Episode 4 : Le Kruger 2e partie

Si comme nous vous n’êtes pas encore rassasié de superbes découvertes de la faune africaine dans un environnement préservé alors poursuivez la plongée dans les entrailles du Kruger pour tenter de compléter la liste de rencontres animalières à commencer par le lion qui manque à notre Big Five ! Suivez nos traces sur celles des fauves pour rugir de plaisir !

Dimanche 14 juillet : Dans les traces du roi des animaux

Levés aux aurores une fois de plus pour continuer à descendre vers le sud du parc où se trouve le berceau du Kruger avec la vallée de la Sabie dont la richesse de la faune et de la flore a entraîné la création d’une réserve animalière dès 1903, nous espérons y rencontrer notre premier lion pour notre quatrième jour. A peine une demi-heure après notre départ, ca y est ! Une lionne nous attend sagement couchée au pied d’un arbre avant de se lever et de disparaître en se fondant dans la végétation. Ouah, je suis comme un enfant recevant son cadeau de noël.

Et comme une joie n’arrive jamais seule, trente minutes plus tard à peine, c’est sur la route cette fois-ci que nous croisons une nouvelle lionne qui vient nous doubler alors que nous sommes à l’arrêt pour disparaître en direction du soleil levant. Cette fois ci s’est passé près, émotion forte garantie : on n’a même pas pensé à remonter notre fenêtre !!! Heureusement le félin avait bien autre chose en tête que deux touristes français pour le petit déjeuner. Ces deux lionnes étaient en chasse pour leur clan dirigé par un mâle dominant mais passant 20h sur 24 à dormir laissant l’essentiel de la chasse à ses femelles. Ce n’est que lorsque les proies visées deviennent rares donc plus grosses qu’il daigne se joindre à l’attaque.

Tout guilleret, nous poursuivons notre route trouvant le parc du Kruger encore plus beau qu’à l’accoutumé. Il est vrai que l’on ne se lasse pas de cet écrin de nature merveilleux. Ainsi après avoir capturés un nouveau mammifère sur pellicule c’est une chouette africaine chevêche qui vient compléter notre collection d’oiseaux.

Tandis que le soleil commence à réchauffer la savane, une colonie de babouins se tient perchée sur un arbre imposant la queue pendante tel un pompon. Ils s’éveillent tout doucement sur leur branche et s’épouillent sans nous prêter la moindre attention.

Ravis d’avoir vu des carnivores, nous retrouvons nos herbivores quotidiens toujours nombreux à croiser notre route mais nous comprenons mieux leur état d’alerte permanent maintenant que nous avons vu la menace qui pèse sur eux.

D’ailleurs les nombreux vautours perchés ne s’y trompent pas, les lions sont en chasse et le festin devraient être collectif. Rien ne se perd dans la savane.

Mais pour le moment les lions se désaltèrent à un point d’eau étonnamment déserté de ses habitués. En effet, le clan entier s’est déplacé pour s’abreuver puisque le roi des animaux est le seul félin à vivre en groupe constitué autour d’un mâle et plusieurs femelles et leurs petits. Nous en voyons une dizaine ce matin décidément chanceux.

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Et ce n’est pas terminé puisqu’après une pause qui a failli mal tournée puisque un acacia m’a ouvert l’arcade sourcilière avec une de ses épines acérées (comment font les girafes pour les manger ?), nous tombons sur trois lionceaux qui se chamaillent à quelques encablures de nos roues sur le bas côté. Cependant leur jeu de chat, les rendent difficiles à suivre et encore plus à prendre en photo avec un œil en moins.

Nous reprenons notre route rassasiés de lions, en traversant le bush typique de hautes herbes pour retrouver de grands troupeaux d’herbivores : gnous, zèbres et impalas sont au rendez-vous et défilent devant nous pour se rendre au point d’eau.

On y croise aussi des éléphants en famille et bien sûr de nombreuses espèces d’antilopes qui nous guide jusqu’au camp de Skukuza où nous attend une pause déjeuner bienvenue.

Son nom qui signifie « celui qui balaie tout » en swahili vient du premier conservateur du parc national du Kruger, un écossais du nom d’Hamilton, qui a obligé les locaux à quitter les lieux mais aussi lutter activement contre le braconnage. On y découvre un magnifique touraco et une multitude de choucadors qui chantent jusqu’à temps qu’on leur laisse nos miettes.

Nous empruntons la vallée de la Sabie qui fut qu’une succession d’arrêts tant la nature fut généreuse : singes grivet, kobe, pygarque vocifère, buffles, grand koudou, phacochères.

