Episode 3 : Le Kruger (1ère partie)

Attention cet article pourrait déclencher l’achat compulsif d’un billet d’avion vers l’Afrique du Sud pour tous les amoureux de la faune sauvage car voici la première partie de notre carnet de route au sein du mythique parc national du Kruger ! Attachez vos ceintures et ouvrez grand vos yeux d’enfants :

Jeudi 11 juillet : Entrée dans la plus grande réserve animalière d’Afrique

Levés avant l’aube pour profiter de l’activité matinale des animaux, nous nous enregistrons à la porte de Phalaborwa pour une incursion complète de 5 jours à l’intérieur du parc national Kruger. Dument enregistrés avec la consigne répétée de ne surtout pas mettre un pied en dehors de la voiture avant d’être dans un camp surveillé, nous pénétrons dans le zone protégée par la même route que la veille.

Alors que le soleil pointe à l’horizon, nous détectons quelques résidents isolés qui prennent leur petit déjeuner.

Nous roulons au pas tandis que le soleil commence à donner de la couleur à la végétation dominée par les mopanis, des buissons à hauteur d’homme omniprésents le long de la route. De temps en temps, des rochers viennent donner du relief à l’ensemble et offre à l’occasion un terrain de jeu à une colonie de babouins d’une soixantaine d’individus.

Nous poursuivons notre route, enchantés de ces premières rencontres, avant de tomber dans le coin des éléphants puisque successivement nous découvrons plusieurs familles qui se servent sans ménagement dans la végétation alentours : feuille, branche, arbustes et parfois arbres entiers arrachés, tout y passe.

D’ailleurs certaines rencontres sont réellement impressionnantes en particulier lorsque certains des plus grands et vieux spécimens (ils peuvent vivre jusqu’à 60 ans) nous observent à leur tour ou que nous nous retrouvons au milieu d’une vingtaine de ces pachyderme de plus de 5 tonnes. Par contraste, les nombreux petits, voire tout petit, ont l’air si fragile et particulièrement maladroit.

En comparaison, les girafes de 6 mètres de hauteur ont l’air beaucoup plus zen et nous inspirent toute confiance. On n’arrive pas à les imaginer dangereuses même si elles peuvent tuer un lion d’un seul coup de sabot lorsque ceux-ci la chasse en meute.

Ainsi, leur cœur de 10 kg leur permet de tutoyer les sommets de la savane où sont posés des oiseaux plus ou moins familiers : colombes, éperviers et un magnifique guépier.

En plein hiver sud-africain, nous sommes marqués par la sécheresse de la végétation et les cours d’eau indiqués sur notre carte sont jusqu’à présent tous asséchés. Seule la Letaba, plus grande rivière du nord du parc offre encore un (faible) débit. Notre traversée du pont nous permet de nous rendre compte de la taille réelle du lit de la Letaba notamment en période de pluie.

Pendant ce temps les bêbetes se succèdent, après les retrouvailles avec les zèbres de la veille, toujours habillés avec classe de leur pyjama rayé qui est comme nos empreinte digital (original pour chaque individu), nous découvrons notre premier gnou. On les trouve en grand troupeau ou alors seul pour les males célibataires souvent allongé sous un arbre.

Plus loin sur le bas-côté, ce sont des potamochères africains, cousin de Pumba, qui s’occupent à retourner méthodiquement chaque centimètre carré du sol de la réserve. Après ce singulier sanglier, nous observons deux antilopes atypiques, l’une minuscule prénommée oribi et un plus grand au nom original : le topi.

Il est bien temps de faire un pique-nique champêtre dans le camp de Mopani où nous sommes entourés d’oiseaux très à l’aise.

Nous poursuivons notre safari en direction où tout près d’une éolienne de western, nous débusquons une autruche, une pintade et un babouin isolé à la recherche de son clan généralement composé d’une soixantaine d’individus.

Finalement, nous retrouvons la rivière Letaba où paissent de magnifiques antilopes Cobe à côté d’éléphants et d’hippopotames qui alternent entre bain de boue et bain de terre.

Après, 7h de conduite dans la brousse, nous posons nos valises dans le camp de Letaba qui surplombe la rivière éponyme en nous offrant ainsi la possibilité de découvrir la riche faune qui va et vient autour de ses eaux. Parmi elle, les crocodiles semblent les plus tranquilles mais méfiez vous de l’eau qui dort.

Après avoir déposés nos valises dans notre tente, nous visitons le petit musée de l’éléphant installé dans le camp et rejoignons deux rangers qui vont nous escorter dans le bush afin de l’explorer à pied.

