Expédition africaine Episode 1 : Johannesbourg, un héritage écartelé entre apartheid et joyaux

algré un tour du monde et plus de 20 pays visités nous n’avions toujours pas posé le pied sur le sol africain. L’expédition de cet été doit réparer cette injustice puisque nous sommes en partance pour l’Afrique australe avec un programme qui nous réjouit d’avance, enfin davantage Jérémy : la brousse sud-Africaine, les déserts namibiens, le delta de l’Okavango et les chutes Victoria sont au programme des excursions natures tandis que les villes du Cap et de Johannesbourg doivent nous immerger dans la culture métissée de la pointe du continent africain. Alors mettez le cap avec nous et envolez-vous vers l’Afrique du sud, la Namibie, le Botswana et le Zimbabwe en partageant nos expériences.

Samedi 6 juillet : Envol vers l’Afrique

Les corrections du brevet terminées jeudi, les cartables rangés vendredi, nous sommes prêts à décoller samedi vers de nouvelles aventures avec l’excitation de vivre de nouvelles émotions intenses notamment à la rencontre d’un monde sauvage particulièrement riche mais aussi, on ne va pas le cacher, une certaine angoisse à propos de l’insécurité régnant dans les métropoles sud-africaine.

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En attendant, une fois de plus le voyage commence par mon uber-paternel qui nous dépose à l’aéroport d’Orly. Arrivés à 12h pour décoller le soir, nous patientons au Mac Do et mettons à jour le blog du Costa Rica pour patienter.

https://jjautourdumondethree.travel.blog/2019/07/15/episode-5-corcovado/

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7h plus tard nous laissons dernière nous les paysages si caractéristiques de chez nous et découvrons un milieu bien plus aride en attendant ceux d’Afrique en nous posant à Madrid pour une escale de fin de soirée.

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Alors que Julie prend une avance sur sa nuit, je surveille notre prochain embarquement à bord d’Air Iberia qui caricature les traditions espagnoles des repas tardif en nous servant notre diner à presque 2h du matin ! Nous nous endormons donc tardivement et le ventre quelque peu lourd…

Dimanche 7 juillet : L’héritage lourd de l’Apartheid à Johannesbourg toujours ségréguée

Au petit matin, 8h tout de même nous découvrons nos premiers paysages africains vus du ciel. Premier constat, l’Afrique du sud est un pays montagneux et sec. Après un passage à la douane ultra-rapide, nous récupérons notre voiture de location : une clio !

Après avoir soigneusement rangés nos bagages dans le coffre, réglés le G.P.S., nous sommes prêts à découvrir Johannesbourg dont beaucoup de quartiers sont de sinistres réputations. Effectivement, si je n’ai pas osé prendre de photo, nous avons traversé de nombreux quartiers dégradés sans trottoirs, des grappes d’habitants marchant sur les bas côtés des routes et une circulation parfois désordonnée. Jobourg ne fait pas vraiment rêvée et l’atmosphère est plutôt lourde mais peut-être est-ce seulement l’interprétation de la pauvreté rencontrée par rapport à tout ce que nous avons pu lire avant de partir.

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Nous avons aussi parcouru des quartiers plus chics aux propriétés ceinturées de barbelés et partout devant les parkings ou magasins, des gardes de sécurité. Ainsi, notre destination n’y échappe pas mais cela nous rassure, notre voiture est gardée. En effet, nous avons choisi le musée de l’Apartheid comme introduction à notre voyage en Afrique du Sud.

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L’entrée séparée pour les Blancs et les Noirs recréé l’ambiance de l’époque où Blancs et Noirs vivaient dans un régime de séparation stricte et de discrimination.

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Le musée commence par une rétrospective de l’histoire du pays depuis les premiers hommes, puisque l’Afrique du sud est présentée comme un berceau de l’humanité, jusqu’à la ruée vers l’or qui vit naître Johannesbourg depuis un camp de tentes établi en 1885. En effet, les Boers (descendant des premiers colons hollandais mais aussi français et allemands protestants) partirent vers cette région (« le grand trek ») après la conquête de leur colonie installée au Cap de Bonne Espérance par les Anglais. Ces derniers voulaient contrôler ce port car il était une étape majeure sur la route des Indes (alors joyau de leur empire colonial). Pour leur malheur, la découverte de mines d’or et de diamant aiguisa les appétits britanniques qui attaquèrent les deux républiques crées par les Boers pour prendre possession de leur richesse. Les Anglais unifièrent leurs conquêtes en créant l’union sud-africaine en 1910 après une guerre particulièrement dure où furent utilisés pour la première fois des camps de concentration mais aussi la politique de la terre brûlée à l’encontre des Boers. Ayant également mis au pas, les peuples africains autochtones comme les Zoulous, les Anglais furent maître du jeu jusqu’à la Seconde Guerre mondiale avant que les descendants des Boers ne prennent leur revanche en s’emparant du pouvoir par les urnes en 1948.

Si le début des expositions est un peu désordonné, la partie principale consacrée à l’Apartheid est particulièrement riche même si Julie a regretté le manque d’interactivité et d’objet témoin. Il est vrai que l’ensemble bien que poignant est très scolaire. Il permet toutefois de bien comprendre ce qui est arrivé : Ainsi, mis en concurrence économique avec les populations noires très pauvres, imprégné d’idéologie raciste, effrayés par la peur d’être submergé par le nombre des Africains, et de perdre le pouvoir qu’il détenait, ils créèrent une politique de stricte séparation : humaine (relation sexuelle), sociale (club de sport, école, hôpital), économique (emplois réservés), territoriale (permis de résidence) entre les différentes races établis par la loi : blanc, métis, asiatique et noir.