Quant aux éléphants ils étaient si nombreux qu’on a cru qu’ils nous escortaient jusqu’au camp de Lower Sabie.

Une nouvelle fois, le site du camping nous offre de magnifique vue sur la rivière où paissent les éléphants dont un éléphanteau qui s’amuse à courir après toutes les antilopes qu’il croise à leur grande frayeur.

Après une heure de pause, nous repartons faire un safari 4*4 pour assister au coucher du soleil en commençant par l’étang tout proche du camp. C’est un véritable point de rendez-vous pour tout le règne animal : les hippopotames marquent les points des mammifères alors que les oiseaux sont représentés par des hordes de Tantales Ibis qui ne craignent pas de pêcher à la louche (au bec) tout prêt des crocodiles même s’il suffit d’un mouvement de gueule pour que tous s’envolent.

Tous ces membres partagent toute de même une activité commune : la sieste, à terre pour les oiseaux et les crocos, à l’eau pour les hippos.

Nous reprenons la route ou plutôt les pistes pour explorer le bush à la tombée de la nuit. On y observe les mêmes animaux qu’en plein jour mais avec des couleurs plus chaudes. L’occasion aussi de se prendre en photo puisque dans la voiture toute la journée c’est plus compliqué.

L’intérêt de l’excursion s’avère limité même si la deuxième partie lorsque le soleil est définitivement couché nous permet de repérer des animaux uniquement nocturnes.

C’est d’abord une civette puis un ratel qui sont identifiés et enfin une belle genette. Le plus incongru reste toutefois les hippopotames que nous avons trouvés sur la route. En effet, si ces derniers passent l’essentiel de leur journée dans l’eau pour protéger leur peau glabre très sensible des effets du soleil. Ils sortent la nuit pour se nourrir de dizaine de kilos d’herbes. Ils peuvent pour cela parcourir jusqu’à 20 km mais toujours par les mêmes chemins repérés par des tas de crottes tel un GPS odorant.

Lundi 15 juillet : Sur la piste des rangers au coeur  du bush

Ce matin nous avons de nouveau rendez-vous avec le bush pour nous confronter à ce monde hostile. A peine descendus du 4*4, nous tombons sur un petit groupe de girafes aisément repérable par leur long coup (6 m de hauteur tout de même) qui dépasse des arbustes. Elles aussi nous ont repérées car le vent nous trahit en colportant notre odeur. Ainsi tandis que nous avançons dans leur direction, elles s’écartent nous laissant tout de même profiter de la magie de la rencontre.

Pendant ce temps, le soleil termine de se lever pour illuminer la savane de ses couleurs chaudes, les hautes herbes prennent ainsi une couleur rougeoyante.

Nous nous éloignons de plus en plus du véhicule jusqu’à trouver autour de nous que des hautes herbes et des buissons aux épines tranchantes comme des rasoirs. On les contourne donc soigneusement en suivant nos deux guides.

Celles-ci prennent le temps (un peu de trop pour nous) de nous expliquer chaque empreinte localisée au sol mais aussi les nombreux squelettes qui parsèment la savane (ce qui nous avait échappé jusque là). Enfin, il faut bien que tout le monde se nourrisse et le cycle de la vie est aussi celui de la mort. Nous tombons ainsi sur un crane de girafe, d’hippopotame, de buffle et de belles cornes de koudou. Les plus grandes peuvent ainsi atteindre les 1m 80.

Ainsi après deux heures de ce jeu de piste nous surplombons la rivière où comme à notre habitude nous trouvons un clan d’hippopotames se baignant, broutant les plantes aquatiques grâce à leurs os lourds ou plongeant en apnée jusqu’à 8 m. Certains se contentent de faire des bulles ou de bouger leurs petites oreilles. Non loin d’eux, une loutre fait des galipettes dans l’eau.

Après un petit déjeuner, nous complétons notre formation de bushman en apprenant à identifier les animaux par leurs excréments. Evidement, c’est à moi que revient le privilège d’ouvrir une énorme bouse séchée d’éléphant pour constater sa fraicheur et ce qu’il a mangé, les filles refusant. Autre curiosité, les boules blanches ne sont pas des meringues mais les déjections des hyènes car elles sont les seules à pouvoir digérer les os, ce qui explique leur couleur. Elles serviront à leur tour de repas pour des petits mammifères qui s’en serviront comme source de calcium. C’est cela le recyclage !