En plus de nous offrir l’opportunité de nous dégourdir les jambes après une journée à rouler, nous espérons ressentir de plus près l’atmosphère pour ne pas dire la tension du monde sauvage africain. Montés à l’arrière d’un  véhicule tout-terrain en compagnie d’autres touristes, nous tombons sur un troupeau de buffles nullement impressionnés par le bruit et la taille de notre engin. Ce cousin africain de nos vaches est un des animaux les plus dangereux d’Afrique. Les lions ne l’attaquant qu’en dernier recours et toujours en meute. Effectivement derrière son regard bovin (c’est le cas de le dire) l’animal dégage une puissance certaine et possède un des plus mauvais caractère de la savane du fait de sa grande irritabilité.

Nous débarquons ensuite non loin de la rivière avant de descendre dans son lit. Les traces de gros félins montrent que nous ne sommes pas les seuls à pratiquer cette piste qui mène à la salle de bain d’un groupe d’hippopotames qui se lance dans un concours de grognement pour nous faire comprendre qu’on dérange.

Nous passons donc notre chemin en longeant le fil de la Letaba, mettant nos pas dans ceux des éléphants dont les empreintes nous font prendre conscience de notre fragilité. Enfin, les deux rangers qui nous accompagne et ouvrent la marche de front sont tout de même armés d’un fusil. D’ailleurs les consignes sont strictes : marche en file indienne, pas de bruit et pas de photo en cas de rencontre impromptue.

Justement après avoir traversés la rivière, nous tombons sur un éléphant solitaire aussi surpris que nous de nous faire face. Après l’avoir soigneusement évité nous continuons la promenade au milieu des arbres géants et des scarabées-bousiers égarés car rarissime durant cette saison sèche mais si précieux le reste de l’année en jouant les éboueurs de la savane (il mange les déjections).

Alors que la nuit tombe, nous aboutissons dans une clairière où visiblement un clan d’éléphants à ses habitudes puisqu’ils se dirigent machinalement vers le point d’eau pour s’abreuver jusqu’à ce que l’un des plus grands parti en éclaireur s’aperçoit de notre présence. En moins de 10 secondes, la troupe d’éléphants forme un cercle où les plus petits sont placés au centre. Nous nous éclipsons alors en rebroussant chemin déjà ravis d’avoir profité de ces moments privilégiés d’intimité avec le monde animal. En effet, les éléphants vivent en groupe familial élargi dirigé par la doyenne du groupe qui choisi les itinéraires pour se nourrir et s’abreuver ainsi que la stratégie à adopter face à une menace : se regrouper fuir ou charger.

Et tandis que les derniers rayons du soleil se couchent, nous regagnons précipitamment notre véhicule de l’autre côté de la rivière à la grande joie de Julie ravie de se déchausser une nouvelle fois pour marcher dans la rivière ! Petit inconvénient d’une journée safari si riche en rencontres fantastiques.

Vendredi 12 juillet : Safari à Olifant

Réveillés une nouvelle fois avant l’aube pour pouvoir partir dès l’ouverture des portes de notre camp, fermé pendant la durée de la nuit pour la sécurité de tous les visiteurs comme tous les autres  camps situés à l’intérieur du parc Kruger, nous faisons notre première prise avec une antilope installée sur notre emplacement : une femelle nyala. La première partie de notre itinéraire nous conduit vers la vraie pintade originale, celle d’où proviennent nos élevages européens. Un autre animal familier de nos contrées fait le gué pour une bonne pêche : le héron.

L’exotisme revient lorsque nous tombons sur des hyènes biens installées sur le bord de la chaussée. Animal nocturne les hyènes sont visiblement en train de se mettre au lit après avoir passée la nuit à chasser en meute. Animal très curieux, elles s’attaquent à tout ce qui bouge et n’hésite pas à piquer les proies des copains prédateurs.

D’ailleurs, il n y a pas à aller loin puisque quelques une des 150 000 impalas du parc déambulent quelques mètres plus loin en traversant comme souvent juste devant notre voiture. Heureusement en cas d’imprévu cette antilope peut sauter 3 m de haut et 12 m de hauteur de quoi éviter notre véhicule.

Après avoir fait demi-tour pour prendre la direction du sud, réputé plus abondant en faune sauvage (si si c’est possible) nous tombons sur un bébé hyène ! On aurait presque envie de le prendre dans les bras mais lorsqu’on apprend qu’il est le seul carnivore capable de broyer et manger les os nous nous ravisons.

Tandis que les mopanis continuent de fournir l’essentiel du décor des paysages traversés, certains offrent une alimentation appréciée à la plus grande antilope du coin : le grand koudou dont voici deux femelles.

A force de rouler, nous retrouvons la Letaba où comme la veille éléphants et hippopotames se sont donnés rendez-vous. D’ailleurs nous croisons toute une petite famille prête à s’y jeter. Notre coup de cœur balance entre le petit dernier et le grand mâle aux défenses impressionnantes qui les accompagnent. Les plus grands spécimens ont d’ailleurs des défenses qui dépassent la soixantaine de kilo chacune !