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La dernière partie du musée retrace le long et difficile combat pour lutter contre ce régime discriminatoire et oppressif avec les émeutes de Soweto, le combat de l’A.N.C., l’impasse du pouvoir blanc et la figure tutélaire de Mandela. Malheureusement, les photos étaient prohibées à l’intérieur de ces murs pleins de gravités. La dernière salle résonne de l’hymne officiel et célèbre la nouvelle constitution bâtie sur des valeurs de liberté, égalité, fraternité et multicultiralisme.

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Un happy end qui contraste quelque peu avec l’ambiance qui règne hors de ces murs à travers les quartiers hétérogènes et sous tensions de la principale ville du pays !

Lundi 8 juillet : Les joyaux de la mine de Cullinan

Nous quittons la métropole de Jobourg pour prendre la distance avec ce lourd passé et découvrir d’autres héritages plus brillants puisque nous avons pour destination la mine de Cullinan. Celle-ci n’est autre que la 3e plus grosse carrière de diamant du monde.

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Nous arrivons dans la ville de Cullinan entièrement dévouée à son industrie diamantifère pour rejoindre la visite guidée en cours puisque nous sommes légèrement en retard. Nous prenons donc en marche le petit cours de géologie qui sert d’introduction et nous met dans l’ambiance : c’est technique et le guide, un boer, parle en mangeant ses mots et avec un accent terrible.

Difficile pour nous et notre anglais basique de nous y retrouver. Nous attrapons quelques infos au vol tout de même. Découverte en 1903 par hasard la mine est célèbre pour ses diamants bleus et la fourniture des deux plus grosses pierres précieuses qui ornent la couronne de la reine d’Angleterre. Exploitée jusqu’à 500 m de profondeur de façon classique en creusant un énorme trou, elle est dorénavant minée par des galeries souterraines qui rejoignent son cœur diamantifère : la partie de Kimberlite hérité d’un volcan.

Mais après la théorie passons à la pratique : nous embarquons à bord d’un camion quatre-quatre qui nous conduit à la mine très bien gardée pour nous équiper comme les 1600 mineurs d’aujourd’hui. En effet, la suite de la visite se fera au fond de la mine après s’être habillés d’une combinaison, d’un casque, d’une lampe frontale et du dispositif de secours auquel nous sommes formés. La chambre des lampes et du matériel fait très germinal dans une version XXIe siècle.

Après avoir traversés le site où trône l’immense chevalet qui remonte des tonnes de pierres pour en extraire les précieux carats, nous montons à bord de l’ascenseur qui doit nous conduire à 763 m sous terre où s’affairent les ouvriers. La descente dure ainsi trois bonnes minutes pour atteindre de larges galeries bien éclairées.

C’est la première surprise, nous sommes loin de l’image des mines fixée par Germinal car tout est électrifié, éclairé et presque propre même si en s’enfonçant on finira bien par devoir mettre notre masque de respiration devant la poussière soulevée par l’excavation : oui on est dans une mine tout de même.

Deuxième surprise cela grouille de véhicules souterrains qui font penser à la batmobile et aux entreprises de démolition.

Harnachés comme de vrais mineurs, nous poursuivons notre exploration de cet univers minéral où le gris est omniprésent. Nous découvrons ainsi les salles d’urgence, les ateliers d’outillage et une partie du travail minier proprement dit.

Les wagons et les pelleteuses ne cessent de passer en emportant la matière à passer au tamis pour débusquer la matière première si précieuse.

Des tonnes de roches et de gravats doivent être passées au peigne fin pour extraire l’équivalent d’un petit sac de diamants par semaine. On est donc obligé de donner un petit coup de main !

Toutefois le tri a lieu en surface ce qui nous donne l’occasion de retrouver la lumière du jour en même temps que l’équipe du matin des mineurs. En effet, la mine fonctionne avec trois rotations d’ouvriers par jour mais elle ferme le week-end ce qui donne le temps d’épurer toutes les roches remontées.

En effet, le travail souterrain est dantesque mais une grande partie du travail à lieu en surface comme nous pouvons le constater en faisant le tour des installations qui ressemble à s’y méprendre à des montagnes russes métalliques. Celles-ci passent au peigne fin la roche et détecte les diamants par un procédé au laser car le diamant reflète la lumière contrairement à son enrobage de pierre.

Enfin la visite ne saurait être complète sans la découverte de l’immense trou résultat de l’exploitation de la mine : 1km de largeur, 500 de longueur et autant de profondeur ! Impressionnant.

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Après 5h de visite intéressante bien que parfois trop technique pour notre anglais nous prenons la route, escorté par de nombreux transports de minerais, en direction de White River où la suite du voyage s’annonce plus sauvage avec l’arrivée dans le Mpumalanga !

2 commentaires sur « Expédition africaine Episode 1 : Johannesbourg, un héritage écartelé entre apartheid et joyaux »

  1. Enfin des news du blog africain !
    Les premières impressions ont l’air d’être à votre goût.
    On attend la suite avec impatience : les animaux sauvages du parc krugger !
    Bisous

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