emontons donc un peu en arrière et retournons sur nos traces laissées dans un pays réputé pour son tourisme vert porté par une faune nombreuse qui s’épanouit dans un environnement largement protégé. C’est donc avec l’impatience de retrouver du soleil au cœur de l’hiver et l’excitation des nombreux contacts avec la faune sauvage annoncés que nous attendons le jour du départ. 4 – 3 – 2 – 1 c’est parti !
Vendredi 8 : Escales pour le Costa Rica
Arrivés sans encombre jusqu’à une étape obligée de ces dernières années, l’aéroport Charles de Gaulle, nous embarquons pour l’empire du milieu dans le Hall à l’occasion du nouvel An Chinois au milieu des dragons dansants.
Nous décollons pour de bon vers une escale glacée au Canada qui s’éternise quelque peu devant les conditions climatiques épouvantables. Avant la torpeur du climat costa ricain, nous essuyons les plâtres de la rigueur du froid du grand-nord canadien qui nous cloue au sol deux heures.
Après ce faux-départ, la chaleur rencontrée à l’arrivée malgré les 10h du soir n’en est que plus étouffante tout comme le quartier dégradé dans lequel nous logeons. D’ailleurs, nous trouvons une voiture de « policia » devant notre auberge, faisant augmenter notre jauge de stress avant de comprendre qu’ils ne sont là que pour se restaurer.

Nous passerons sur notre bafouillage anglo-espagnol pour récupérer notre chambre avec la patronne allongée dans son lit à l’intérieur du bureau d’accueil qui nous annonce la couleur : celle des dollars ! En effet, bien que pourvu d’une monnaie nationale, le colon, ne riez pas, les habitants aiment faire payer les services aux touristes en $ pour faciliter la vie des Américains mais aussi profiter de leur pouvoir d’achat. Surtout fatigués, nous sommes douchés par la découverte qu’un de nos sacs est trempé par l’ouverture d’une bouteille d’eau qui s’est répandue sur toutes nos affaires. Premier soir et première lessive donc… mais en quatrième vitesse… car dans quelques heures nous partirons bien avant l’aube.
Samedi 9 février : Cahuita, une forêt sur la plage
A l’évidence tous les Ticos ne roulent pas sur l’or comme le confirme tous ceux que nous croisons endormis sur les trottoirs lors de notre périple matinal pour ne pas dire noctambule à travers ce quartier déshérité qui sent un peu la poudre dans tous les sens du terme. Un peu perdu au milieu de ce dédale, une habitante prend le soin de nous amener à la gare routière car le quartier n’est pas sûr nous dit-elle. Une première preuve de la gentillesse des locaux qui avec le sens des affaires est le deuxième élément de caractère identifié.

S’ensuit un trajet en bus direction le littoral caribéen. Nous quittons la laideur de la capitale pour la beauté des paysages et l’atmosphère plus détendue de la côte. Après avoir débarqués à l’hôtel et changés de tenue pour s’adapter à l’ambiance locale nous partons explorer le parc national Cahuita qui renferme à la fois une plage paradisiaque et une forêt impénétrable.