Nous profitons aussi du pont car c’est un des seuls endroits où nous sommes autorisés à descendre du véhicule hors d’un camp sécurisé. Hop c’est parti pour se dégourdir les jambes et les zygomatiques:

L’heure d’après est plutôt calme si l’on omet divers volatiles posés autour de nous plus ou moins imposants et les dizaines d’impalas rencontrés tous les dix mètres. Les locaux les surnomment d’ailleurs les « MacDo du bush » car ils sont présents partout mais n’offre qu’un encas aux prédateurs qui les attrapent.

Nous atteignons ensuite un point d’eau où tous les grands herbivores des plaines semblent avoir été convoqués : zèbres, gnou, antilope, éléphant et bien sûrs les immanquables impalas.

Tandis que le paysage change pour ressembler à la savane des documentaires animaliers, celle garnie de hautes herbes dorées,  nous prenons la pause avec les girafes qui nous entourent.

Un nouveau pique-nique nous permet de découvrir de nouveaux compagnons (tourterelle, écureuil africain, callao leucomètre ) à poil et à plumes avant de repartir en safari après une sieste réparatrice pour ma précieuse conductrice.

Notre itinéraire de l’après-midi vers le camps de Satara réputé pour ses fauves ne nous en montre aucun bien que nous rencontrons de nouveaux visages : comme le bucorve du sud,le jabiru, l’ibis et d’autres déjà familiers comme le phacochère, l’autruche, le crocodile ou les babouins qui semblent pousser sur les arbres dans ce coin du parc.

La route fort agréable avec peu de circulation et toutefois régulièrement coupée par des animaux qui semblent bien être chez eux dans ce lieu : ainsi grand koudou, girafe, éléphant et même aigle se succèdent devant nos roues.

De retour au point d’eau pour rejoindre le camp d’Olifant, nous observons les éléphants chasser la concurrence, notamment les zèbres qui prennent leur jambe à leur cou pour boire les 200 litres d’eau qu’ils ont besoin quotidiennement.

Après une nouvelle journée pleine à arpenter l’asphalte à la rencontre des nombreux pensionnaires de la réserve, nous profitons du point de vue spectaculaire offert par notre rondavel (hutte traditionnelle mais modernisée) sur la rivière. Superbe !

P1520441Une nouvelle fois le safari continu à l’intérieur du camp puisque singe grivet et gecko nous tiennent compagnie lorsque nous dinons en terrasse.

Samedi 13 juillet : La chasse du Léopard

Ca matin le réveil sonne encore plus tôt que d’habitude puisque nous avons rendez-vous à 4h45 pour un safari 4*4 en compagnie d’une ranger du parc. Toutefois la première heure du circuit a lieu avant les premiers rayons du soleil ce qui nous plonge dans un froid glacial (proche de 0°C) et oui qui a dit qu’il faisait toujours chaud en Afrique. Réveillés par la fraicheur de l’air nous traquons à la lampe torche des animaux noctambules. Nous débusquons ainsi un oribi et une girafe insomniaque… non, en fait ces géantes ne dorment que par plage de 20 min pour ne pas se laisser surprendre par les prédateurs. Justement nous tombons sur des hyènes à l’affut sur le bas côté de la chaussée.

Et tandis que la savane s’illumine nous retrouvons tous nos herbivores devenus si commun sous ses latitudes : zèbres, impalas, gnou, etc…Quant au lever du soleil il est magnifique. Toutefois, nous restons un peu déçus de ne pas avoir vus d’animaux nouveaux comme osons le dire : un lion.

Pas le temps d’avoir des regrets car nous tombons bruquement sur un léopard qui longe la route dans les broussailles à quelques mètres de nous. Malgré les véhicules qui l’observent, le félin semble concentré et ne dévie pas de sa trajectoire nous offrant le plaisir de l’observer.

Soudain, il coupe la route et se roule sur la chaussée comme un chaton avant de rejoindre l’autre bord de la piste. P1520652P1520672P1520657

En effet, il se remet à marcher délicatement avec des petits pas de chat avant de s’asseoir pour observer l’objectif de sa chasse : un groupe d’impalas. Finalement, il se remet en position discrète et disparait camouflé dans les broussailles. Nous ne le reverrons pas mais observerons les impalas bondir dans tous les sens pour tenter d’échapper à ses griffes. En cas de succès, il portera sa proie sur une grosse branche pour éviter de se la faire voler.

Réchauffés par ce moment magique et l’ardeur du soleil matinal, nous rentrons au camp en profitant pleinement des rencontres encore offertes et des paysages que nous surplombons davantage que dans notre clio.

