtel investi par les écureuils en attendant notre navette pour la prochaine étape.

En effet, un minibus nous dépose sur les bords du lac géant situé au pied de l’Arenal pour monter sur un bateau qui doit nous économiser un détour de 4h, sans compter des panoramas offerts sur les environs.

Le dernier tronçon en bus est beaucoup plus bucolique pour ne pas dire chaotique car si les collines sont charmantes, la route poussiéreuse et les nombreuses ornières le sont beaucoup moins. Ainsi c’est à la nuit tombée que nous atteignons notre prochaine étape : Santa Elena.

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Samedi 16 février : A la poursuite de l’oiseau mythique du Costa Rica à Monteverde

Sur les conseils de notre hôte, nous ne nous sommes pas pressés ce matin pour atteindre la merveille de la région : la forêt dans les nuages du parc de Monteverde. Mal nous en a pris car passé un certain quota les portes du parc se ferment en attendant, la sortie de la réserve des premiers arrivés. Bloqués à l’entrée du site pendant 1h30 nous prenons notre mal en patience en cherchant à identifier les auteurs des nombreux « tchip » qui parviennent à nos oreilles. Le Costa Rica est vraiment riche de colibris ! Le contraste est saisissant entre ces minuscules oiseaux et les arbres gigantesques sur lesquels ils se posent et composent des mélodies plus ou moins stridentes mais toujours énergiques.

Monteverde est quelque peu victime de son succès puisqu’au départ c’est une petite communauté de Quakers américains qui l’a fondé en fuyant la guerre de Corée avec pour projet de développer une région de paix en harmonie avec  la nature.  Ils ont donc choisi de développer le lieu autour du tourisme écologique en mettant en valeur la singularité de ces forêts humides perchées à plus de 1000 m dans les montagnes avec la cime toujours dans les nuages. Bref, ça y  est nous pouvons pénétrer dans la célèbre réserve qui est réputée pour sa forêt et ses oiseaux. Si les arbres sont aisément repérables, il n’en est pas de même pour les animaux qui trouvent aisément à se cacher dans ce labyrinthe végétal inextricable.

A force de patience et de persévérance nous parvenons bien à en apercevoir quelques uns dénoncés par leur battement d’aile ou leur chant mais encore faut-il réussir alors à les prendre en photo. Une véritable chasse.

Nous profitons plus sûrement de la sérénité des lieux même si pour les nuages qui sont censés baignés la forêt, le réchauffement climatique les a quasiment tous exterminés, seules les brumes persistes encore à certains endroits comme les derniers feux d’une espèce en voie de disparition.

 

Le côté positif est que parvenus sur les hauteurs nous pouvons apprécier de larges panoramas sur les collines des environs entièrement recouvertes d’une forêt humide impénétrable.

Alors que la grisaille envahit le ciel, nous replongeons dans l’humidité de la forêt aux nombreuses mousses tombantes. Les arbres malgré le désordre apparent ont l’impression de tenir chacun leur place attribué selon leur étagement.

Des ponts suspendus nous donnent une idée vertigineuse de la hauteur qu’atteint la canopée et l’impression de prendre quelques instants la mesure de cette forêt qui s’étend au-delà de notre champ de vision.

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Toutefois, c’est en se rapprochant de l’entrée en redescendant à une altitude plus chaleureuse que nous avons eu la chance de voir le phœnix de ses bois : sa majesté le Quetzal.

D’une magnifique robe rouge couplé à un plumage turquoise, l’oiseau emblématique du Costa Rica possède une queue infiniment longue.

Vivant en couple dans des nids situés à hauteur d’homme, il pousse un cri singulier et a la réputation de porter bonheur à ceux qui le croisent.

De fait c’est déjà une belle chance d’avoir vu ce magnifique animal !

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Lors d’un dernier détour vers une cascade nous en avons observés trois autres mais bien moins placés que les deux premiers idéalement postés devant nous.

La journée s’achève au reptilarium de Santa Elena pour identifier la poignée de serpents que nous avons croisés et surtout découvrir tous ceux qui nous ont vu sans que nous le sachions.

Certains des pensionnaires sont impressionnants mais les plus dangereux ne sont pas toujours ceux que l’on croit comme le montre ces minuscules rainettes à la peau vénéneuse.

4 commentaires sur « Episode 3 : Du volcan Arenal au Quetzal, d’un mythe à l’autre »

    1. Salut !
      Oui bien arrivés avec tout nos bagages et déjà plein de belles images dans les yeux et bientôt sur le blog.
      Nous étions coupés du monde depuis jeudi dernier car en safari dans le parc du Kruger.
      Courage pour le boulot et bientôt le départ pour toi aussi !
      A plus.

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  1. Immersion dans une belle forêt dense aux couleurs chatoyantes de par ses maysages changeants sa flore, ses fruits exotiques, apetissants et ses magnifiques oiseaux entre autre le quetzal au plumage coloré.
    Bises

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