Il ne nous faut pas plus de quelques mètres pour apercevoir quelques uns des occupants qui arpentent les mêmes chemins côtiers que nous en tout sens à la recherche d’un repas même si tous n’ont pas la même vélocité ou indifférence à notre présence.
Nous continuons de longer la plage qui nous tend les bras mais l’ardeur du soleil nous pousse à poursuivre encore notre chemin à l’ombre des plus hauts arbres où se prélassent de nombreux animaux paresseux dont l’animal éponyme véritable emblème du pays.
D’autres reptiles préfèrent le soleil en équilibre sur des branches en mode sieste ou chasse selon les occasions qui se présentent. Nous en avons croisé beaucoup mais bien plus encore nous sont restés invisibles. Ainsi, ce minuscule serpent jaune à peine plus gros qu’un immense verre de terre et pourtant très venimeux.
Les bestioles sont omniprésentes tout autour de nous que cela soit sur le tapis de feuilles sur lequel nous marchons, les plages de sable fin, les fourrés qui enserrent l’étroit sentier ou le ciel au-dessus de nos têtes.
Nous finissons par trouver un havre de paix pour nous essayer à la baignade dans cet Eden des Caraïbes. Nous nous séchons à l’ombre des palmiers sur le sable brûlant.
Nous sommes bientôt rejoints par une horde de singes qui se balance de branche en branche pour le fun ou la cueillette des fruits qu’ils semblent particulièrement appréciés.
Finalement, nous prenons la route du retour en empruntant un pont de bois dans l’arrière pays qui nous conduit vers une forêt différente, moins dense mais plus haute.
A quelques mètres du sol, nous pouvons mesurer la densité de la végétation à nos pieds et les cimes clairsemées des essences géantes qui nous entourent. Si les animaux se font plus discrets qu’aux abords des plages, ils n’en restent pas moins présents mais très prudents.
Eux aussi prennent le temps de nous observer.
Après ces six heures de marche à errer dans un décor de rêve au contact d’une nature exubérante nous concluons la journée de façon bien plus reposante, calés au fond d’un hamac de notre hôtel !
Dimanche 10 février : Cahuita bis, au milieu des animaux !
Réveillés avec le champ des oiseaux, nous passons au balcon pour observer le ballet de mini-fusées ailées qui virevoltent en tout sens autour des massifs de fleurs.
C’est donc en vive et charmante compagnie que nous prenons notre délicieux petit déjeuner en même temps qu’eux le leur à travers leur butinage des plantes colorées.
Sous un ciel devenu gris à notre grand étonnement, nous prenons le bus pour atteindre l’autre extrémité du parc de Cahuita afin de le traverser dans toute sa longueur durant cette deuxième journée. En effet, le premier jour nous a enchanté et donné l’irrésistible envie de l’explorer plus avant. Descendus du bus, nous attendons en compagnie de toucans l’ouverture du parc, entre deux ondées passagères.
Finalement, nous pénétrons dans une forêt humide et comprenons davantage la luxuriance des lieux coincés entre nuages et chaleur : ça pousse toujours ! Au milieu des bananiers et des fougères, nous parvenons tout de même à repérer quelques volatils en chasse de leur petit déjeuner.
Alors que nous atteignons le rivage, la tempête semble se lever et nous assène de violents coups de vent décoiffant et nous balaie de pluies. Le décor idyllique de la veille s’est transformé en lieu effrayant emblématique des côtes à cyclone. Tout le monde semble prendre le large ou s’accrocher à tout ce qu’il peut.
Une poignée de secondes plus tard et plus le moindre nuage à l’horizon faisant revivre les couleurs chatoyantes des tropiques. Absolument seuls depuis plus de deux heures, nous jouons à Robinson Crusoé échoué sur son île…
Les premiers à nous rejoindre sur la plage sont une bande de capucins qui en joyeux drills s’amusent à se balancer aux palmes et à sauter d’arbres en arbres. Mais la plus part sont occupés à leur affaires matinales, réparation de la cabane, toilette, repas et surveillance du territoire.
Rabattus sur la plage par un gang de ratons laveurs fouineurs à la recherche de crabes juteux fouisseurs engoncés dans leur terrier de sable, nous en profitons pour prendre un bain rafraichissant.
Nous tirons profit de la chaleur de la mer des Caraïbes en compagnie d’une magnifique frégate qui déploie son large gorgeon rouge pour pêcher les poissons que nous repoussons vers le large.
En regagnant notre serviette nous avons la sensation étrange mais réelle d’être observés. Une bande de singes hurleurs suspendus au-dessus de nos têtes nous examine de près en mode cochons-pendus.
Après un pique-nique prudent au milieu de tous ces voraces qui se pourlèchent les babines, nous reprenons le chemin côtier au milieu d’une faune toujours aussi abondante et diverse. Nous croisons ainsi les bêbêtes des plus charmantes aux plus effrayantes.
Ainsi, après une nouvelle journée fantastique au parc de Cahuita entre les délices de la plage, les plaisirs des nombreuses rencontres animalières et les paysages de cartes postales nous laissons à regret ce parc derrière nous en ayant toutefois une inquiétude : avons-nous commencé par le plus beau du pays ?

En guise de conclusion à cette première étape, nous entreprenons un tour du village en fin d’après-midi pour s’imprégner de l’atmosphère rasta qui baigne cette petite station balnéaire qui comme la côte sud-est du Costa Rica est le cœur de la communauté noire du pays. Ce sont les descendants des esclaves en fuite des grandes Antilles qui sont venus s’y réfugier.

Finalement notre journée se termine comme elle avait commencée avec une mer démontée !