Après une petite sieste réparatrice, nous repartons en safari mais cette fois-ci à pied pour voir d’un peu plus près les pensionnaires de la rivière Olifant. Les hippopotames sont les premiers à se manifester car bien que la rivière ne soit pas encore à portée de vue nous entendons leurs grognements.

Après avoir atteints la rive occidentale qui surplombe le cours d’eau, nous pouvons observer une harde de marabouts (grande cigogne africaine), l’inévitable antilope cobe qui vit à côté des points d’eau car elle doit s’abreuver tout au long de la journée et bien sûr, nos hippopotames.

Nous nous rapprochons mais en restant sur les rochers puisque le 2e plus gros animal terrestre bien qu’il puisse courir, charger serait plus précis à plus de 30 km/h, ses petites pattes l’empêchent de grimper.

Nous en profitons pour découvrir de nombreux volatils lacustres : oie égyptienne,  canards de tout types, héron mais aussi un magnifique martin pêcheur qui vol sur-place pour repérer son déjeuner tandis que bien plus haut dans les airs se tient un aigle-pêcheur.

La promenade au fil de l’eau se fait à pas comptés car les prédateurs aussi aiment s’abreuver nous conduit jusqu’à un banc de crocodile où une loutre géante semble s’être égarée. Nous assistons ainsi à l’attaque surprise et fulgurante d’un saurien sur la loutre qui en réchappe grâce son agilité.

Nous rentrons au camp d’Olifant pour pique-niquer comme tous les jours en compagnie d’oiseaux colorés mais cette fois-ci des petits nouveaux s’invitent à la fête comme ce pic cardinal.

En début d’après-midi nous prenons la route pour rallier notre prochaine étape en longeant une nouvelle fois, mais en voiture, la rivière Olifant. Nous y croisons un troupeau d’éléphants prenant leur bain non loin d’un groupe de vautour se repaissant d’une carcasse.

Laissant le cours d’eau dont nous avons tant profités, nous nous enfonçons dans le bush aride qui rend si précieux les quelques points d’eau qu’on y trouve. Certains sont naturels d’autres artificiels pour éviter que les animaux aient besoin de migrer hors du territoire du Kruger qui s’étend tout de  même sur 350 km de long et 60 km de large.

Nous pouvons ainsi observer des vautours, des aigles mais aussi de nombreux herbivores venus en troupeau s’abreuver. Zèbres, gnous, et impalas coopèrent au quotidien ensemble car ils se couvrent mutuellement en faisant le gué à tour de rôle enfin surtout les zèbres puisque les gnous ont une très mauvaise vue. Les zèbres les acceptent donc parce qu’ils ne broutent pas les mêmes herbes. En effet rien de tel qu’un pareil rassemblement comme lieu idéal pour une embuscade. Nous guettons en vain l’arrivée de notre premier lion.

Nous n’en verrons pas mais en poursuivant notre route, nous croisons d’étranges et grands oiseaux coureurs comme la bucorve du sud et la outarde Kori qui arpentent les broussailles à la recherche de petits rongeurs ou reptiles (lézard, serpent).

La route se poursuit avec son lot d’animaux mais on ne se lasse pas de les regarder s’ébattre même si l’impatience monte de croiser le roi des animaux. On emprunte des itinéraires réputés pour être des itinéraires prisés de ses gros chats mais rien n’y fait. On profite à la place des espèces croisées pour faire une collection de portraits dont certains sont photogéniques.

Nous finissons par atteindre le camp de brousse de Tamboti où nous prenons possessions de notre tente, repus de notre journée. Nous nous dépêchons d’aller à la toilette et de dîner car ici la nuit tombe vite : 17h45 et c’est le noir total avec l’arrivée de nouveaux animaux. Ainsi notre frigo se trouve sur le perron de la tente enfermé dans une cage pour le protéger des ratels, un cousin africain du blaireau, que nous croiserons la nuit venue.

Julie cuisine ainsi en compagnie de mangoustes, de cailles et de babouins tandis qu’une hyène rode aussi mais heureusement elle se trouve de l’autre côté de la barrière électrique qui clôt le camp. Bercés par les bruits de la vie sauvage, nous nous endormons rapidement après ces nombreuses aventures en rêvant déjà aux suivantes : Va-t-on enfin voir un lion ?

4 commentaires sur « Episode 3 : Le Kruger (1ère partie) »

  1. Bravo pour les photos, ça nous rappelle de bon souvenirs.
    On suis toujours vos aventures du canapé c’est moins fatigant 😜😜😜.

    Ici les animaux rencontrés ce soir dans notre safari à Bercheres : lièvres, faisans et chevreuils…

    Bonne route

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  2. C’est le zoo en vrai ! En effet nous sommes à 2 doigts de prendre le billet d’avion.
    Heureusement qu’il y a encore des lieux préservés comme celui-ci pour que les espèces subsistent.
    Profitez bien de vos dernières semaines.
    Gros bisous

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