Après une dernière rencontre piquant avec un superbe cactus au fruit juteux nous regagnons notre véhicule gardé par un groupe de zèbres dubitatif devant ce groupe de bipèdes. Petit détail intéressant, la largeur des rayures noires dépend de la température du milieu dans lequel vit cet équidé sauvage : plus il fait chaud, plus l’animal aura des bandes noires rétrécies pour réfléchir un maximum les rayons du soleil et inversement, ceux vivant la région du Cap, plus fraiche, ont de larges rayures pour mieux supporter les rigueurs de l’hiver.

Sur le chemin du retour nous retraversons la rivière Sabie toujours aussi riche de pensionnaires : un jeune héron goliath, une tortue et un jacana africain sont trois nouveaux trophées pour notre palmarès animalier dans ce parc. Nous avons ainsi observé 31 mammifères différents, 46 oiseaux et 6 reptiles !

Le point d’eau est quant à lui toujours aussi bondé à terre comme dans les airs où des tantales ibis ont établi leur quartier général.

Le début d’après midi nous conduit vers une imposante colonie de babouins en vadrouille sur la route. Ainsi regroupés, ils ne craignent aucun prédateur car leur groupe est très bien organisé socialement et chaque individu possède des canines de la taille d’un gros chien.

Un  peu plus loin sur le chemin, c’est leur petit cousin grivet qui nous laisse l’approcher par curiosité. Il est déjà tout à son affaire en ayant trouvé un bouchon en plastique.

Alors que nous sommes arrêtés à un passage pour piétons éléphantesque une odeur insupportable attire notre attention. A quelques encablures, à une dizaine de mètres dans les fourrés sur les côtés se trouve une carcasse en train d’être déchiquetée et nettoyée par une bande de vautour.

La suite de la journée nous apporte encore d’innombrables rencontres : si les impalas sont comme à l’accoutumée les plus nombreux, ils sont talonnés par les éléphants et les autres espèces d’antilopes parmi lesquels le grand koudou reste notre préféré.

Nous pouvons également observer pour la deuxième fois un nyala qui doit avoir passablement chaud avec ses longs poils hirsutes et un nouveau cadavre complet cette fois-ci : de girafe. Non loin de là un singe se marre en nous regardant passer.

Un bouchon nous arrête dans notre parcours, ce doit être un lion car nous en avons déjà croisé deux et les voitures attendaient leur tour pour avoir le privilège d’observer le roi des animaux. Cependant, renseignement pris, cette fois ci, c’est un léopard qui a attiré les foules. Nous décidons donc de patienter car ce félin est particulièrement difficile à observer. Un quart d’heure plus tard nous pouvons voir la bête en plein milieu de sa nuit puisque, les panthères sont des animaux qui chassent  de la tombée de la nuit à la levée du jour.

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Pendant ce temps un couple de girafes regarde le tintamarre des voitures, rassuré de ne pas en être l’objet.

Après avoir passés un nouvel embouteillage pour des lions au bord de la rivière nous tombons nez à nez avec deux lionnes en vadrouille sur la chaussée. Moteur arrêté nous regardons les deux félines passées nonchalamment juste à côté de nous, un petit frisson dans le dos.

Un babouin tente bien de faire la même mise en scène mais il rencontre indéniablement moins de succès. N’est pas le roi des animaux qui veut. De fait beaucoup de sud-africain ne s’arrêtent que pour regarder les félins, dédaignant toutes les autres espèces.

Notre journée s’achève sur la rencontre d’une nouvelle famille d’éléphants et le passage éclair d’une mangouste d’un bord à l’autre de la route. Heureusement pour nous, elle repassera dans l’autre sens sous l’œil attentif de deux magnifiques vautours bateleurs. Pendant ce temps là, une antilope attend bien sagement notre arrivée au camp !

C’est bientôt chose faite après une nouvelle journée de rencontres formidables mais qui s’annonce comme la dernière. Eh oui cela fait déjà 5 jours que nous arpentons en tout sens ce merveilleux parc. Indéniablement un des lieux les plus beaux que nous ayons visités et un incontournable pour tous les amoureux de la nature d’autant qu’il est facilement visitable par des moyens autonomes et à un coup très raisonnable. Il offre ainsi une multitude de moments intimes avec ces différentes espèces animales dont on peut profiter à son rythme.

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Un commentaire sur « Episode 4 : Le Kruger 2e partie »

  1. Une suite de visite du parc Kruger tout aussi impressionnante, abondante et diversifiée en animaux sauvages nous donnent envie de partir les découvrir dés demain.
    A bientôt dans de nouvelles aventures.
    Bises

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